06/1/2016

En France, l’Église catholique se mobilise pour l’accueil des migrants et des réfugiés


Lors d’une conférence de presse organisée par la Conférence des évêques de France le 6 janvier 2016, à l’approche de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 17 janvier prochain, Mgr Renauld de Dinechin et le Père Lorenzo Prencipe ont rappelé la responsabilité des gouvernements européens et de l’Église dans l’accueil des migrants. L’afflux des rescapés en Europe nécessite la mise en place d’une politique commune des États européens…



Lors d’une conférence de presse organisée par la Conférence des évêques de France, mercredi 6 janvier, Mgr Renauld de Dinechin et le Père Lorenzo Prencipe ont rappelé la responsabilité des gouvernements européens et de l’Église dans l’accueil des migrants.

 

L’afflux des « rescapés » en Europe nécessite la mise en place d’une « politique commune » des États européens, a martelé le Père Lorenzo Prencipe, directeur du Service national de la pastorale des migrants, à l’approche de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 17 janvier prochain.

 

En 2015, près de 1,6 million de réfugiés ont en effet débarqué sur les côtes européennes, après une traversée de la Méditerranée au péril de leur vie. Les naufrages ont d’ailleurs causé la mort de 3 771 personnes dont 700 enfants, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Aussi, pour éviter de nouvelles tragédies humaines, le Père Prencipe, au nom de l’Église catholique, a plaidé pour la création par les pays de l’UE de « couloirs humanitaires » et d’un « droit d’asile européen ».

 

« Migrants et réfugiés nous interpellent ! » rappelle la CEF

 

Face à l’arrivée massive des migrants issus de Syrie et d’Irak, mais aussi du Soudan, d’Érythrée et d’Afghanistan, l’Église catholique a son rôle à jouer, tant pour les réfugiés que pour les fidèles, partagés entre inquiétude et volonté de porter secours. À ce titre, Mgr Renauld de Dinechin, évêque de Soissons et responsable de la pastorale des migrants, a repris les mots du pape François qui, en septembre, « en vue du jubilé de la miséricorde » avait demandé « aux paroisses, aux communautés religieuses, aux monastères et aux sanctuaires de toute l’Europe » d’accueillir « une famille de réfugiés. » Depuis, l’appel du pape a été relayé dans une trentaine de diocèses en France : si chaque paroisse n’héberge pas une famille de réfugiés, des initiatives concrètes ont en tout cas vu le jour, soutenues par des associations locales.

 

Des initiatives concrètes mises en place dans les paroisses

 

Et pourtant, « nous ne sommes pas submergés », constate le Père Prencipe. En effet, sur les 30 000 migrants prévus dans le cadre du plan de relocalisation voté en octobre par les pays membres de l’UE, seulement 19 sont arrivés en France. En parallèle, 69 000 demandes d’asile ont été déposées mais elles n’entrent pas dans ce dispositif d’accueil.

 

À défaut de migrants « relocalisés », les initiatives paroissiales ont donc été mises en place pour ces réfugiés irréguliers : cours de langue, mise à disposition de logements, distributions de vêtements et de nourriture…

 

Ainsi depuis novembre, des paroissiens de Saint-Léonard à L’Häy-les – Roses initient au français 76 réfugiés suivis par la Croix-Rouge. « C’est une modeste participation, mais un vrai chemin d’humanité », témoigne Colette Rance, l’une des bénévoles. « Les équipes paroissiales se reconvertissent pour aller vers ces migrants déjà là, explique le Père Prencipe. Elles se préparent ainsi à l’arrivée des prochains car le flux n’est pas près de s’arrêter. »

 

Sur les pas du pape François, une autre forme de mobilisation a été rapportée par des lycéens de Tours qui se sont rendus en pèlerinage à Lampedusa, l’île sur laquelle « la journée du migrant se vit tous les jours ».

 

 

 

Claire Bastier

© Source : La Croix. 6 janvier 2015