15/5/2018

Des milliers de jeunes ont marché sur les traces des soldats


À l’invitation de Pax Christi International et du diocèse d’Arras, des milliers de jeunes ont exprimé leur désir de paix en marchant ensemble sur les lieux où des soldats et des civils sont tombés. C’était du côté d’Arras, les 21 et 22 avril 2018.



 

À l’invitation de Pax Christi International et du diocèse d’Arras, des milliers de jeunes ont exprimé leur désir de paix en marchant ensemble sur les lieux où des soldats et des civils sont tombés. C’était du côté d’Arras, les 21 et 22 avril 2018.

 

Le paysage est plat, verdoyant, dépourvu d’arbres et de constructions. Au loin, des édifices se distinguent : des maisons, des usines, des églises ?

 

Non, ce sont des monuments aux morts, des nécropoles et la basilique Notre-Dame de Lorette qui rassemblent les restes de centaines de milliers de soldats et de civils tombés ici, sur cette vaste plaine, au cours de combats féroces, incessants et inutiles.

 

Une chaîne humaine

Là où des millions d’hommes se sont terrés dans des tranchées immondes, des milliers de jeunes gens, Français, Belges, Allemands, Italiens, Américains et d’autres pays se sont retrouvés pour marcher ensemble.

 

Ils se sont rassemblés autour de l’histoire de la « Grande Guerre », ce « massacre inutile » selon les mots du pape Benoît XV. Ils ont exprimé leur désir de paix et leur engagement pour un monde sans guerre au moyen de témoignages, de chants et en marchant.

 

Dans la nuit du 21 au 22 avril, ils étaient une centaine à marcher d’Arras jusqu’à la nécropole de Notre-Dame de Lorette, le long du tracé des tranchées françaises, anglaises et allemandes. En silence, à la lumière de torches, ils ont marché là ou plus d’un million de soldats se sont succédé durant quatre ans, sous les bombardements, dans la peur des « snipers » et aussi, rare signe de fraternité d’armes vite découragé par les commandements, dans les échanges de mots, de cadeaux et de poignées de mains, lors des « trêves de Noël ».

 

À l’aube du 22, à la marche silencieuse a succédé, à partir de Neuville-Saint-Vaast, Viney puis Suchez et jusqu’à la basilique, une véritable chaîne humaine d’au moins 10 000 personnes sur 15 km qui à 9h se sont donné la main.

 

Ce fut un moment très fort de communion, en signe de fraternité avec tous ceux qui durent combattre jusqu’au sacrifice de leur vie.

 

Des pèlerins anglais en Alsace

Le geste des marcheurs d’Arras a été « anticipé » ici en Alsace par un groupe de pèlerins anglais de Justice et Paix. Dans leur voyage de Londres à Assise, via Taizé, ils ont fait halte à Strasbourg.

 

Ce 4 avril, ils ont marché symboliquement de l’église Saint-Jean à l’église Saint-Pierre-le-Vieux Catholique où ils se sont recueillis. Le lendemain, après une visite du Conseil de l’Europe, ils ont repris leur chemin vers Taizé où ils ont été accueillis dans la communauté fondée par le frère Roger.

 

Une pause comme un symbole dans ce lieu d’accueil œcuménique et de fraternité. Ce groupe veut connaître les lieux où se construit l’Europe. Cette Europe où « ouvrir les portes au Christ », lequel peut être symbolisé par les migrants qui attendent à nos portes, est devenu si difficile.

 

 

 

©Alfonso Zardi, Pax Christi France