21/5/2015

En France, les responsables des religions remettront un « plaidoyer sur le climat » à François Hollande


Le 1er juillet 2015, cinq mois avant le début du sommet de Paris sur le climat, le président de la République française recevra une délégation interreligieuse qui lui remettra un « plaidoyer pour le climat ». Ce jour-là, les membres de la Conférence des responsables de culte en France, catholiques, protestants, juifs, orthodoxes et bouddhistes, jeûneront pour le climat. Depuis plusieurs mois, un collectif d’organisations religieuses et laïques appelle à jeûner chaque premier du mois en solidarité avec les victimes des changements climatiques.



Les responsables français des principales religions représentées en France remettront à François Hollande, le 1er juillet, un « plaidoyer pour le climat », ont annoncé jeudi 21 mai les membres de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF). Cette rencontre interviendra cinq mois avant le début, à Paris, de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Cop21), du 30 novembre au 15 décembre.

 

« Nous aurons l’occasion de remettre un texte au président de la République », a expliqué, en marge d’un colloque organisé au Sénat, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France et président de la CRCF pendant l’année 2015.

 

François Hollande jeûnera-t-il ?

 

Il a aussi précisé que ce jour-là, les membres de cette instance, catholiques, protestants, juifs, orthodoxes et bouddhistes, jeûneront pour le climat. Inviteront-ils également François Hollande à jeûner ? « Nous ne savons pas encore. Nous allons mettre cette question à l’ordre du jour de notre prochaine réunion », répond le pasteur.

 

Depuis plusieurs mois, un collectif d’organisations religieuses et laïques appelle à jeûner chaque premier du mois en solidarité avec les victimes des changements climatiques.

 

Sensibiliser les fidèles

 

Le pasteur Clavairoly a aussi insisté sur l’importance de sensibiliser les fidèles, quelle que soit leur religion : « Il faut leur permettre d’entrer dans cette démarche d’ici fin novembre, date du début de la Cop21. »

 

Egalement présent, Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre et président du Conseil « Famille et société » de l’épiscopat français, a insisté sur l’importance de l’encyclique du pape François sur l’écologie, qui doit être publiée en juin. « L’encyclique nous donnera des perspectives », a-t-il exposé.

 

Respect de l’humanité

 

« Si le chrétien parle de création, c’est pour mieux souligner le respect global de l’humanité. Qui aime la création aime les créatures », a renchéri le métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

 

Vice-président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech a estimé qu’il était nécessaire de mener un « travail de pédagogie » pour expliquer les enjeux de cette question aux fidèles. « Ce n’est pas la nature contre l’homme, a poursuivi le grand rabbin de France, Haïm Korsia. L’homme est dans la nature. » Enfin, au nom des bouddhistes, Olivier Reignen Wang-Genh, président de l’Union bouddhiste de France, a estimé que les croyants devaient d’abord « changer eux-mêmes » avant de « changer le monde ».

 

« Crise de civilisation »

 

Au début du colloque, les responsables religieux ont reçu un appel énergique de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la préservation de la planète. « Nous sommes dans une crise de civilisation. Il ne s’agit pas d’une difficulté parmi d’autres », a-t-il insisté. « Vous pouvez nous aider à placer cette crise à une dimension supérieure. »

 

Il a exhorté les responsables religieux à mener avec lui « une bataille de l’esprit ». « Vous avez des voix qui passent au dessus du bruit de fond de nos sociétés », a-t-il poursuivi, vantant la capacité des religieux à « remettre l’important en haut et le superficiel en bas ». « Qui, mieux que vous, peut nous aider à replacer l’homme là où il est ? »

 

Un miracle ?

 

Fustigeant dans la crise climatique « l’ultime injustice », il a mis en garde contre une situation qui pourrait « faire le lit de toutes les radicalisations et de toutes les injustices ».

 

L’ancien animateur de télévision est également revenu sur ses trois visites au Vatican. « On a dit de moi : ’Hulot est tellement déprimé qu’il va chercher un miracle’, a-t-il ironisé. Oui, en effet, si vous en avez un, je suis preneur ! »

 

 

 

Loup Besmond de Senneville

© Source : La Croix. 21 mai 2015