09/3/2015

Climat : fournir aux plus pauvres la meilleure technologie


Le 9 mars 2015, Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours de la 28e session du Conseil des droits de l’homme sur le thème des ‘obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable’. Il s’agit pour les États de trouver un équilibre entre la protection de l’environnement et d’autres intérêts légitimes de la société. Cet équilibre doit être raisonnable et ne pas entraîner des violations injustifiées des droits humains.



Intervention de Mgr Tomasi au Conseil des droits de l’homme

 

 

« Aider les personnes pauvres et vulnérables » qui souffrent des conséquences du changement climatique est « une question de justice », affirme le Saint-Siège qui préconise de « mettre à leur disposition le meilleur de la technologie » pour atténuer les effets négatifs.

 

Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours de la 28e session du Conseil des droits de l’homme (2-27 mars 2015), sur le thème des « obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable », ce 9 mars.

 

« La jouissance d’un environnement durable est une question de justice, de respect et d’équité », a-t-il déclaré en faisant observer que la dégradation de l’environnement pouvait « porter atteinte » à « un large éventail de droits de l’homme ».

 

C’est une question de justice d’aider les plus pauvres

 

Pour le Saint-Siège, la protection de l’environnement doit aujourd’hui être abordée du point de vue de trois déclinaisons de la justice : la justice « contributive » où « tous doivent contribuer en fonction de leurs possibilités financières et technologiques » ; la justice « distributive », afin de « fournir à chaque pays le savoir-faire et la possibilité de développer, de produire des biens et de fournir des services » ; enfin, la justice « réparatrice » qui implique « que ceux qui ont davantage bénéficié de l’utilisation des ressources naturelles, et qui ont davantage endommagé l’environnement, ont une obligation particulière de travailler à sa restauration ».

 

C’est en effet « une question de justice d’aider les personnes pauvres et vulnérables qui souffrent de causes qui pour la plupart ne sont pas de leur fait et qui sont au-delà de leur contrôle » : « Une étape concrète consisterait à mettre à leur disposition le meilleur de la technologie d’adaptation et d’atténuation » du changement climatique, a estimé Mgr Tomasi.

 

Alors que « tous les regards sont tournés vers la 21e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui aura lieu à Paris en décembre 2015 », le Saint-Siège souhaite que cet événement aboutisse à « une entente sur un régime international post-2020, où toutes les nations du monde, y compris les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, s’engagent dans un accord universel sur le climat » : « là, les pauvres et les riches seront gagnants », a-t-il insisté.

 

« La responsabilité de protéger l’environnement, dans les pays développés ou les pays en développement, repose sur les épaules de tous », a ajouté Mgr Tomasi qui préconise de « tenir compte des bonnes pratiques » en la matière, sans tourner le dos au « travail urgent qui reste à faire », en pensant « aux générations futures ».

 

Droits de l’homme et environnement

 

Les États sont appelés à « prendre en considération les droits humains lors de l’élaboration de leurs politiques environnementales », a poursuivi Mgr Tomasi : ils doivent, « dans toutes les actions liées au changement climatique, respecter pleinement les droits de l’homme ».

 

L’archevêque a également souligné « l’obligation d’adopter des cadres juridiques et institutionnels qui protègent contre les atteintes à l’environnement… y compris les dommages causés par des acteurs privés ».

 

Il s’agit pour les États de « trouver un équilibre entre la protection de l’environnement et d’autres intérêts légitimes de la société ». Cet équilibre « doit être raisonnable et ne pas entraîner des violations injustifiées des droits humains ».

 

Le Saint-Siège encourage en ce sens la préparation de « rapports de durabilité », qui « décrivent les impacts économiques, environnementaux et sociaux des activités quotidiennes des entreprises », afin d’en « mesurer l’impact » sur les droits de l’homme et l’environnement.

 

 

 

© Source : Zenit. 9 mars 2015

Crédit photo : Photo Oswaldo Rivas, Archives Reuters