09/2/2015

En Inde, les évêques s’insurgent face aux violences contre les chrétiens


Dans le cadre de la 27° Assemblée plénière de la conférence épiscopale, les évêques catholiques indiens sont descendus dans la rue pour promouvoir la paix et dire non aux violences antichrétiennes. Plus de cent évêques venus de tout le pays ont défilé vendredi 6 février 2015 à Bangalore lors d’une procession aux flambeaux, demandant de renforcer l’état de droit et de mettre fin aux attaques perpétrées ces deux derniers mois contre des lieux de culte chrétiens, afin de construire la paix et l’harmonie dans le pays.



Les évêques catholiques indiens sont descendus dans la rue pour promouvoir la paix et dire non aux violences antichrétiennes. Plus de cent évêques venus de tout le pays ont défilé vendredi 6 février 2015 à Bangalore dans le cadre d’une procession aux flambeaux. La marche coïncidait avec la 27° Assemblée plénière de la conférence épiscopale sur le thème « Liturgie et vie ». Le cortège était emmené par le cardinal Oswald Gracias, archevêque de Bombay et président de la Conférence épiscopale.

 

Le cardinal Gracias a évoqué les nombreuses attaques perpétrées ces deux derniers mois contre des lieux de culte chrétiens. Des actes qui suscitent une vive préoccupation car ils semblent faire partie d’une stratégie visant à réduire les membres de la communauté chrétienne à des citoyens de seconde zone. Il a rappelé que les chrétiens offraient une contribution considérable à la vie de la nation, notamment dans le domaine de l’éducation, de la santé et des services sociaux, y compris dans les régions les plus reculées.

 

L’archevêque de Bombay demande donc des garanties constitutionnelles pour la communauté chrétienne. Les actes de vandalisme contre les chrétiens sont liés au fait que les coupables n’aient pas été jugés aggravant un climat d’impunité. Le cardinal Gracias a dénoncé le silence du gouvernement et des responsables des droits constitutionnels. Il s’est dit déconcerté par le manque de protection à l’égard des communautés. Il est temps, selon lui, de renforcer l’état de droit et de mettre fin aux attaques pour construire la paix et l’harmonie dans le pays.

 

Intimidations et arrestations

 

Jeudi 5 février, à New Delhi, la police avait arrêté et emprisonné 200 catholiques, y compris des prêtres et des religieuses, qui manifestaient pacifiquement devant la cathédrale du Sacré-Cœur pour protester contre le manque de soutien des autorités et la passivité de la police. Des centaines de manifestants, arborant des crucifix et brandissant des panneaux et banderoles étaient descendus dans la rue pour exiger du gouvernement que tous les lieux de culte soient sécurisés et que les enquêtes de justice soient menées à terme afin d’arrêter les coupables.

 

La dernière attaque contre une église de la capitale indienne a été aggravée par la profanation du tabernacle. Parallèlement, les autorités indiennes ont refusé d’accorder des visas à deux ecclésiastiques. Depuis l’arrivée au pouvoir du premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi en mai 2014, l’intolérance à l’égard des minorités religieuses – dont les chrétiens – semble grandissante en Inde où 80 % des 1,2 milliard d’habitants sont hindous.

 

Lors de sa visite en Inde fin janvier, le président américain Barack Obama avait d’ailleurs appelé Narendra Modi à veiller à « ne pas encourager les violences interreligieuses ». Le 7 février, la commission « Justice, paix et développement » de la conférence des évêques catholiques de l’Inde a appelé une nouvelle fois le gouvernement à protéger « la nature laïque de la Constitution indienne ».

 

 

 

© Source : Radio Vatican, avec agences. 9 février 2015

Crédit photo : Rassemblement d’évêques contre les violences antichrétiennes – EPA