18/12/2014

Dialogue avec les luthériens : en 2017, des pas supplémentaires vers l’unité


Le pape a reçu le 18 décembre 2014 au Vatican, une délégation de l’Eglise évangélique luthérienne allemande conduite par l’évêque Gerhard Ulrich. Il souhaite que la commémoration de la Réforme par catholiques et luthériens, en 2017, soit l’occasion de “pas supplémentaires vers l’unité”. Le pape souligne l’actualité d’un domaine de dialogue entre luthériens et catholiques : la dignité de l’homme et les questions concernant la famille, le mariage et la sexualité. Le dialogue œcuménique ne peut plus être séparé de la réalité et de la vie des Eglises.



A une délégation de l’Eglise luthérienne allemande

 

 

Le pape François souhaite que la commémoration de la Réforme par catholiques et luthériens, en 2017, soit l’occasion de “pas supplémentaires vers l’unité”.

 

Le pape a en effet reçu ce jeudi matin, 18 décembre, au Vatican, une délégation de l’Eglise évangélique luthérienne allemande conduite par l’évêque Gerhard Ulrich. Il a prononcé un discours en allemand.

 

Le pape voit dans les commémorations à venir un encouragement “à accomplir, avec l’aide de Dieu et le soutien de son Esprit, des pas supplémentaires vers l’unité et à ne pas nous limiter simplement à ce que nous avons déjà atteint”. 

 

Il souligne l’actualité d’un domaine de dialogue entre luthériens et catholiques : la dignité de l’homme et les questions concernant “la famille, le mariage et la sexualité”. Le pape insiste sur le fait que “le dialogue œcuménique ne peut plus être séparé de la réalité et de la vie” des Eglises. 

 

Voici notre traduction intégrale des paroles du pape François.

 

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Discours du pape François

 

Excellence,

Hôtes illustres,

 

Je vous salue cordialement et je remercie l’évêque Ulrich de ses paroles, qui témoignent clairement de son engagement oecuménique. Je salue également les autres représentants de l’Eglise évangélique luthérienne d’Allemagne et de la Commission oecuménique de la Conférence épiscopale allemande, en visite oecuménique à Rome. 

 

Le dialogue officiel entre luthériens et catholiques peut aujourd’hui regarder ses quasi 50 ans de travail intense. Le progrès notable qui a été réalisé, avec l’aide de Dieu, constitue uns fondement solide d’amitié sincère vécue dans la foi et dans la spiritualité. En dépit des différences théologiques qui demeurent sur différentes questions de foi, la collaboration et la coexistence fraternelle caractérisent la vie de nos Eglises et de nos Communautés ecclésiales, engagées aujourd’hui sur un chemin oecuménique commun. La responsabilité oecuménique de l’Eglise catholique, comme l’a souligné, saint Jean-Paul II dans l’encyclique Ut unum sint est en effet in devoir essentiel de l’Eglise elle-même, convoquée et orientée par l’unité du Dieu Un et Trine.

 

Des textes comme la “Déclaration commune sur la doctrine de la justification” de la Fédération luthérienne mondiale et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, signée officiellement il y a quinze ans à Augsbourg, sont des pierre miliaire importantes, qui permettent de poursuivre avec confiance sur le chemin entrepris.

 

L’objectif comme de l’unité pleine et visible semble parfois s’éloigner à cause de différentes interprétations, à l’intérieur du dialogue, sur ce qu’est l’Eglise et son unité. malgré ces questions encore ouvertes, nous ne devons pas nous résigner mais plutôt nous concentrer sur le prochain pas possible. N’oublions pas que nous sommes en train de faire ensemble un chemin d’amitié, d’estime réciproque, et de recherche théologique, un chemin qui nous fait regarder l’avenir avec espérance.

 

voilà pourquoi le 21 novembre dernier, toutes les cloches de toutes les cathédrales d’Allemagne ont sonné, pour inviter en tout lieu les frères chrétiens à un service liturgique commun pour le cinquantième anniversaire de la promulgation du décret Unitatis redintegratio du concile Vatican II.

 

Je me réjouis que la Commission de dialogue bilatéral entre la Conférence épiscopale allemande et l’Eglise évangélique-luthérienne d’Allemagne soit sur le point d’achever son travail sur le thème: “Dieu et la dignité de l’homme”. Les questions relatives à la dignité de la personne humaine au début et la fin de sa vie sont d’une très grande actualité, ainsi que celle touchant la famille, le mariage et la sexualité, qui ne peuvent pas être tues ou négligées seulement parce que l’on ne veut pas mettre en danger le consensus oecuménique atteint jusqu’ici. Ce serait un péché si, sur des questions d’une telle importance liées à l’existence humaine on constatait de nouvelles différences confessionnelles. Aujourd’hui, le dialogue oecuménique ne peut plus être séparé de la réalité et de la vie de nos Eglises. 

 

En 2017, les chrétiens, luthériens et catholiques, commémoreront ensemble le cinquième centenaire de la Réforme. A cette occasion, luthériens et catholiques auront, pour la première fois, la possibilité de partager une même commémoration oecuménique dans le monde entier, non sous la forme d’une commémoration triomphaliste, mais comme profession de notre foi commune dans le Dieu Un et Trine. Au centre de cet événement, il y aura donc la prière commune et la demande de pardon intime adressée à Notre Seigneur Jésus-Christ pour nos fautes réciproques, en même temps que la joie de parcourir un chemin oecuménique partagé. C’est ce à quoi se réfère le document produit par la Commission luthérienne-catholique pour l’unité publié l’an dernier et intitulé: “Du conflit à la communion. La commémoration commune luthérienne-catholique de la Réforme en 2017”.

 

Puisse cette commémoration de la Réforme tous nous encourager à accomplir, avec l’aide de Dieu et le soutien de son Esprit, des pas supplémentaires vers l’unité et à ne pas nous limiter simplement à ce que nous avons déjà atteint. 

 

Dans l’espérance que votre visite contribue à renforcer la bonne collaboration qui existe déjà entre luthériens et catholiques en Allemagne et dans le monde, j’invoque de tout coeur la bénédiction du seigneur sur vous et sur vos communautés.

 

 

 

© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

© Source : Zenit. 18 décembre 2014