15/1/2016

En Europe, l’Église répond à la crise des réfugiés


Une enquête, menée en automne 2015 par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe et par la Commission Internationale Catholique pour les Migrations, montre que l’Eglise en Europe a su répondre de façon positive aux besoins urgents des réfugiés et des immigrés, tout comme à l’appel du Saint-Père qui invitait à accueillir les réfugiés. L’assistance offerte prévoit des soins immédiats à l’égard de tous ceux qui en ont le plus besoin, ainsi que des activités à long terme visant à faciliter l’intégration de ces personnes en Europe.



Communiqué de la CCEE

 

 

Une enquête qui a récemment été menée au sein des Conférences Episcopales européennes montre que l’Eglise en Europe a su répondre de façon positive aux besoins urgents des réfugiés et des immigrés, tout comme à l’appel du Saint-Père qui invitait à accueillir les réfugiés. L’assistance offerte prévoit des soins immédiats à l’égard de tous ceux qui en ont le plus besoin, ainsi que des activités à long terme visant à faciliter l’intégration de ces personnes en Europe.

 

L’enquête[i] – menée en automne 2015 par le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) et par la Commission Internationale Catholique pour les Migrations (ICMC) – a été réalisées dans le but d’esquisser un cadre précis concernant la réponse apportée par l’Eglise à la crise actuelle des migrants et des réfugiés en Europe, ainsi que pour partager des idées sur des éventuelles réponses correctes.

 

Alors que les réponses provenant des Conférences Episcopales montrent que l’Eglise -par le biais de ses nombreuses structures- est engagée activement pour faire face aux besoins des migrants et des réfugiés, il est tout de même important de mettre en exergue le nombre de fois où le Pape François et les Evêques européens se sont adressés à la communauté internationale pour l’inviter à faire tout ce qui est en son pouvoir pour instaurer la paix et la stabilité. La guerre et le conflit restent parmi les causes majeures ayant déclenché la crise actuelle des réfugiés. Sans une volonté politique claire qui vise à l’obtention de la paix et à une plus grande compréhension de la solidarité et du développement global, la crise actuelle conduira inévitablement à une augmentation ultérieure des tensions, de la peur et de la violence.

 

La situation spécifique de chaque Pays européen exige des solutions sur mesure, des solutions possibles à adopter dans chacun de ces Pays, mais qui soient basées sur la solidarité et sur la responsabilité. En suivant ces principes et grâce à la collaboration avec des réseaux catholiques et non catholiques, l’Eglise développe ses réponses à la crise actuelle qui est en train de frapper si durement l’humanité.

 

Les résultats de l’enquête montrent que :

 

  1. Grâce à son expérience désormais longue et attestée dans le domaine de l’aide aux réfugiés et aux immigrés, l’Eglise en Europe a été en mesure d’apporter son aide sur plusieurs aspects de la crise actuelle.

 

2. Suite à l’invitation du Pape François et étant donné les besoins urgents des immigrés et des réfugiés, l’Eglise en Europe a montré une grande ouverture et elle a su mettre sur pied des actions concrètes visant à « accueillir l’étranger ».

 

3. L’assistance offerte par l’Église a montré qu’une meilleure compréhension des besoins des réfugiés contribue effectivement à approfondir le respect de la dignité humaine, à changer d’attitude à l’égard de ceux qui fuient leur pays pour sauver leur vie, à dépasser les sentiments de peur. La Miséricorde est plus facile à comprendre face à des événements tels que ceux qui nous concernent aujourd’hui, surtout lorsque les personnes ont un nom et un prénom et un visage précis.

 

4. L’engagement de l’Église comprend l’aide immédiate à l’égard de ceux qui sont dans le plus grand besoin ainsi qu’un certain nombre d’actions à long terme visant à faciliter l’intégration de ces personnes.

 

4. Dans la plupart des Pays européens, l’Eglise collabore avec les autorités et mène son action en collaboration avec les Etats. Sa compétence est utile pour mieux informer et pour mettre sur pied des politiques qui contribuent à la cohésion sociale et au développement.

 

5. Alors qu’elle offre sa réponse et qu’elle contribue à résoudre les problèmes liés au phénomène des migrations globales, l’Eglise doit faire face à de nombreux défis comme la disponibilité limitée de moyens financiers, le manque de solidarité entre les Etats qui ne fait qu’augmenter, l’inadéquation de stratégie au niveau étatique et l’accroissement de comportements xénophobes et du sentiment d’insécurité.

 

6. Les contacts avec l’Eglise d’origine et avec la diaspora dépendent de l’interaction et des objectifs sous-jacents à ces contacts. La présence de prêtres provenant des Pays d’origine se révèle être une grande aide pour combler les écarts et établir un dialogue.

 

La situation humaine dramatique qui sévit aujourd’hui requiert des solutions diversifiées pour chaque État, un engagement réel ainsi que la solidarité et la responsabilité de la part de tous.

 

 

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[i] Ont participé à l’enquête les Conférences Episcopales des Pays suivants: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Moldavie, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Suisse, Turquie, Ukraine (Eparchie de Mukachevo).

 

 

 

© Source : Zenit. 15 janvier 2016