25/1/2016

Colloque 2016 : Les médias et la paix, acteurs ou complices ?




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Colloque

– Samedi 5 mars 2016 –

 

 

 

“Les médias et la paix” 

Acteurs ou complices ? Qu’attendons-nous d’eux ?

 

 

Colloque organisé par

Pax Christi France et Chrétiens de la Méditerranée

en partenariat avec le quotidien La Croix

 

sous la présidence de Monseigneur Marc Stenger,

Président de Pax Christi France

 

et Monsieur Jean-Claude Petit,

Président de Chrétiens de la Méditerranée

 

 

 

 

Télécharger :

Tract du colloque 2016 >> 

 

 

Argument :  

 

La paix trop méconnue de l’univers médiatique

Un colloque pour réfléchir et échanger

 

 

Moins terrifiantes que les deux tragédies qui ont ensanglanté le XXème siècle, les nombreuses guerres d’aujourd’hui aux quatre coins de la planète n’en font pas moins des dizaines de milliers de morts, de blessés, de réfugiés. Et alimentent chez ceux qui en souffrent ce que Jean Ziegler, fidèle défenseur des droits de l’homme, appelle dans l’un de ses livres « la haine de l’Occident ».

 

Autant de victimes innocentes, dans un monde où, désormais, tout se sait, se voit, se dit, devrait nous conduire à nous intéresser prioritairement à la paix. D’autant plus, on le perçoit bien, que l’inquiétude grandit un peu partout, allant jusqu’à intégrer non plus seulement l’idée mais le pressentiment d’un choc des civilisations.

 

Or, que se passe-t-il ? Des principaux conflits, bien sûr, nos écrans demeurent friands. Encore faut-il un nombre conséquent de victimes, un risque réel pour nos intérêts nationaux et une durée raisonnable qui ne casse pas l’audience. Veilleur intraitable, le roi Audimat est en effet le maître du jeu. On comprend dès lors que des explications un peu fournies sur les raisons d’un conflit, ses évolutions, ses chances de solutions ou ses risques d’aggravation soient au régime sec. Les cartes détaillées des pays concernés, encore plus. Quant à la signification un peu précise des mots « talibans », « chiites et sunnites », « minorités en tous genres », et bien d’autres, non, décidément, on n’a pas le temps s’y attarder.

 

En n’allant pas suffisamment à la racine de tout ce qui aujourd’hui menace la paix, l’univers médiatique en arrive à desservir la construction de la paix elle-même, indispensable à l’équilibre et à la sécurité du monde multipolaire dans lequel nous sommes entrés. Il est vrai que le temps de la paix et celui de l’audiovisuel et des réseaux sociaux ne marchent pas du même pas. Le premier vise le long terme et se nourrit de patience et de complexité tandis que le second vise l’instant et se nourrit de l’impatience du scoop et de simplifications souvent abusives. Le premier s’efforce à la lente mise en œuvre et à la difficile recherche d’un accord équitable tandis que le second « travaille au profit d’un espace public voué à la distraction et où tout se vaut » ainsi que l’écrivait déjà, en 2003, l’universitaire américain Neil Postman[1].

 

Face à la dictature de l’immédiat dans laquelle nous vivons et à la « globalisation de l’indifférence » que dénonce le pape François, le moment n’est-il pas venu de mieux accorder ces deux temps ? Et de faire en sorte que le souci de la paix soit mieux partagé ? Pour l’avenir même de nos enfants.

 

C’est très exactement le sens du colloque organisé le samedi 5 mars à Paris par « Pax Christi et Chrétiens de la Méditerranée » en partenariat avec nos amis de « La Croix ».

 

Venez nombreux nous y rejoindre.

 

 

Jean-Claude Petit

Président de Chrétiens de la Méditerranée

Le Réseau citoyen des acteurs de paix

 

__________

[1] Cité par Jean-Claude Guillebaud, Téle-Obs du 14 septembre 2013

 

 

Lieu :

Centre Sèvres

35bis, rue Sèvres – 75006 Paris

(Métro Sèvres-Babylone, ligne 10 ou 12)

 

 

Participation aux frais :

15 €

10 € pour les adhérents Pax Christi, Chrétiens de la Méditerranée et pour les jeunes de moins de 26 ans.

 

 

Programme :

 

9h10 : Mot d’accueil des présidents

 

– Matinée –

Les Médias, La Paix et Nous

 

 

9h20 : Les médias ont-ils vocation à être acteurs de Paix ?

L’Ethique du journalisme présentée par Roland Cayrol, ex-professeur du cours “Ethique des Médias et le la communication” à Sciences Po,

avec Arnaud Mercier, de l’Institut français de presse.

 

10h00 : Qu’en est-il de la réalité ? Ou les contraintes du métier.

Témoignages et analyses

avec Laurent Larcher, journaliste à La Croix

et Slimane Zeghidour, grand reporter à TV5 Monde

 

11h00 : Table ronde : Qu’attendons-nous des médias ?

avec les intervenants du matin

 

12h00 : Synthèse de la matinée 

par le Père Paul Valadier, sj

 

12h30 – 14h00

Pause déjeuner

 

 

– Après-midi –

Zoom sur « Guerre et paix en Israël/Palestine

et au Proche-Orient

 

Vues par les medias là-bas et ici

 

 

14h00 : Les données des archives sur les éléments communiqués

par Isabelle Avran, journaliste

 

14h20 : Comment les opinions publiques palestiniennes et israéliennes sont-elles informées  du conflit qui oppose les deux états ? Comment la paix est-elle abordée ?

par Michel Warschawski, journaliste israélien et pacifiste

 

15h00 : Témoin et acteur de paix au cœur du conflit

par Abdelfattah Abu Srour, directeur du Centre Al-Rowwad pour la Culture et le Théâtre, camp de réfugiés d’Aïda, Bethléem

 

16h20 : Le traitement des conflits au Proche-Orient par les médias

par Pierre Servent, ancien journaliste au Monde et à La Croix, auteur de “La trahison des médias”

 

17h00 : Relecture de la journée 

 

 

Compte-rendu :

 

Sous ce thème bien d’actualité Pax Christi France et Chrétiens de la Méditerranée ont proposé leur colloque annuel au Centre jésuite Sèvres de Paris en partenariat avec La Croix.

 

 Mgr Marc Stenger président de Pax Christi et Jean Claude Petit président de Chrétiens de la Méditerranée ont introduit le programme.

 

Premier volet : les médias, la paix et nous ?

 

Laurent Cayrol, politologue et ancien professeur à Sciences Po sur “éthique des médias et de la communication”, précise combien la responsabilité des médias est considérable sur ce sujet car ils peuvent changer les règles, imposer leurs techniques, personnaliser les conflits.

 

La perte de confiance générale de l’opinion sur les institutions produit un état civique individualisé, de libre service des informations.

 

Le journaliste devient un nouveau prêtre pour interpréter le monde, et dire la vérité sur l’avenir du monde.

 

Le politologue analyse l’état de l’institution  soumise à la concentration des effectifs, à la pression du pouvoir sur la diffusion des informations,  et à la concurrence frontale des réseaux sociaux  de la presse numérique et des journaux…

 

Arnaud Mercier, spécialiste de ces nouveaux canaux des médias internet, postule que “la première victime de la guerre, c’est la vérité des faits” ! 

 

Par des exemples d’informations de la guerre, et du contrôle dirigé des sources, l’instrumentalisation des médias par les belligérants peuvent déformer l’objectivité première.

 

Les médias sont aussi  les cibles de toutes les guerres, vouloir comprendre les logiques médiatiques est un impératif éthique pour confirmer leur mission, craindre la compétition au commentaire et à l’image des reportages, analyser leur effet sur le récit de la guerre demeurent des enjeux de paix contenus dans toute guerre au cours des hostilités.

 

Arnaud Mercier pose la question du journaliste actif de la guerre ou témoin de la paix dans le panorama diversifié du monde de l’information aujourd’hui dont les codes d’interprétation ne sont plus les mêmes, car “le professionnel de l’information doit plonger sa plume dans la plaie du réel , sans vouloir intoxiquer son public, ni véhiculer des idées de patriotisme vecteurs dirigés de toute guerre.”

 

Laurent Larcher à la Croix, Slimane Zeghidour, rédacteur à TV5 monde, Anne Guion du magazine la Vie étaient invités comme  grands reporters pour donner leur témoignage personnel sur les enquêtes de terrain réalisées pour leurs médias.

 

Reporters sans frontières donne tous les ans le nombre de professionnels victimes d’un travail le plus près du terrain des conflits soumis aux menaces, aux pressions, au traquenards des belligérants, aux enlèvements, le journaliste de terrain doit vérifier sur place et souvent seul la vérité de ce qu’il voit, entend et constate..

 

A la fin de la matinée Paul Valadier jésuite fit la relecture de ces interventions du matin.

 

L’après midi ouvrit à réflexion sur les espaces de conflits d’aujourd’hui.

 

Zoom sur guerre/paix en Israël /Palestine

 

En présence de Monsieur l’ambassadeur de Palestine en France, Isabelle Avran journaliste à Nouvelle Vie ouvrière a affirmé que “l’objectivité et la neutralité  journalistique n’existent pas”. Le conflit de cette terre le plus médiatisé et le plus emblématique du monde continue et le travail du journaliste à équidistance ou neutralité professionnelle du sujet reste quasi impossible..

 

Les deux grands témoins du conflit, le pacifiste israélien Michel Warschawski, président du Centre d’information alternative de Jérusalem et Abdelfattah Abu Srour, fondateur du Centre culturel al Rowad à Bethléem en Cisjordanie ont dit l’extrême difficulté actuelle de commenter et d’analyser le sujet dans un espace d’occupation de territoires où toute initiative de paix est soumise à toutes les violences bilatérales de l’histoire depuis 1967.

 

Pierre Servent, ancien militaire, spécialiste de la guerre et des questions de défense, journaliste et intervenant à BFM-TV et France 2 a évoqué le contenu de son dernier livre Extension du domaine de la guerre aujourd’hui. 

 

L’histoire contemporaine est un retour au passé de conflits que l’on croyait dépassés par la paix. Le fondamentalisme religieux est revenu par Daesh et selon quelque probabilité pour trente ans à venir, car éradiquer le terrorisme sera une périlleuse entreprise longue, et qui demandera de chacun de la persévérance à la guerre pour rechercher un jour des chemins de paix. 

 

Certains chefs d’états cités, Bush pour les uns, Poutine, le président chinois, le chef de l’état turc Erdovan sont les acteurs d’une “démocrature”, démocratie et dictature conjuguées, pour mener leur ambition de restaurer des empires et de nouvelles zones d’influences dans une carte du monde revisitée par ces politiques prompts à la guerre et à l’engagement pour leur cause.

 

 A ces guerres la réponse des militaires ne suffira pas et l’engagement religieux des nouveaux convertis de la guerre en chaque camp ouvre à frais nouveaux un devoir spirituel de vouloir comprendre les raisons de ces nouvelles formes de croisades modernes qui pavoisent la carte des conflits dans le monde.

 

Le rédacteur en chef du journal La Croix Dominique Greiner concluant la tenue de la journée d’étude de Paris a souligné combien “l’usage et le choix des mots du vocabulaire dans la presse était obsédant car les médias ont une responsabilité politique civile, pour ouvrir les yeux des lecteurs aux réalités du moment sans perdre le goût de l’espérance du temps à venir telle que contenue dans la dernière lettre du pape François Laudato si, (Que l’éternel soit loué), avec les professionnels de la presse qui deviennent eux mêmes de concert avec leurs lecteurs”.

 

Par ce colloque dans l’actualité du temps, Pax Christi renouait avec ses premières armes, d’être un espace de la paix comme le furent les pionniers du mouvement dans le passé dans le dialogue avec l’Allemagne après 45, puis encore dans la recherche de dialogue avec les incroyances, les philosophes marxistes, les pensées nihilistes, le sujet constant de la menace nucléaire, aujourd’hui comme de droit avec les belligérants des guerres modernes et les réseaux d’informations qui les diffusent sur leur toile internationale.

 

 

Père François Esponde

Pax Christi Bayonne

 

 

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