04/9/2019


Mgr Diamantino Guapo Antunes, évêque de Tete, le principal diocèse du Mozambique, livre son regard sur la venue prochaine du Pape François dans le pays, plus de trente après saint Jean-Paul II.



Mgr Diamantino Guapo Antunes, évêque de Tete (Mozambique)

 

Le 31e voyage apostolique du Souverain Pontife en Afrique commencera ce mercredi 4 septembre. Dans un premier temps, jusqu’au 6 septembre, François sera au Mozambique, un pays qui compte 28% de catholiques, 60% d’animistes, et environ 2% de musulmans.

Parmi les diocèses du pays, c’est celui de Tete qui compte le plus grand nombre de catholiques. Une quarantaine de prêtres y sont présents, ainsi qu’une centaine de religieuses et religieux, pour un total de vingt-neuf paroisses, sur un territoire de plus de cent mille kilomètres carrés. La ville de Tete compte plus de 150 000 habitants; elle se trouve à l’ouest du Mozambique, sur la rive droite du fleuve Zambèze. Son économie est fragile mais en redressement, des poches d’extrême pauvreté sont encore nombreuses. Dans certains villages aux alentours, l’électricité est rationalisée et considérée comme un bien de luxe.

 

 

Dans les pas de saint Jean-Paul II

Mgr Diamantino Guapo Antunes, originaire du Portugal, est l’actuel évêque de Tete. Lorsqu’on lui demande quel est l’état d’esprit des fidèles de son diocèse qui se préparent à accueillir le Pape, il répond par un nom qui balaye tout doute: la joie. «Tout le peuple mozambicain aime le Pape François et le considère comme un homme de paix. Il y a une grande attente de la part de tous», poursuit-il. Pensant au thème de la visite du Pape – “Espérance, paix et réconciliation” – il explique que «sans espérance, il ne peut y avoir ni paix ni réconciliation. Le Saint-Père lui-même, dans un message qui nous a été adressé la semaine dernière par les évêques, nous a dit qu’il voulait venir récolter les fruits de la visite d’espérance, de paix et de réconciliation faite en septembre 1988 par saint Jean Paul II».

 

 

Une paix à consolider

Le principal fruit de la visite du Souverain pontife polonais est l’accord de paix signé en 1992 entre les deux factions armées en lutte depuis des décennies. Une signature obtenue aussi grâce à la médiation de la Communauté de Sant’Egidio. Cet accord a entrainé une pacification et une reprise économique et sociale, «mais il est évident que ce n’est pas suffisant, explique Mgr Diamantino Guapo Antunes. Malgré le fait qu’il y a une grande tranquillité dans le pays, il y a encore des flambées de violence. La présence du Pape peut donc aider le peuple mozambicain à être confirmé dans l’espérance et la paix».

 

 

Faire face au développement des sectes

L’Église du diocèse de Tete, et plus largement celle du pays, est vitale et vivante. Mgr Guapo Antunes estime que l’influence positive de l’Église atteint par capillarité toutes les zones du Mozambique. «C’est une Église qui se distingue par son service d’évangélisation mais aussi par celui de la promotion humaine: santé et éducation, par exemple». Il identifie toutefois un défi complexe, auquel est confronté directement son diocèse. «C’est celui de la présence massive de sectes d’origine africaine. Ils connaissent également une croissance exponentielle dans la communauté catholique et nous devons tout mettre en œuvre pour mettre fin à leur prosélytisme. Peut-être en redonnant une identité forte à nos baptisés», estime l’évêque

 

©Vatican News, Federico Piana, 3 sept 2019