21/3/2014

Colloque 2014 : Les blessures de l’Histoire, des mots pour le dire


Dans le cadre du 100e anniversaire de la 1ère Guerre mondiale, le colloque 2014 de Pax Christi se tiendra sous la présidence de Mgr Stenger, Président de Pax Christi, le samedi 29 mars 2014 à l’Institut catholique de Paris, avec comme thème « 1914-2014. Les blessures de l’Histoire, des mots pour le dire ». Les intervenants sont l’historien Etienne François, la théologienne Lytta Basset et Marthe Cohn comme grand témoin exceptionnel.



Colloque de Pax Christi France

– Samedi 29 mars 2014 –

 

1914-2014

Les blessures de l’Histoire. Des mots pour le dire…

 

 

Les journées nationales du mouvement Pax Christi, largement ouvertes au grand public, ont réuni également les délégations des régions françaises lors de ce Colloque à l’Institut catholique de Paris à l’occasion du centenaire de 1914.

 

Le colloque est ouvert par Mgr Stenger, Président de Pax Christi France par ces propos : « convertir notre regard à l’autre à l’occasion de cet anniversaire de l’histoire et de la conscience humaine de la guerre en Europe… »

 

Trois témoins interviendront :

* Etienne François, professeur en Sorbonne et à Berlin, spécialiste de l’histoire de la première guerre mondiale,

* Marthe Cohn juive française, agent de renseignement français infiltrée dans l’Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale,

* Lytta Basset protestante, théologienne professeur à l’université de Neuchâtel et  engagée dans plusieurs associations pour le développement durable et contre la violence.

 

1 – Etienne François tentera de répondre à quatre questions lors de sa conférence.

 

  • Pourquoi  l’Europe entrera dans une logique belliqueuse dans ce continent où de nombreux chrétiens refusent tout appel à la guerre et prônent la paix des nations ?
  • La durée de la guerre, longue, de quatre ans ?
  • Echec de toutes les tentatives de paix ?
  • Les chrétiens partagent des deux côtés franco et allemand la logique d’une guerre juste, cause ultime de l’histoire des peuples ?

 

Tandis que l’opinion publique en son ensemble partage la conviction que toute guerre est désormais impossible en Europe, l’assassinat du Duc Ferdinand par une main armée serbe  provoque un revirement et entame une escalade de menaces entre les pays.

 

Les deux Alliances qui gouvernent d’un côté la France et ses partenaires, l’Allemagne de l’autre coté et ses alliés, de valeur égale et fragile, nourriront le jeu des  intrigues, les rapports de force et de défiance qui provoquent à terme la logique irréfragable de la guerre.

 

La subsistance de conflits ethniques dans les Balkans, le délai de réaction mal contenu à ces phénomènes malsains pour la paix du continent européen, la logique des nationalismes au sein de l’Europe, le jeu d’alliances et de menaces sur le terrain des armes, deviendront au fil du temps une réelle menace de guerre offensive après avoir été en ses débuts, un objectif national de gestion défensive des intérêts propres de chacun vis à vis de ses voisins.

 

Etienne François évoque le manque de préparation des officiers à la guerre, la mauvaise évaluation des forces réelles en présence en hommes et en matériel, les provocations et les défis dans les menaces qui dameront le sol et les esprits pour affirmer le droit d’une guerre juste contre les inhumanités en cours…

 

Cette descente dans la logique guerrière causera  au final trois millions de victimes principalement pour moitié en France et autant en Allemagne.

 

Mort pour quoi ? Demandera le conférencier…

 

L’idée d’assoir une défense nationale l’emportant sur toute autre considération possible, chacun s’enfermera dans sa logique patriote résumée par Bergson par cette phrase, « La guerre du droit est justifiée contre toute autre considération morale et personnelle. »

 

Les tentatives de paix menées par le pape Pie X, « je ne bénirai que la paix, je ne bénirai pas les militaires », la Lettre invitatoire du pape Benoît XV à l’heure de 1914 à la paix ne seront pas entendues, bien souvent ni par les évêques, ni les clercs eux mêmes.

 

Les popes russes armant de courage et de bénédictions les soldats envoyés sur le Front pour soutenir les soldats français contre l’armée allemande se verront entendre, « en avant avec Dieu, il sera avec nous comme avec nos ancêtres » !

 

L’Eglise en France fournira 30 000 prêtres soldats plus les séminaristes en 1914, « dans la spirale meurtrière du combat pour une cause où faire la guerre est imiter le sacrifice du christ donné pour sauver la nation en danger, dans la communion de ces volets doubles du salut et de la défense patriote réunis »

 

En concluant son intervention Etienne Français interroge encore, « pourquoi si peu de désertions au nom de la conscience du devoir tuer d’autres chrétiens sur  le front de la guerre, si peu de clauses morales pour juger la logique même de la guerre, et non les circonstances qui ont conduit aux hostilités en 1914 » !

 

2 -Le témoignage  suivant est recueilli par un livre écrit par Marthe Cohn, un livre de courage et de force de conviction de la part d’une juive dont une partie de la famille connaîtra la déportation, tandis que Marthe choisira toute jeune le terrain de l’engagement personnel contre les nazis..

 

3 – Lytta Basset  évoquera sous le titre « Oser la bienveillance au milieu de l’horreur et de la mort dans la guerre, pour l’humanité et son devenir. »

 

Au fil d’un regard bienveillant, inspiré par le dieu biblique, aimant et voulant cet amour en partage pour l’humanité, Lytta Basset développera une lecture positive du thème de Zachée en quête de sens de sa vie.

 

Dans le temps de Dieu, le rejet des apparences, le devoir de rester debout dans sa vie, la compréhension d’autrui dans les limites du présent de son être, l’influence sur autrui par notre compagnie, le sens des relations altruistes de toute personne, le désir de bienveillance qui se gagne, la capacité désirable de l’aide de l’autre qui restaure par le fait même notre aptitude à devenir social…

 

 * * *

 

Trois interventions diverses, un regard d’historien chrétien, un engagement juif personnel pour la vie et la liberté, comme réponse éthique, une lecture spirituelle et commentée de la vie chrétienne au détour de l’histoire de la conscience illustrèrent le programme 2014 du colloque annuel Pax Christi  à Paris.

 

 

 

Père François ESPONDE

Pax Christi Bayonne

 

 

 

 

 

 

 

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