01/4/2015

Développement : les religions sont une solution, non un problème


Le 27 mars 2015, Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à New-York, est intervenu lors de la Consultation sur ‘Le lien entre le dialogue interreligieux et intercivilisationnel et les objectifs de développement durable de l’après-2015’. “Le dialogue interreligieux est un dialogue de vie dans lequel différentes parties ont le courage de rencontrer les autres tels qu’ils sont, reconnaissent les valeurs qu’elles ont en commun et commencent à travailler ensemble pour que ces valeurs partagées se reflètent dans la société.”



Mgr Auza participe à un débat onusien sur l’intérêt du dialogue interreligieux

 

 

« La foi religieuse est un bien pour la société » et elle « devrait faire partie de la solution et non du problème », pour atteindre les objectifs de développement durable, affirme le Saint-Siège.

 

C’est ce qu’a déclaré Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à New-York, lors de la Consultation sur « Le lien entre le dialogue interreligieux et intercivilisationnel et les objectifs de développement durable de l’après-2015 », le 27 mars.

 

Les religions défient l’extrême pauvreté

 

L’archevêque a d’abord souligné le rôle des religions et des organisations confessionnelles pour l’éradication de la pauvreté, notamment « l’aide qu’elles fournissent à ceux qui essaient de s’émanciper des différentes formes d’extrême pauvreté ».

 

« Selon le président de la Banque mondiale, le Dr Jim Kim, même avec les prévisions de croissance optimistes pour les 15 prochaines années, le taux de la population mondiale extrêmement pauvre ne pourrait être réduit, des 14,5% actuels, qu’à 7% en 2030. Toutefois, avec la collaboration des organisations confessionnelles ou civiques, nous pourrions faire baisser ce chiffre à 3% », a-t-il rapporté.

 

Mgr Auza a précisé l’identité des religions et organisations confessionnelles, ni entités économiques ou politiques, ni Banque mondiale ou Nations-Unies parallèles : « Leur force ne repose pas sur des ressources matérielles ou sur une expertise scientifique mais sur le fait qu’elles sont une force spirituelle et une boussole morale, qu’elles sont des “facilitateurs” qui rendent les individus et les sociétés capables de reconnaître et de respecter la dignité inhérente de chaque personne humaine. »

 

Elles « se soucient de l’épanouissement de toute la personne humaine », a-t-il poursuivi : « Parce que le progrès humain est une partie intégrante de leur vision et de leur mission, outre des lieux de culte, elles construisent aussi des centres qui édifient les communautés, des hôpitaux, des écoles et des universités. »

 

L’archevêque a détaillé leur apport : « Enracinées localement, elles ont une connaissance de première main des nombreuses formes de pauvreté et d’inégalités. Elles ont une crédibilité sur le terrain et une expertise fondée sur les faits. Leur présence localement favorise le dialogue au sein des communautés. Grâce à leur réseau universel, elles sont les avocats efficaces de causes comme l’éradication de l’extrême pauvreté et la promotion de sociétés justes et pacifiques. »

 

Les religions au service de la paix

 

Il a constaté en effet que « les responsables religieux et les croyants jouent un rôle majeur dans le combat pour la paix et la justice en défendant les droits de l’homme, en accueillant les personnes marginalisées, en mettant fin à différentes formes d’exploitation, de traite et de violence… ».

 

Il a expliqué : « La force des religions et leur coopération pour promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives indispensables au développement, repose sur leur capacité à élever et à former des prophètes et des bâtisseurs capables d’inspirer une action concrète, de développer des rapports de proximité avec les individus et les communautés et de rassembler les personnes pour les faire travailler ensemble à quelque chose de plus grand qu’elles. »

 

Mais devant « les cas de violence qui montrent le côté sombre de la passion religieuse lorsqu’elle se sépare de la raison », Mgr Auza a plaidé pour le « dialogue interreligieux », qui est un « cheminement mutuel » construisant « des ponts plutôt que des murs ».

Ce dialogue « commence par la conviction que les autres ont quelque chose de bon et de valable à dire, en portant son attention sur ce qu’on a en commun plutôt que sur les différences, en embrassant plutôt qu’en excluant. Il n’ignore pas les différences… mais il cherche à comprendre ces différences et traite les personnes différentes avec respect ».

 

« Le dialogue interreligieux est un dialogue de vie dans lequel différentes parties ont le courage de rencontrer les autres tels qu’ils sont, reconnaissent les valeurs qu’elles ont en commun et commencent à travailler ensemble pour que ces valeurs partagées se reflètent dans la société », a ajouté l’archevêque qui a cité parmi ces valeurs « la conviction que la foi religieuse est un bien pour la société et qu’elle devrait faire partie de la solution et non du problème ».

 

Mgr Auza a conclu en citant le pape François : « le dialogue interreligieux est une condition nécessaire à la paix dans le monde » et un tel « dialogue qui cherche la paix et la justice sociales est en soi au-delà de toutes considérations purement pratiques, c’est un engagement éthique qui fait surgir une nouvelle situation sociale ».

 

 

 

Avec une traduction de Constance Roques

© Source : Zenit. 1er avril 2015