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Ecologie et création

* Auteur : Collectif sous la direction de Mgr Marc Stenger

* Editeur : Parole et Silence

* Date : octobre 2008

* Nombre de pages : 174

* ISBN : 978-2-84573-712-9

* Prix : 18 €

 

 

Ecologie et création

Enjeux et perspectives pour le christianisme aujourd’hui

 

 

Colloque organisé par la Faculté de théologie d’Angers

Université Catholique de l’Ouest

 

Ouvrage paru cette année aux éditions Parole et Silence, sous la direction de Mgr Marc STENGER. Il recueille les interventions à un colloque organisé en mai 2008 par la Faculté de théologie de l’Université Catholique de l’Ouest et constitue une réponse à une opinion  selon laquelle «  les crises écologiques actuelles ont leur cause dans la tradition judéo-chrétienne » (p.19).

 

Aussi Mgr Stenger donne-t-il une autre lecture des Ecritures et rappelle que le Pape Paul VI, dès 1970, attirait l’attention des politiques et des  experts sur « les conséquences à grande échelle qu’entraîne toute intervention de l’homme dans l’équilibre de la nature mise dans sa richesse harmonieuse à sa disposition, selon le dessein d’amour du Créateur » (p.26).

 

A cette approche de l’humanisme chrétien qui distingue l’homme de la nature, s’oppose en effet « une autre vision (…)  : la nature (et non l’environnement) est premier, l’homme est considéré et pensé comme l’un des éléments d’un tout qui le dépasse », ce qu’on nomme la « deep ecology » (article de Laurent Larcher, p.75).

 

Jean Bastaire montre que le propos de François d’Assise n’a rien perdu de sa pertinence et regrette la frilosité de l’ordre qu’il fondait au début du XIIIème siècle : « durant les siècles suivants, la peur du paganisme a empêché l’esprit franciscain de franchir le pas qu’avait fait François » (p.33). En refusant d’accorder un Père aux créatures non humaines et préférer parler de « premier principe », on préparait « le retour de ce paganisme dont on avait la hantise » et qui survint à la Renaissance (p.34).

 

Les articles sur la place des catholiques dans la protection animale ou l’agriculture biologique illustrent bien cette tradition de pensée, mais surtout celui de Jean-Pierre Ribaut, spécialiste de ces questions, qui décrit les activités concrètes des Eglises d’Europe en matière d’écologie.

 

Elargissant le propos, philosophes et sociologues nous rappellent que les rapports de l’homme et de son éco-système ont été pensés sur le mode du conflit (« la terre produira épines et chardons » Gn 3/18), aujourd’hui sur celui de la responsabilité.

 

Quant aux artistes, ils cherchent à magnifier la création, illustrant le conseil de Paul VI : « souvenez-vous que vous êtes les gardiens de la beauté dans le monde » (p.128). Les tapisseries de Dom Robert et Jean Lurçat, l’opéra « Saint-François d’Assise » d’Olivier Messiaen, l’oratorio « La Création » de Joseph Haydn, entre autres œuvres, sont ici analysés avec la précision des connaisseurs.

 

Extrait :

 

Les derniers mots du tableau prononcé par Saint François rappellent la quête de tout chrétien : « Cherchons le Royaume, le Royaume de la justice, et le reste sera donné par surcroît ». Il s’agit d’une spiritualité de la création pensée comme « une spiritualité de la vie en plénitude ». C’est alors que l’histoire humaine s’accomplit dans la résurrection de la nature. Elle n’est pas envisagée en terme anthropocentriques comme nous l’explique Jürgen Moltmann. « La « nature » est le concept qui dit l’expérience de l’état actuel de la création » et c’est bien ainsi que nous pouvons entendre l’œuvre d’Olivier Messiaen, comme une expérience de chrétien et de musicien, totalement inscrite dans les préoccupations de son époque. Jamais une scène ne semble avoir été aussi actuelle que dans sa représentation lyrique, mettant en synergie tous les moyens, tous les outils disponibles dans les arts : musique, poésie, arts plastiques, arts du théâtre, inventions technologiques, le tout au service d’une représentation de la nature sur scène. « La spiritualité, c’est l’épanouissement de l’esprit en l’homme, qui fait siennes de hautes valeurs de grâce et d’humanité », nous rappelle René Coste.

 

Pascal TERRIEN, Saint François d’Assise, d’Olivier Messiaen, un opéra écologique, p. 148

 

 

 

 

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