21/12/2015

Agir tout de suite pour reconstruire la paix au Burundi


Le 17 décembre 2015, Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation des Nations unies et des autres organisations internationales à Genève, est intervenu lors de la session spéciale du Conseil des droits de l’homme, sur le Burundi. Quatre recommandations du Saint-Siège : empêcher la violence gratuite et le trafic d’armes; faire des efforts de réconciliation, de dialogue et de consolidation de la paix; garantir une médiation impartiale du conflit; et le retour sûr et volontaire des réfugiés.



« Nous devons agir tout de suite pour reconstruire la paix au Burundi ». Mgr Silvano Maria Tomasi, l’observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences de l’Onu à Genève a exprimé l’inquiétude du Saint-Siège lors de la session spéciale du Conseil des droits humains des Nations Unies dédiée au Burundi, le 17 décembre 2015.

 

Le pays est en crise depuis avril 2015, après l’annonce de la candidature suivie de la réélection contestée à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza. Des centaines de personnes ont perdu la vie et certains évoquent des risques de génocide. L’Union africaine a ainsi décidé du déploiement d’une mission de maintien de la paix au Burundi, ce qui a été vivement critiqué ce lundi 21 décembre par les deux chambres du Parlement burundais, réunies en Congrès extraordinaire.

 

La poursuite pour le bien commun, un objectif primaire

 

Dans son intervention, Mgr Tomasi a regretté que « l’exercice des droits humains dans le pays » ne soit pas respecté. Il souhaite que le Conseil de l’Onu puisse « agir immédiatement pour mettre en acte les efforts internationaux qui garantissent la fin de la violence effrénée et préviennent le trafic d’armes ».

 

Il demande également « des actions efficaces, objectives, ouvertes et transparentes en faveur de la réconciliation, du dialogue et de la construction pour la paix, ainsi qu’une médiation impartiale dans ce conflit pour rétablir le processus démocratique en incluant tous les secteurs de la population ». « Il sera nécessaire, souligne l’observateur permanent du Saint-Siège, d’établir les conditions qui permettront d’instaurer la sécurité et le retour spontané des réfugiés burundais dans leur patrie. »

 

À la fin de sa déclaration, le prélat rappelle ce qui a été dit par le Pape François en Afrique et en particulier dans son discours du 25 novembre dernier aux autorités kenyanes : « Dans le but de construire un ordre démocratique solide, de renforcer la cohésion et l’intégration, la tolérance et le respect des autres, la poursuite pour le bien commun doit être un objectif primaire. L’expérience prouve que la violence, le conflit et le terrorisme s’alimentent avec la peur, le manque de confiance et le désespoir qui naissent de la pauvreté et de la frustration ».

 

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Intervention de Mgr Tomasi

 

Monsieur le Président,

 

Compte tenu des problèmes urgents soulevés au niveau international, concernant la situation des droits de l’homme au Burundi, ma délégation vous est reconnaissante d’avoir convoqué en temps opportun cette session extraordinaire. La crise actuelle et les obstacles à l’application des droits de l’homme dans ce pays évoquent des tensions passées qui ont affecté ce pays et d’autres dans la région des Grands Lacs. Ces tensions, comme leurs conséquences tragiques, n’ont jamais été suffisamment prises en compte malgré des initiatives ultérieures de rétablissement et de réconciliation.

 

Monsieur le Président,

 

La délégation du Saint-Siège espère sincèrement que ce Conseil, en étroite consultation et collaboration avec d’autres organismes inter-gouvernementaux ayant des mandats et des responsabilités appropriées à cet égard, prendra des mesures immédiates pour :

 

1. mettre en place des efforts internationaux qui garantissent un terme à la violence gratuite et qui empêchent le trafic d’armes ;

 

2. promouvoir des efforts efficaces, objectifs, ouverts et transparents de réconciliation, de dialogue et de consolidation de la paix ;

 

3. assurer une médiation impartiale du conflit et établir des processus démocratiques contrôlés qui comprennent tous les secteurs de la population ;

 

4. créer des conditions qui permettront le retour sûr et volontaire des réfugiés.

 

Par dessus tout, poursuivons nos délibérations en vue de préserver et de défendre les droits humains au Burundi, en nous rappelant les paroles du pape François : « Dans l’œuvre de construction d’un ordre démocratique solide, par le renforcement de la cohésion et de l’intégration, de la tolérance et du respect des autres, la poursuite du bien commun doit être le premier objectif. L’expérience montre que la violence, le conflit et le terrorisme se nourrissent de la peur, de la méfiance ainsi que du désespoir provenant de la pauvreté et de la frustration » (Rencontre avec les autorités kenyanes et avec le corps diplomatique, Nairobi, 25 novembre 2015).

 

Je vous remercie, Monsieur le Président.

 

 

 

© Traduction de Zenit, Constance Roques

© Source : Radio Vatican et Zenit. 21 décembre 2015