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Cardinal Emmanuel Suhard, archevêque de Paris (1940-1945)

* Auteur : Jean-Pierre Guérend – Préface d’Emile Poulat

* Editeur : Cerf

* Collection : Histoire à vif

* Date : octobre 2011

* Nombre de pages : 380

* ISBN : 2204091170

* Prix : 27 €

 

 

Cardinal Emmanuel Suhard,

archevêque de Paris (1940-1945)

 

Temps de paix, temps de guerre, passion pour la mission

 

 

Après des études de philosophie, de théologie et de sciences sociales, Jean-Pierre Guérend a travaillé en tant que collaborateur du père Bernard Lalande, mais aussi en tant que secrétaire du cardinal Suhard. Cette expérience fut à bien des égards enrichissante, et ce à tel point que Jean-Pierre Guérend vient de consacrer un ouvrage à l’ancien archevêque de Paris.

 

Publié aux éditions du Cerf, le livre s’attarde sur le passage du cardinal Suhard au diocèse de Paris, qu’il dirigea durant les heures sombres de l’Occupation et aussi quelques années après la Libération. Né en 1874, Emmanuel Suhard est le fils unique d’une modeste famille des paysans mayennais. S’il fut très rapidement orphelin de son père, Emmanuel Suhard se distingua durant ses études. Elève brillant, il étudia aux séminaires de Mayenne et de Laval, avant d’être envoyé à Rome. Il fut ordonné prêtre dans la ville éternelle en 1897.

 

Après deux doctorats en philosophie et en théologie ainsi qu’une licence en droit canon, le père Emmanuel Suhard fut nommé professeur au grand séminaire, où il dispensa des cours de philosophie scolastique, puis de théologie. Par la suite, en 1928, il devint évêque de Bayeux-et-Lisieux. Contre son gré, il sera ensuite promu à l’archevêché de Reims, où naquit sa vocation de missionnaire. Nommé cardinal en 1935, Emmanuel Suhard fut envoyé à l’archevêché de Paris en 1940.

 

Ses grands débuts dans la capitale ,qu’il ne tenait pas à rejoindre, furent vraiment détestables. Il fut en effet séquestré dans sa résidence pendant trois jours par les Allemands. Ceux-ci recherchaient des documents compromettants à propos de son prédécesseur, mais qu’ils ne trouvèrent pas.

 

Débutèrent alors quatre années noires pour le cardinal. S’il fut initialement plutôt favorable au maréchal et à sa Révolution nationale, il refusa néanmoins sa nomination au Conseil national de Vichy.

 

Dépourvu de la moindre sympathie à l’égard du nazisme, le cardinal Suhard mena une politique prudente, préférant par exemple aux admonestations publiques les appels à la prière et les interventions privées. La Résistance catholique lui reprocha principalement d’avoir reçu Philippe Pétain en avril 1944 et de s’être rendu à l’inhumation du ministre collaborationniste Philippe Henriot en juin suivant. D’ailleurs, le général de Gaulle lui interdit de se rendre à la cérémonie du 26 août à Notre-Dame de Paris.

Les choses ne seraient toutefois pas aussi simples qu’il parait, puisque le cardinal s’est d’une certaine façon conformé à l’attitude du pape. De surcroît, le risque lui semblait grand d’envenimer une situation déjà délétère. Durant les années d’Occupation, le cardinal se focalisa sur la déchristianisation. Il s’éleva également contre la répression menée par les autorités allemandes à l’égard de la JOC. Il œuvra en outre à la création du séminaire de la Mission de France à Lisieux ainsi qu’à l’établissement d’une Mission dans l’enceinte de la capitale. Après la Libération, la tension avec le gouvernement provisoire s’apaisa sensiblement. Son réformisme fut de surcroît accueilli avec une certaine ferveur par les catholiques français.

 

C’est la sinueuse trajectoire de ce prélat clair-obscur que retrace avec une grande habileté Jean-Pierre Guérend dans le présent ouvrage.

 

 

 

 

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