15/9/2012

Benoît XVI au Liban : Jeunes, unissez-vous pour la paix !


Dans le cadre de sa visite pastorale au Liban, le pape Benoît XVI a rencontré le 15 septembre 2012 quelque 25.000 jeunes rassemblés devant le Patriarcat maronite de Bkerké. Au terme de son allocution, le pape a salué les jeunes musulmans présents pour la célébration, les remerciant pour leur présence qui est si importante car ils sont avec les jeunes chrétiens l’avenir du pays qu’ils doivent chercher à construire ensemble. “Vous avez une place privilégiée dans mon cœur et dans l’Église tout entière car l’Église est toujours jeune !”



Rencontre de Benoît XVI avec les jeunes du Liban à Bkerké

 

Une place privilégiée dans le cœur du pape

 

 

« Vous avez une place privilégiée dans mon cœur et dans l’Église tout entière car l’Église est toujours jeune ! L’Église vous fait confiance. Elle compte sur vous. Soyez jeunes dans l’Église ! Soyez jeunes avec l’Église ! L’Église a besoin de votre enthousiasme et de votre créativité ! »

 

C’est l’exhortation que Benoît XVI a adressée aux quelque 25.000 jeunes rassemblés devant le Patriarcat maronite de Bkerké, ce samedi 15 septembre 2012, dans le cadre de sa visite pastorale au Liban (14-16 septembre 2012). La rencontre s’est déroulée sous la forme d’une célébration de la Parole, introduite par le patriarche d’Antioche des maronites, Sa Béatitude Béchara Boutros Raï.

 

Au terme de son allocution, le pape a salué les jeunes musulmans présents pour la célébration, les remerciant pour leur « présence qui est si importante » car ils sont avec les jeunes chrétiens l’« avenir du pays » qu’ils doivent chercher à « construire ensemble ».

 

Il a salué par ailleurs particulièrement les jeunes venus de Syrie, rendant hommage à leur « courage » et confiant : « le pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n’oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations ».

 

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Allocution de Benoît XVI :

 

Béatitude,

frères Évêques,

chers amis,

 

« Que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la véritable connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur » (2 P 1, 2). Le passage de la lettre de saint Pierre que nous avons entendu exprime bien le grand désir que je porte dans mon cœur depuis longtemps. Merci pour votre accueil chaleureux, merci de tout cœur pour votre présence si nombreuse ce soir ! Je remercie Sa Béatitude le Patriarche Béchara Boutros Raï pour ses paroles d’accueil, Mgr Georges Bou Jaoudé, Archevêque de Tripoli et président du Conseil pour l’apostolat des laïcs au Liban, et Mgr Elie Hadda, Archevêque de Sidon des Grecs melkites et vice-président du même Conseil, ainsi que les deux jeunes qui m’ont salué en votre nom à tous. « Salàmi ō-tīkum » [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27) nous dit le Christ-Jésus.

 

Chers amis, vous vivez aujourd’hui dans cette partie du monde qui a vu la naissance de Jésus et le développement du christianisme. C’est un grand honneur ! Et c’est un appel à la fidélité, à l’amour de votre région et surtout à être des témoins et des messagers de la joie du Christ, car la foi transmise par les Apôtres conduit à la pleine liberté et à la joie, comme l’ont montré tant de saints et de bienheureux de ce pays. Leur message éclaire l’Église universelle. Il peut continuer à éclairer vos vies. Parmi les Apôtres et les saints, beaucoup ont vécu à des périodes troublées et leur foi a été la source de leur courage et de leur témoignage. Puisez dans leur exemple et dans leur intercession, l’inspiration et le soutien dont vous avez besoin !

 

Je connais les difficultés qui sont les vôtres dans la vie quotidienne, à cause du manque de stabilité et de sécurité, de la difficulté à trouver un travail ou encore du sentiment de solitude et de marginalisation. Dans un monde en continuel mouvement, vous êtes confrontés à de nombreux et graves défis. Même le chômage et la précarité ne doivent pas vous inciter à goûter le « miel amer » de l’émigration, avec le déracinement et la séparation pour un avenir incertain. Il s’agit pour vous d’être des acteurs de l’avenir de votre pays, et de remplir votre rôle dans la société et dans l’Église.

 

Vous avez une place privilégiée dans mon cœur et dans l’Église tout entière car l’Église est toujours jeune ! L’Église vous fait confiance. Elle compte sur vous. Soyez jeunes dans l’Église ! Soyez jeunes avec l’Église ! L’Église a besoin de votre enthousiasme et de votre créativité ! La jeunesse est le moment où l’on aspire à de grands idéaux, et la période où l’on étudie pour préparer un métier et un avenir. Cela est important et demande du temps. Recherchez ce qui est beau, et ayez le goût de faire ce qui est bien ! Témoignez de la grandeur et de la dignité de votre corps qui « est pour le Seigneur » (1 Co 6, 13.b). Ayez la délicatesse et la droiture des cœurs purs ! À la suite du bienheureux Jean-Paul II, je vous redis moi aussi : « N’ayez pas peur. Ouvrez les portes de vos esprits et de vos cœurs au Christ ! ». La rencontre avec lui « donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive » (Deus caritas est, 1). En lui, vous trouverez la force et le courage pour avancer sur les chemins de votre vie, en surmontant les difficultés et la souffrance. En lui, vous trouverez la source de la joie. Le Christ vous dit : « Salàmi ō-tīkum » [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27). Là est la véritable révolution apportée par le Christ, celle de l’amour.

 

Les frustrations présentes ne doivent pas conduire à vous réfugier dans des mondes parallèles comme ceux, entre autres, des drogues de toutes sortes, ou celui de la tristesse de la pornographie. Quant aux réseaux sociaux, ils sont intéressants mais peuvent, avec grande facilité, vous entraîner à une dépendance et à la confusion entre le réel et le virtuel. Recherchez et vivez des relations riches d’amitié vraie et noble. Ayez des initiatives qui donnent du sens et des racines à votre existence en luttant contre la superficialité et la consommation facile ! Vous êtes soumis également à une autre tentation, celle de l’argent, cette idole tyrannique qui aveugle au point d’étouffer la personne et son cœur. Les exemples qui vous entourent ne sont pas toujours les meilleurs. Beaucoup oublient l’affirmation du Christ disant qu’on ne peut servir Dieu et l’argent (cf. Lc 16, 13). Recherchez de bons maîtres, des maîtres spirituels, qui sachent vous indiquer le chemin de la maturité en laissant l’illusoire, le clinquant et le mensonge.

 

Soyez les porteurs de l’amour du Christ ! Comment ? En vous tournant sans réserve vers Dieu, son Père, qui est la mesure de ce qui est juste, vrai et bon. Méditez la Parole de Dieu !

 

Découvrez l’intérêt et l’actualité de l’Évangile. Priez ! La prière, les sacrements sont les moyens sûrs et efficaces pour être chrétien et vivre « enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi » (Col 2, 7). L’Année de la foi qui va débuter sera l’occasion de découvrir le trésor de la foi reçue au baptême. Vous pouvez approfondir son contenu grâce à l’étude du Catéchisme afin que votre foi soit vivante et vécue. Vous deviendrez alors pour les autres témoins de l’amour du Christ. En lui, tous les hommes sont nos frères. La fraternité universelle qu’il a inaugurée sur la Croix revêt d’une lumière éclatante et exigeante la révolution de l’amour. « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34). Là est le testament de Jésus et le signe du chrétien. Là est la véritable révolution de l’amour !

 

Et donc, le Christ vous invite à faire comme lui, à accueillir sans réserve l’autre, même s’il est d’appartenance culturelle, religieuse, nationale différente. Lui faire une place, le respecter, être bon envers lui, rend toujours plus riche d’humanité et fort de la paix du Seigneur. Je sais que beaucoup parmi vous participent aux diverses activités promues par les paroisses, les écoles, les mouvements, les associations. Il est beau de s’engager avec et pour les autres. Vivre ensemble des moments d’amitié et de joie permet de résister aux germes de division, toujours à combattre ! La fraternité est une anticipation du ciel ! Et la vocation du disciple du Christ est d’être « levain » dans la pâte, comme l’affirmait saint Paul : « Un peu de levain fait lever toute la pâte » (Ga 5,9). Soyez les messagers de l’Évangile de la vie et des valeurs de la vie. Résistez courageusement à tout ce qui la nie : l’avortement, la violence, le refus et le mépris de l’autre, l’injustice, la guerre. Vous répandrez ainsi la paix autour de vous. Est-ce que ce ne sont pas les « agents de paix » que nous admirons finalement le plus ? N’est-ce pas la paix ce bien précieux que toute l’humanité recherche ? N’est-ce pas un monde de paix qu’au plus profond nous voulons pour nous et pour les autres ? « Salàmi ō-tīkum » [« Je vous donne ma paix »] a dit Jésus. Il a vaincu le mal non par un autre mal, mais en le prenant sur lui et en l’anéantissant sur la croix par l’amour vécu jusqu’au bout. Découvrir en vérité le pardon et la miséricorde de Dieu, permet toujours de repartir pour une nouvelle vie. Il n’est pas facile de pardonner. Mais le pardon de Dieu donne la force de la conversion, et la joie de pardonner à son tour. Le pardon et la réconciliation sont des chemins de paix, et ouvrent un avenir.

 

Chers amis, beaucoup parmi vous se demandent certainement d’une façon plus ou moins consciente : Qu’est-ce que Dieu attend de moi ? Quel est son projet pour moi ? Ne voudrais-je pas annoncer au monde la grandeur de son amour par le sacerdoce, la vie consacrée ou le mariage ? Le Christ ne m’appellerait-il pas à le suivre de plus près ? Accueillez avec confiance ces questions. Prenez le temps d’y réfléchir et de demander la lumière. Répondez à l’invitation en vous offrant chaque jour à Celui qui vous appelle pour être de ses amis. Cherchez à suivre avec cœur et générosité le Christ qui, par amour, nous a rachetés et a donné sa vie pour chacun de nous. Vous connaîtrez une joie et une plénitude insoupçonnées ! Répondre à la vocation du Christ sur soi : c’est là le secret de la vraie paix.

 

J’ai signé hier l’Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente. Cette lettre vous est aussi destinée, chers jeunes, comme à tout le peuple de Dieu. Lisez-la avec attention et méditez-la pour la mettre en pratique. Pour vous aider, je vous rappelle les paroles de saint Paul aux Corinthiens : « Notre lettre c’est vous, une lettre écrite en vos cœurs, connue et lue par tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre du Christ remise à nos soins, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs » (2 Co 3, 2-3). Vous pouvez être, vous aussi, chers amis, une lettre vivante du Christ. Cette lettre ne sera pas écrite sur du papier et avec un crayon. Elle sera le témoignage de votre vie et celui de votre foi. Ainsi, avec courage et enthousiasme, vous ferez comprendre autour de vous que Dieu veut le bonheur de tous sans distinction, et que les chrétiens sont ses serviteurs et ses témoins fidèles.

 

Jeunes libanais, vous êtes l’espérance et l’avenir de votre pays. Vous êtes le Liban, terre d’accueil, de convivialité, avec cette faculté inouïe d’adaptation. Et en ce moment, nous ne pouvons pas oublier ces millions de personnes qui composent la diaspora libanaise et qui maintiennent des liens solides avec leur pays d’origine. Jeunes du Liban, soyez accueillants et ouverts, comme le Christ vous le demande et comme votre pays vous l’enseigne.

 

Je voudrais saluer maintenant les jeunes musulmans qui sont avec nous ce soir. Je vous remercie pour votre présence qui est si importante. Vous êtes avec les jeunes chrétiens l’avenir de ce merveilleux pays et de l’ensemble du Moyen-Orient. Cherchez à le construire ensemble ! Et lorsque vous serez adultes, continuez de vivre la concorde dans l’unité avec les chrétiens. Car la beauté du Liban se trouve dans cette belle symbiose. Il faut que l’ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l’Islam et la Chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine.

 

J’ai appris également qu’il y a parmi nous des jeunes venus de Syrie. Je veux vous dire combien j’admire votre courage. Dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le Pape ne vous oublie pas. Dites autours de vous que le Pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils. Il n’oublie pas la Syrie dans ses prières et ses préoccupations. Il n’oublie pas les Moyen-orientaux qui souffrent. Il est temps que musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres.

 

En terminant, tournons-nous vers Marie, la Mère du Seigneur, Notre-Dame du Liban. Du haut de la colline de Harissa, elle vous protège et vous accompagne, elle veille comme une mère sur tous les Libanais et sur tant de pèlerins, venant de tous les horizons pour lui confier leurs joies et leurs peines ! Ce soir, confions à la Vierge Marie et au bienheureux Jean-Paul II qui m’a précédé ici, vos vies, celles de tous les jeunes du Liban et des pays de la région, particulièrement ceux qui souffrent de la violence ou de la solitude, ceux qui ont besoin de réconfort. Que Dieu vous bénisse tous ! Et maintenant tous ensemble, nous la prions : « A salamou á-laïki ya Mariam …» [« Je vous salue Marie … »].

 

 

© Libreria Editrice Vaticana

© Source : Zenit. 15 septembre 2012 

 

 

 

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Benoît XVI invite les jeunes à la « révolution de l’amour »

 

Jeunes, musulmans et chrétiens, unissez-vous pour la paix !

 

 

« Il est temps que musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres », a déclaré Benoît XVI ce 15 septembre 2012, appelant les jeunes des deux religions à « construire ensemble » l’avenir du Liban et du Moyen-Orient, notamment par la « révolution de l’amour ».

 

Poursuivant sa visite pastorale au Liban (14-16 septembre 2012), Benoît XVI a rencontré ce matin les responsables politiques, religieux et culturels du Liban. Puis il avait rendez-vous à 18h avec quelque 25.000 jeunes du Liban et du Moyen-Orient, sur l’esplanade du Patriarcat maronite de Bkerké. Parmi les jeunes, de toutes les confessions chrétiennes, des musulmans étaient également présents.

 

L’espérance et l’avenir du pays

 

« Jeunes libanais, vous êtes l’espérance et l’avenir de votre pays », leur a dit Benoît XVI, déclenchant un tonnerre d’applaudissements : « Vous êtes le Liban, terre d’accueil, de convivialité, avec cette faculté inouïe d’adaptation ». Il les a appelés à être « accueillants et ouverts, comme le Christ vous le demande et comme votre pays vous l’enseigne ».

 

Saluant les jeunes musulmans, il les a remerciés pour leur présence « si importante » : « Vous êtes avec les jeunes chrétiens l’avenir de ce merveilleux pays et de l’ensemble du Moyen-Orient », a-t-il ajouté. Benoît XVI a donc appelé les jeunes chrétiens et musulmans à « construire ensemble » l’avenir, et ensuite à « continuer de vivre la concorde dans l’unité » en tant qu’adulte, car « la beauté du Liban se trouve dans cette belle symbiose ».

 

« Il faut que l’ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens, l’Islam et la Chrétienté, peuvent vivre ensemble sans haine dans le respect des croyances de chacun pour bâtir ensemble une société libre et humaine », a-t-il poursuivi. « Il est temps que musulmans et chrétiens s’unissent pour mettre fin à la violence et aux guerres », a insisté le pape.

 

Par trois fois durant son discours, Benoît XVI a cité en arabe les paroles du Christ, « Salàmi ō-tīkum » [« Je vous donne ma paix »], sous les acclamations enthousiastes des jeunes.

 

La révolution de l’amour

 

« Soyez les porteurs de l’amour du Christ ! », les a-t-il exhortés, car « la véritable révolution » apportée par le Christ est « celle de l’amour ». « En lui, tous les hommes sont nos frères », a-t-il ajouté, car il a inauguré la « fraternité universelle » sur la Croix, léguant pour seul testament : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 13, 34).

 

Ce testament est donc « le signe du chrétien », a-t-il souligné, insistant : « là est la véritable révolution de l’amour ». Il s’agit concrètement de faire comme le Christ, « d’accueillir sans réserve l’autre, même s’il est d’appartenance culturelle, religieuse, nationale différente », de « lui faire une place, le respecter, être bon envers lui ».

 

Benoît XVI a exhorté en ce sens à « résister aux germes de division », à résister « courageusement » à tout ce qui nie la paix, tel « l’avortement, la violence, le refus et le mépris de l’autre, l’injustice, la guerre ». Parmi les chemins de paix et d’avenir, le pape a évoqué « le pardon et la réconciliation » : Jésus a vaincu le mal « non par un autre mal, mais en le prenant sur lui et en l’anéantissant sur la croix par l’amour vécu jusqu’au bout », a-t-il rappelé. A son exemple, le chrétien doit « découvrir en vérité le pardon et la miséricorde de Dieu », même si « il n’est pas facile de pardonner ». Ce pardon de Dieu « donne la force de la conversion, et la joie de pardonner à son tour », a-t-il affirmé.

 

Sur ce chemin, les jeunes ont à leur disposition des outils, a précisé le pape : « La prière, les sacrements sont les moyens sûrs et efficaces pour être chrétien » et « l’Année de la foi qui va débuter » sera aussi l’occasion de « découvrir le trésor de la foi reçue au baptême », a-t-il estimé.

 

Benoît XVI s’est tourné par ailleurs vers les jeunes venus de Syrie : « Je veux vous dire combien j’admire votre courage », leur a-t-il dit : « dites chez vous, à vos familles et à vos amis, que le pape ne vous oublie pas », que « le pape est triste à cause de vos souffrances et de vos deuils » et qu’il « n’oublie pas les Moyen-orientaux qui souffrent ».

 

 

© Source : Zenit. 15 septembre 2012 

 

 

 

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25.000 jeunes du Moyen-Orient rencontrent Benoît XVI

 

« Un signe d’espoir » pour tout l’Orient arabe

 

 

Quelque 25.000 jeunes rayonnants, du Liban et du Moyen-Orient, ont accueilli Benoît XVI, ce 15 septembre 2012, au deuxième jour de sa visite pastorale au Liban. Parmi eux, des jeunes musulmans étaient notamment présents.

 

La rencontre s’est déroulée sur l’esplanade du Patriarcat maronite de Bkerké, où un grand podium blanc en arc de cercle avait été élevé pour l’occasion. Sur l’esplanade, des milliers de chaises avaient été installées pour les jeunes venus de tout le Liban et même de la Syrie.

 

Dans l’attente de Benoît XVI, la foule s’étendait à perte de vue tout le long du terrain, dansant sur place, battant des mains avec énergie, arborant des sourires enthousiastes. Sur le podium, des jeunes habillés de longs costumes beiges interprétaient des chorégraphies, tandis que les dernières consignes étaient données dans les haut-parleurs.

 

Aux environs de 18h10, heure locale, le pape est arrivé en papamobile. Acclamée dès l’entrée du terrain, par une foule retenue par des barrières de militaires, la papamobile s’est avancée dans l’allée centrale, au son de l’hymne solennel, Benedictus qui venit in nomine Domini.

 

Puis, tandis que le pape continuait à saluer en souriant, derrière les vitres de sa voiture, ont suivies des acclamations : « Benedetto ! Nous t’aimons ! Merci ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Bienvenue ! viva il papa ! », en anglais, en français, en arabe, en italien, les dizaines de milliers de jeunes scandaient d’une seule voix ces mots d’accueil et d’affection.  

 

Arrivé au pied du podium, Benoît XVI est descendu de la voiture, accueilli par le patriarche d’Antioche des maronites, Sa Béatitude Béchara Boutros Raï. Sous un chant joyeux, il a rejoint son siège au centre, surmonté d’une fresque de Notre-Dame de Qannoubine, représentant le couronnement de la Vierge, à dominante rouge et or.

 

Sur l’esplanade, un océan de drapeaux aux couleurs du Vatican et du Liban s’agitait au vent et un poisson géant en ballons de baudruche flottait dans le ciel.

 

Ouvrant la cérémonie, des jeunes – dont certains handicapés – sont venus en procession déposer sur le podium 12 flambeaux, une grande bible et l’icône de Notre Dame de l’attente, au rythme d’un chant méditatif en arabe. Fermant la procession, des jeunes ont dressé une copie de la croix des Journées mondiales de la jeunesse, devant laquelle ils se sont inclinés.

 

Le patriarche Béchara Raï a prononcé un mot d’accueil, évoquant « ces jeunes assoiffés d’espérance », qui « aspirent à une vie de paix, de droit et de stabilité pour pouvoir se réaliser dans leurs propres pays et éviter l’émigration ».

 

Ces jeunes « attendent avec anxiété et reconnaissance Votre parole éclairante et encourageante », a-t-il dit à Benoît XVI, dénonçant « la croissance du fondamentalisme religieux », qui « ne croit ni au droit à la différence ni à la liberté de conscience ou de culte ».

 

Terminant son discours, le patriarche a offert à Benoît XVI un fossile de 100 millions d’années.

 

Mgr Georges Bou Jaoude, président de la Commission épiscopale pour l’apostolat des laïcs, a pris la parole en assurant que les jeunes libanais étaient « conscients de la responsabilité qui leur incombe d’être des témoins prêts à la défense contre quiconque leur demandera raison de l’espérance qui est en eux ».

 

Mgr Elie Haddad, vice-président de la même Commission, a poursuivi en soulignant que « la participation d’autres jeunes chrétiens et non chrétiens à cette rencontre ne pourra que refléter la mission des pays du Moyen Orient ».

 

Puis une jeune femme et un jeune homme ont pris tour à tour la parole, longuement applaudis, exprimant au nom des jeunes libanais leur attachement à l’Orient, « non par fanatisme, mais pour préserver notre région et son caractère unique ». 

 

« Nous, Jeunes du Moyen-Orient, aspirons aujourd’hui à la paix et rêvons d’un avenir sans guerres », ont-ils déclaré, confiant leur désir d’être « un signe d’espoir » pour tout l’Orient arabe.

 

Leur témoignage a été suivi par une nouvelle chorégraphie sur le podium, alors que la nuit tombait et que les projecteurs s’allumaient. Le pape regardait attentivement les danseurs, en souriant.

 

La liturgie s’est poursuivie par une lecture de la seconde lettre de saint Pierre en français, puis d’un passage de l’Evangile selon saint Jean psalmodié en arabe, acclamé par un alléluia rythmé.

 

Benoît XVI s’est ensuite adressé aux jeunes dans une longue allocution, déclenchant souvent des salves d’applaudissements, notamment en leur disant à plusieurs reprises en arabe la parole du Christ « Salàmi ō-tīkum », c’est-à-dire « Je vous donne la paix ».

 

« Vous avez une place privilégiée dans mon cœur », leur a-t-il également confié, leur rappelant qu’ils étaient « l’espérance et l’avenir » du pays. Remerciant les jeunes musulmans présents, il a invité à « vivre la concorde dans l’unité avec les chrétiens ».

 

« Il faut que l’ensemble du Moyen-Orient, en vous regardant, comprenne que les musulmans et les chrétiens peuvent vivre ensemble sans haine », a-t-il exhorté, sous les applaudissements enthousiastes.

 

A la fin de son discours, des adultes et des enfants, habillés aux couleurs des cinq continents, ont mimé des gestes de paix, accueillant un globe terrestre colossal, alors que la chorale demandait à Dieu, en arabe, « un nouveau monde » qui « jaillit à partir de ton cœur », qui est « construit par ton amour », qui « efface nos souffrances ».

 

Les jeunes se sont ensuite joints à une prière universelle, lue en français, arabe, anglais et grec, à laquelle a succédé un « Je vous salue marie » en araméen syriaque, et un Notre Père.

 

Derrière le podium, un feu d’artifice a jailli en explosions multicolores auxquelles se mêlait un chant byzantin traditionnel chanté traditionnellement pour l’évêque. Plusieurs cadeaux – dont une icône de l’annonciation, un portrait en mosaïque de Benoît XVI et un Youcat géant – ont été apportés en procession au pape, par des jeunes aux tee-shirts blancs portant l’inscription « Benoît 16 » au dos.

 

Avant que Benoît XVI ne quitte le podium, la chanteuse libanaise Majda Roumi, habillée de blanc, a interprété un chant maronite, célébrant les « artisans de la paix ».

 

Le pape s’est ensuite rendu dans la chapelle de l’église du patriarcat, où il s’est entretenu en privé avec les patriarches du Liban, assis autour de lui. Puis, après quelques photos officielles, il est remonté dans sa papamobile pour retourner à la nonciature d’Harissa, à quelque 5 km, accompagné de son secrétaire.

 

Alors que les jeunes radieux entonnaient des chants de Taizé, la deuxième journée de Benoît XVI au Liban s’est conclue par une rencontre qui aura duré presque deux heures.

 

 

© Source : Zenit. 15 septembre 2012