25/5/2015

Au Salvador, la béatification de Mgr Romero comme symbole de paix, de concorde et de fraternité


Le 23 mai 2015, le Cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, a présidé à San Salvador la célébration solennelle pour la Béatification de l’Archevêque Oscar Arnulfo Romero Galdámez, assassiné le 24 mars 1980. L’option pour les pauvres de Mgr Romero n’était pas idéologique mais évangélique. Sa charité s’étendait également aux persécuteurs auxquels il prêchait la conversion au bien et auxquels il garantissait le pardon malgré tout. il n’est pas un symbole de division mais de paix, de concorde, de fraternité.



San Salvador – Si les persécuteurs de Mgr Romero « ont disparu dans l’ombre de l’oubli et de la mort, la mémoire de Mgr Romero continue en revanche à être vive et à donner du réconfort à tous les malheureux et les marginalisés de la terre » : c’est ce qu’a souligné S.Em. le Cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrégation pour la Cause des Saints, qui, samedi 23 mai, a présidé à San Salvador la célébration solennelle pour la Béatification de l’Archevêque Oscar Arnulfo Romero Galdámez, assassiné in odium fidei le 24 mars 1980.

 

Dans son homélie, le Cardinal Amato a souligné que l’option pour les pauvres de Mgr Romero « n’était pas idéologique mais évangélique. Sa charité s’étendait également aux persécuteurs auxquels il prêchait la conversion au bien et auxquels il garantissait le pardon malgré tout ». Mgr Romero ne se laissa pas décourager par les menaces de mort ni par les critiques quotidiennes qu’il recevait. Au contraire, il allait de l’avant, sans rancœur envers personne. C’est pourquoi, a souligné le Cardinal, il n’est pas « un symbole de division mais de paix, de concorde, de fraternité. Rendons grâce au Seigneur pour son serviteur fidèle qui a donné à l’Eglise sa sainteté et à l’humanité sa bonté et son humilité ».

 

La Conférence épiscopale du Salvador, dans le message publié pour la Béatification de Mgr Romero, intitulé « Entre dans la joie de Ton Seigneur » (cf. Mt 25, 21), rappelle que « la mort de Mgr Romero a ému le monde » et qu’au cours de ces 35 années, « le chemin n’a pas été facile… la plus grande difficulté a été représentée par la manipulation de la figure et des paroles du futur Bienheureux ».

 

C’est pourquoi, dans leur message, les Evêques soulignent, en citant amplement ses propres paroles, que Mgr Romero « fut un homme de Dieu », un homme de profonde communion, totalement abandonné à la volonté de Dieu. Il fut également « un homme d’Eglise », selon sa devise épiscopale, « Sentire cum Ecclesia », à laquelle il dédia quatre lettres pastorales, écrites durant son ministère d’Archevêque. Dans l’une d’entre elles, « il expliqua largement que l’Eglise existe pour annoncer et rendre présent le mystère du Christ » et il illustra comment l’Eglise qu’il désirait construire au Salvador était « en syntonie totale avec la doctrine du Concile Vatican II telle qu’interprétée par les documents de Medellin ».

 

L’aspect le plus connu de Mgr Romero fut « son amour pour les pauvres et son complet dévouement en faveur de la promotion et de la défense de leur dignité en tant que personnes et en tant qu’enfants de Dieu » faisant sienne l’option des Evêques latino-américains exprimée à Puebla en 1977. Le dernier aspect sur lequel s’attardent les Evêques concerne « Mgr Romero, témoin de la foi jusqu’à l’effusion de son sang ».

 

« Mgr Romero fut assassiné parce qu’il aimait les pauvres, à l’exemple de Son Maître, Jésus de Nazareth – écrivent-ils. Il leur prêta sa voix de prophète et leur dédia sa vie, renonçant à la solution commode d’abandonner le troupeau et de fuir comme le font les mercenaires ».

 

« Tel est l’homme de Dieu qui, à compter du 23 mai, nous vénérerons comme Bienheureux – concluent les Evêques. Que son témoignage nous stimule à vivre de manière cohérente les engagements baptismaux. Que sa parole illumine notre chemin de vie chrétienne. Que son intercession ouvre des chemins de réconciliation entre nous et nous aide à vaincre toutes les formes de violence afin que s’établisse parmi nous le Royaume de la vie, de la justice, de la vérité, de l’amour et de la paix ».

 

 

Lire également :

Texte intégral du Message de la Conférence épiscopale (en espagnol) >>

 

 

© Source : Agence Fides. 25 mai 2015

Crédit photo : Des dizaines de milliers de fidèles réunis dans la ferveur pour la béatification de Mgr Romero, à San Salvador. – AFP

 

 

 

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Le bienheureux Mgr Romero appelle l’Église à l’unité

 

 

La voix de Mgr Oscar Romero (1917-1980), évêque de San Salvador béatifié comme martyr le 23 mai 2015, « résonne encore aujourd’hui pour rappeler que l’Église, assemblée de frères autour de leur Seigneur, est la famille de Dieu, l’endroit où il ne peut y avoir de division ».

 

Le pape François a fait parvenir une lettre à l’archevêque actuel de San Salvador, Mgr José Luis Escobar Alas, à l’occasion de la béatification qui a eu lieu à San Salvador, sur la Plaza del Divino Salvador del Mundo.

 

Il rend hommage au nouveau bienheureux comme à « un exemple des meilleurs enfants de l’Église » qui sut construire la paix « par la force de son amour » jusqu’au sacrifice extrême de sa vie.

 

Il fut capable de « voir et d’écouter les souffrances de son peuple », explique-t-il : à « une époque difficile », Mgr Romero « a su guider, défendre et protéger son troupeau, en restant fidèle à l’Évangile et en communion avec toute l’Église ».

 

Son ministère épiscopal « a su se distinguer pour l’attention particulière qu’il accordait aux plus pauvres et aux personnes marginalisées » et au moment de sa mort, « alors qu’il célébrait le Saint Sacrifice de l’amour et de la réconciliation, il a reçu la grâce de s’identifier pleinement à Celui qui donna sa vie pour ses brebis », ajoute le pape.

 

Il rend grâce à Dieu « qui a donné à l’évêque martyr la capacité de voir et d’entendre les souffrances de son peuple, et qui a façonné son cœur… jusqu’à transformer ses actions en un exercice complet de charité chrétienne ».

 

La voix de l’évêque « résonne encore aujourd’hui pour rappeler que l’Église, assemblée de frères autour de leur Seigneur, est la famille de Dieu, l’endroit où il ne peut y avoir de division », peut-on lire également dans la lettre publiée en espagnol par le Saint-Siège.

 

« La foi en Jésus-Christ, correctement comprise et assimilée jusqu’à ses dernières conséquences, génère des communautés artisanes de paix et de solidarité. C’est ce à quoi l’Église est appelée aujourd’hui au Salvador, en Amérique et dans le monde entier : être une église pleine de miséricorde, qui soit un levain de réconciliation pour la société. »

 

L’exemple de Mgr Romero « invite au bon sens et à la réflexion, au respect de la vie et à l’entente », à renoncer à la violence et à la haine : « Avec un cœur de père, il s’est soucié des populations les plus pauvres, demandant aux puissances de transformer « les armes en outils pour faucher les champs » ».

 

En conclusion, le pape assure de ses prières pour que « la graine du martyre puisse pousser » et que « se fortifient, en suivant le droit chemin, les fils et filles de cette nation, laquelle se glorifie de porter le nom du divin sauveur du monde » : « C’est le moment opportun pour une véritable réconciliation nationale face aux défis d’aujourd’hui. »

 

 

 

Traduction d’Océane Le Gall

© Source : Zenit. 25 mai 2015