23/3/2015

Eglise et universités pour la promotion « du vivre ensemble » en Côte d’Ivoire


Du 17 au 19 mars 2015, un Colloque international s’est tenu à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest/ Unité universitaire d’Abidjan-Cocody, ayant pour thème : « Vivre ensemble dans un environnement multiculturel : le denier des universités ». Mgr Barthélémy Adoukonou, Secrétaire du conseil pontifical pour la culture, était présent, dont le dicastère a parrainé ce colloque international qui avait comme finalité, de poser la question du vivre ensemble face à la montée des nationalismes et des extrémismes religieux, politiques, culturels.



 

Le  colloque international sur « le vivre ensemble dans un environnement multiculturel : le denier des universités » organisé par l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest Unité Universitaire d’Abidjan (UCAO/UUA) s’est refermé le 19 mars au sein de la dite université sis à Abidjan Cocody.

 

Ouvert le mardi 17 mars ce colloque international a enregistré la participation de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan Cocody, de l’Université de Montréal, et de l’Institut Catholique de Paris. Trois jours de travaux et d’échanges ont permis de passer en revue les différentes modalités d’un vivre ensemble apaisé. Les experts  venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique ont réfléchi sur les différentes manières pour une articulation harmonieuse des perceptions afin que l’Eglise et l’université puissent être des facteurs d’une promotion ‘’d’un vivre ensemble ‘’à l’échelle mondiale.

 

11 recommandations ont été adoptées

 

Au soir de ce colloque 11 recommandations ont été adoptées :

 

  • L’exigence pour l’université de surmonter son divorce d’avec la Société ;
  • La nécessité pour l’institution universitaire de s’ouvrir aux divers paradigmes de la raison afin de créer le cadre d’un dialogue entre les différentes conceptions de l’humain véhiculées par les diverses religions ;  
  • La reconstruction de l’imaginaire face à un monde de plus en plus intégré ;
  • Le renouvellement du regard de l’Université et de l’Eglise sur le monde numérique en le reconsidérant dans ses valeurs fondamentales d’informations et d’échanges communicationnelles en tant que paradigme et vivier du vivre-ensemble ;
  • Le renforcement de la coopération entre la Fédération Internationale des Universités Catholiques ;
  • La promotion d’une théologie pratique et plus précisément une théologie hospitalière qui recherche une ouverture à l’altérité ;
  • L’édification d’une théologie publique de la diversité se reliant à la problématique de l’interculturalité ;  
  • La promotion des identités multiples en antidote aux identités meurtrières ;  
  • La diffusion par l’Eglise et l’université de l’idée selon laquelle la paix et le progrès ne se construisent mieux dans un espace d’interculturalité ;
  • Le devoir pour l’Eglise de fixer les cadres de la civilisation de l’amour ;
  • La condamnation au moyen d’une ardeur missionnaire de toute idée fondée sur l’intégrisme et le fondamentalisme religieux.

 

Rappelons que la cérémonie de clôture de s’est déroulée en présence du Nonce apostolique en Côte d’Ivoire Mgr Joseph Spiteri, de son éminence Théodore Cardinal Adrien Sarr Grand Chancelier de l’UCAO et de Mgr Barthélémy Adoukonou Secrétaire du conseil pontifical pour la culture dont le dicastère a parrainé ce colloque international qui avait comme finalité, de poser la question du vivre ensemble face à la montée des nationalismes et des extrémismes religieux, politiques, culturels.

 

 

© Source : Radio Vatican. 23 mars 2015

 

 

 

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Pour Mgr Adoukonou, l’Interculturalité

se vit « à partir de l’Eglise d’Afrique »

 

 

Du 17 au 19 mars 2015, s’est tenu à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest/ Unité universitaire d’Abidjan-Cocody (UCAO/UUA) , un Colloque international ayant pour thème : « Vivre ensemble dans un environnement multiculturel : le denier des universités ».

 

Cette rencontre qui s’inscrivait dans le cadre des festivités marquant les 15 années d’existence de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que l’a rappelé Adrien Cardinal SARR, Grand chancelier de l’UCAO a vu la participation effective de plus de 400 participants issus d’Afrique d’Amérique et d’Europe. Ceux-ci ont interrogé dans une perspective philosophique et théologique les ressorts d’un possible vivre-ensemble doublement fondée aux plans scripturaire et séculier.

 

Mgr Barthélémy Adoukonou Secrétaire du conseil pontifical pour la culture qui a pris part à ce colloque internationale promue par son dicastère a notamment axé son propos sur « La culture au service du vivre ensemble » en s’appuyant sur son Dicastère « comme forme théologique de l’interculturalité en acte ». Selon lui, c’est au Concile Vatican II qu’a été traité pour la première fois « la question de la culture au sens ethnologique et anthropologique et non plus seulement au sens élitiste. »

 

Tout en soulignant la nécessité de différencier sécularité et sécularisme, le Secrétaire du conseil pontifical pour la culture fait remarquer que l’aggiornamento voulu par Jean XXIII au cours du concile Vatican II ne visait pas seulement « un simple ajustement de formes extérieures mais l’exigence d’une descente dans les profondeurs anthropologiques des peuples. C’est ce que la globalisation, ajoute-t-il, nous permet aujourd’hui d’expérimenter, quelquefois de manière tragique avec le choc entre l’Islam et les principes républicains de l’Europe, ou avec l’affrontement entre le Boko Haram et certains Etats africains jugés à la remorque d’un Occident sans Dieu et dépravé. Une large partie de l’Occident fait-il encore remarquer, a en effet engagé une herméneutique de la rupture dont le résultat final est ce que avec Jean-Paul II on a pu appeler l’apostasie de l’Europe. »

 

D’où il résulte une approche théologique chrétienne, à travers la Croix du Christ et l’Ecclésiologie.

 

Mgr Barthélémy Adoukonou Secrétaire du conseil pontifical pour la culture, conclut son propos en invitant les Universités et Instituts catholiques africains à aller plus loin en sortant de « la bilatéralité Afrique-Occident » pour approfondir les « cultures d’oralité qui sont celles de leurs peuples » ce qui permettra « d’accueillir l’interpellation chrétienne du rapport Créateur créature, sans se sentir aliéné. »

 

Rappelons que c’est le 19 mars que Mgr Adoukonou a clos ces assises en promettant rapporter au Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture, « l’espoir né durant ces assises pour une articulation toujours plus vivante de l’Interculturalité à partir de l’Eglise d’Afrique. »

 

 

 

© Source : Radio Vatican. 23 mars 2015