29/11/2011

Benoît XVI confirme l’engagement écologique de l’Église


Alors que 190 pays reprennent lundi 28 novembre 2011 à Durban en Afrique du Sud, les négociations sur le réchauffement climatique, Benoît XVI est revenu sur l’engagement écologique de l’Église catholique. Recevant plusieurs milliers de jeunes italiens membres de l’association Sorella Natura, Benoît XVI a dit à propos de l’écologie : “Si, dans son travail, l’homme oublie d’être collaborateur de Dieu, il peut faire violence à la Création et provoquer des dommages, qui ont toujours des conséquences négatives sur l’homme”.

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Alors que 190 pays reprennent lundi 28 novembre à Durban (Afrique du Sud), les négociations sur le réchauffement climatique, Benoît XVI est revenu à deux reprises en deux jours sur l’engagement écologique de l’Église catholique.

 

Recevant, lundi 28 novembre, plusieurs milliers de jeunes italiens membres de l’association Sorella Natura (Sœur Nature), Benoît XVI a confirmé l’engagement de l’Église catholique en faveur de l’écologie : « Si, dans son travail, l’homme oublie d’être collaborateur de Dieu, il peut faire violence à la Création et provoquer des dommages, qui ont toujours des conséquences négatives sur l’homme », a-t-il souligné.

 

Rappelant que Jean-Paul II avait fait de saint François d’Assise, le 29 novembre 1979, le saint patron de l’écologie, le pape est allé au-delà du respect de l’environnement : celui-ci « ne peut oublier la reconnaissance de la valeur de la personne humaine et de son inviolabilité, à tout moment de la vie ».

 

« Un style de vie plus responsable pour la création »

 

« Le respect de l’être humain et le respect de la nature sont indissociables », a affirmé le pape en concluant, à l’adresse des parents et des éducateurs : « Il est désormais évident qu’il n’existe pas d’avenir positif pour l’humanité sur terre si nous n’éduquons pas tous à un style de vie plus responsable pour la création ».

 

Dimanche déjà, après l’angélus, le pape avait évoqué la conférence sur le climat de Durban (Afrique du Sud), souhaitant que « tous les membres de la communauté internationale s’accordent sur une réponse responsable, crédible et solidaire » au changement climatique, « un phénomène complexe », « en tenant compte des exigences des populations les plus pauvres et des générations futures ».

 

 

Frédéric Mounier, à Rome

© Source : La Croix. 29 novembre 2011 

Crédit photo : Andrew Medichini/AP – Benoît XVI salue les jeunes de l’association Sorella Natura, lundi 28 novembre en la salle Paul-VI du Vatican.

 

 

 

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190 pays réunis pour lutter contre le réchauffement climatique

 

 

A Durban, quelques 190 pays se retrouvent à partir de lundi 28 novembre pour trouver les moyens de contenir le réchauffement climatique et se préparer à ses conséquences. De nombreuses associations pour la défense de l’environnement seront présentes à Durban, comme des militants d’Oxfam.

 

Le coup d’envoi est prévu à 10h au centre de conférences de Durban. Quelques 12 000 délégués, ministres, experts, ONG et journalistes sont attendus jusqu’au 9 décembre pour cette 17e  conférence annuelle de l’ONU sur le climat. L’avenir du protocole de Kyoto, seul traité international imposant des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à une quarantaine de pays industrialisés, s’annonce comme le sujet clé aux côtés de questions comme les financements dont pourraient bénéficier les pays les plus vulnérables.

 

Les pays en développement soutenus par nombre de mouvements sociaux et d’ONG exigent que les pays développés reprennent des engagements à l’issue d’une période initiale qui se termine fin 2012. Mais très peu de ces pays industrialisés, à l’exception de ceux de l’Union européenne, se disent prêts à vouloir maintenir en vie un outil qui couvre désormais moins de 30% des émissions globales et ne s’applique pas aux deux plus grands émetteurs de CO2, la Chine et les Etats-Unis (plus de 40% à eux deux).

 

Eviter un nouvel échec

 

Au-delà de Kyoto, les Européens souhaitent que soient posées à Durban les bases d’un futur cadre juridique qui impliquerait tous les pays. Le rôle des grands pays émergents comme l’Inde et la Chine, mais aussi des Etats-Unis, paralysés par leur situation politique intérieure, va être décisif pour éviter que Durban ne soit un nouvel échec, alors que ce processus onusien reste très fragile deux ans après la déception de Copenhague.

 

D’autant que l’objectif de contenir le réchauffement sous les 2°C, adopté l’an dernier à Cancun (Mexique), paraît toujours plus inaccessible au regard des émissions record de CO2. « Nous n’avons qu’une maison et, que vous soyez riches ou pauvres, c’est votre seule maison », a souligné le 27 novembre le Prix nobel de la Paix Desmond Tutu, en se faisant le porte-parole de ceux qui espèrent un accord ambitieux.

 

Un mouvement « Occupy », inspiré de « Occupy Wall Street », a quant à lui appelé à une « assemblée générale » le 28 novembre à proximité du centre de conférences, pour défendre des « solutions équitables contre le changement climatique ». Un appel « pacifique », a précisé le mouvement sur son site internet, alors que les autorités sud-africaines ont annoncé le déploiement de 2 500 policiers.

 

 

  © AFP in La Croix. 29 novembre 2011

 

 

 

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L’importance d’une éducation à l’écologie pour tous

 

Benoît XVI invite au respect de la création

 

 

« Soyez de véritables gardiens de la nature et la création », a déclaré le pape aux quelque 7.000 jeunes italiens de la fondation nationale « Sorella natura » (« Sœur nature ») reçus lundi, dans la salle Paul VI, à l’occasion de l’anniversaire de la proclamation de saint François d’Assise, patron de l’écologie, par Jean-Paul II.

 

A ces jeunes, engagés dans des projets éducatifs en faveur de la protection de l’environnement, le papea rappelé « le lien indissoluble » qui unit le respect dû à l’homme et dû à la nature dans la construction d’un avenir « responsable » pour l’humanité.

 

Les jeunes étaient guidés parle président de la Fondation, Roberto Leoni, le président honoraire, le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, qui a offert au pape une reproduction du Codex 338, renfermant les plus anciennes sources franciscaines, et l’évêque d’Assise, Mgr Domenico Sorrentino.

 

« François, fidèle à l’Ecriture, nous invite à reconnaître dans la nature un livre étonnant qui nous parle de Dieu, de sa beauté et de sa bonté », a souligné Benoît XVI dans son discours.

 

Et l’Eglise, a-t-il dit, « tout en appréciant les recherches et découvertes scientifiques les plus importantes, n’a jamais oublié de rappeler que notre véritable et profonde identité humaine se comprend mieux dans le respect de l’empreinte du créateur dans sa création ».

 

« Si l’homme oublie d’être un collaborateur de Dieu, a-t-il mis en garde, il peut faire violence à la création et provoquer des dommages qui ont toujours des conséquences négatives sur l’homme ».

 

« Aujourd’hui plus que jamais, il devient clair que le respect de l’environnement va de pair avec la reconnaissance de la valeur de la personne humaine et de son inviolabilité, à chaque étape de la vie et dans toutes les situations », a-t-il ajouté.

 

D’où l’importance d’une éducationà l’écologie, a poursuivi le pape, qui passe par les parents, les responsables scolaires, les enseignants, qui bénéficie du soutien d’institutions engagées dans cette finalité.

 

S’adressant alors plus particulièrement aux responsables de la société civile et au monde enseignant, Benoît XVI Il a souligné « l’évidence » actuelle du risque d’ « un avenir sombre pour l’humanité sur terre » si tous ne sont pas éduqués à « un mode de vie plus responsable à l’égard de la Création ».

 

« Que saint François nous enseigne à chanter, avec toute la création, un hymne de louange et d’action de grâces au Père céleste », a conclu le pape.

 

 

Isabelle Cousturié

© Source : Zenit. 29 novembre 2011

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