01/11/2020

Attentats, des ténèbres à la lumière


Attentats, la liste s’allonge, elle semble infinie : à chaque nouvel assassinat, à chaque nouvelle agression, on refait le compte à rebours des victimes déjà inscrites à cet invisible « monument au morts » de la fraternité. Combien de villes et de villages en comptent-ils déjà un ? Combien d’autres suivront-ils ? Les noms inscrits et effacés, les fleurs déposées […]

Share


Attentats, la liste s’allonge, elle semble infinie : à chaque nouvel assassinat, à chaque nouvelle agression, on refait le compte à rebours des victimes déjà inscrites à cet invisible « monument au morts » de la fraternité. Combien de villes et de villages en comptent-ils déjà un ? Combien d’autres suivront-ils ?

Les noms inscrits et effacés, les fleurs déposées et fanées, les bougies allumées et éteintes, sont-ils là pour que nous n’oubliions pas ? Ou pour servir de « preuve » qu’un fil invisible les unit toutes, dans un destin effroyable qui appelle la même riposte ? Il est difficile de résister, en ces jours endeuillés, à la colère devant l’étonnement, la sidération, les larmes que génèrent ces meurtres insensés. On peut y céder, mais il faut résister à la soif de vengeance qui, pour se faire acceptable, se parerait des arguments de la justice (ces morts sont « injustes »), de l’équité (« nos » morts sont aussi méritants que les « leurs »), de la statistique (il en a eu plus « chez nous » que « chez eux »).

En ces jours de mémoire des « saints » que nous serons tous un jour, sachons inscrire notre soif de paix et de justice dans le sillon de la fraternité, pour faire de cette épreuve qui nous affecte tous en tant que chrétiens, fils de la lumière, l’occasion d’une conversion dans la fraternité qui demeure. En ces jours de mémoire des défunts, associons à ceux sur les tombes desquels nous irons nous recueillir, les frères et sœurs qu’une éclipse de la foi nous a enlevés. Ils étaient membres de notre famille humaine, qu’ils le demeurent en descendant dans nos caveaux de famille, dans les tombeaux des oubliés qu’on ne visite qu’une fois par an, dans les monuments « aux morts » où nous nous inclinerons pour faire mémoire de nos ancêtres. Qu’ils y trouvent la paix comme s’ils étaient aussi de notre famille, car ils le sont réellement.

Et allumons une bougie à nos fenêtres (1) pour que les ténèbres n’aient pas le dernier mot. La nuit tombe, Seigneur, reste avec nous…

  1. Pax Christi s’associe à l’initiative du journal Le Pèlerin qui invite ses lecteurs à allumer une bougie durant le Week-end de la Toussaint. https://www.lepelerin.com/foi-et-spiritualite/les-temps-de-l-annee/la-toussaint-defunts-fete-et-commemoration/la-mort-le-deuil-et-nous/sainte-colere/

Pax Christi France

Share