16/2/2018

Une délégation palestinienne, en visite en France, a rencontré Pax Christi France le 14 février 2018


Une délégation palestinienne, en visite en France, a rencontré Pax Christi France le 14 février 2018 dans ses bureaux. En l’absence de son Président, Mgr Marc STENGER, blessé et dans l’incapacité de se déplacer, la délégation a été reçue par Mme Catherine BILLET, Déléguée Générale du Mouvement.



Paris, le 14 février 2018

Une délégation palestinienne, en visite en France, a rencontré Pax Christi France le 14 février 2018 dans ses bureaux. En l’absence de son Président, Mgr Marc STENGER, blessé et dans l’incapacité de se déplacer, la délégation a été reçue par Mme Catherine BILLET, Déléguée Générale du Mouvement.

 

Cette délégation était composée du Sheikh Mohammed HUSSEIN (Mufti de la Terre Sainte et imam de la mosquée AL AQSA), de M Adnan HUSSEINI (Gouverneur de Jérusalem et membre du comité présidentiel suprême pour les affaires de l’Eglise), de Mme Vera BABOUN (membre du comité présidentiel suprême pour les affaires de l’Eglise, et ancienne Maire de Bethléem), de Mme Amira HANANIA (Présidente du comité présidentiel suprême pour les affaires de l’Eglise), de M Mousa HADID (Maire de Ramallah et membre du Comité présidentiel suprême pour les affaires de l’Eglise), du Père Johnny ABU KHALIL (Représentant de l’Eglise catholique), du Père Castantine KARMESH (Représentant de l’Eglise orthodoxe), et du Dr Ramzi KHOURY (Président du Fonds National Palestinien). Nos deux premiers invités se sont exprimés au nom de l’ensemble de la délégation.

 

La délégation est venue exprimer auprès de Pax Christi France son désir de paix pour la Terre Sainte, cette terre qui devrait, portée par les appels à la paix des messagers des trois grandes religions monothéistes, être exemplaire dans ce domaine.

 

Malheureusement, elle ne peut qu’y déplorer la souffrance du peuple palestinien, chrétiens et musulmans liés, dans tous les domaines : souffrances alimentaires, difficultés d’accès aux Lieux Saints, restrictions à la liberté de circulation, négations de leurs droits politiques et économiques, injustices de toutes sortes sont le lot des Palestiniens aujourd’hui. Cette souffrance est organisée par l’Etat d’Israël, soutenu aujourd’hui plus qu’hier par l’administration américaine. La déclaration, le 6 décembre 2018, du Président TRUMP reconnaissant Jérusalem comme la capitale de l’Etat d’Israël nie les droits des Palestiniens (chrétiens et musulmans réunis), impose au monde la vision politique d’Israël, soutient la colonisation par Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, et bafoue le droit international du monde libre.

 

Le rêve sioniste d’un effacement progressif de la nation palestinienne ne se produit pas, et le peuple palestinien, y compris sa jeunesse, continue et continuera à résister pour ses droits et pour ses Lieux Saints. Les Palestiniens ont accepté, par les accords d’Oslo, de constituer un Etat sur 22 % de la Palestine historique, Etat qui devait voir le jour cinq ans après la signature de ces accords. Malheureusement, cette négociation n’a été qu’une duperie qui a permis à Israël de gagner du temps pour poursuivre sa politique de colonisation des Territoires Occupés depuis 1967 et de judaïsation de Jérusalem.

 

La lassitude gagne la population. Il y a urgence ! Chrétiens et musulmans palestiniens sont très unis mais beaucoup de chrétiens quittent la Terre Sainte pour assurer un meilleur avenir à leurs enfants. La disparition des Chrétiens représente deux risques majeurs. Tout d’abord religieux. Si les communautés issues de la Pentecôte partent, Jérusalem ne sera plus un lieu de foi mais un musée. D’autre part, cela permettrait, sur le plan international, de ramener le conflit politique israélo/palestinien à une tension religieuse judéo-islamique, beaucoup plus facile à porter dans l’opinion publique internationale.

 

Aujourd’hui, le temps joue contre le peuple palestinien qui veut la paix dans la justice. La délégation demande l’aide de ses interlocuteurs pour agir auprès de leurs Gouvernements pour la reconnaissance rapide de l’Etat de Palestine, première étape dans cette solution « des 2 Etats » que prônent officiellement leurs diplomaties. Un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël est en effet le souhait de tout le peuple palestinien et le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud ABBAS ira demander cette reconnaissance de l’Etat palestinien à l’ONU fin février 2018.

 

Catherine BILLET exprime la compassion de Pax Christi France pour le peuple palestinien et pour ses souffrances. Elle évoque le contexte français et les difficultés rencontrées pour faire avancer la cause palestinienne et précise que les positions du mouvement sont fondées sur les valeurs qu’il défend. Parce qu’il n’y a pas de paix sans justice et sans respect des droits, Le mouvement est engagé dans un combat pour la justice, le respect du droit international, des Droits humains et du droit humanitaire international, et rappelle dans cette ligne le communiqué publié par le mouvement (disponible sur son site http://www.paxchristi.cef.fr/v2/jerusalem-2-peuples-3-religions/) au lendemain de la déclaration TRUMP, refusant toute solution unilatérale et non négociée pour Jérusalem. Ce communiqué demande aussi explicitement au Gouvernement français la reconnaissance rapide de l’Etat de Palestine. Catherine BILLET évoque enfin les prochains projets de Pax Christi France en soutien au peuple palestinien.