28/12/2011

En Indonésie, une demande pour assurer la protection des minorités religieuses


Le 22 décembre 2011, le président de la deuxième chambre du Parlement indonésien, Irman Gusman, homme d’affaires prospère, a appelé le gouvernement d’Indonésie à assurer la protection des minorités religieuses, mais aussi à garantir leurs droits à pratiquer leur foi et à bâtir des lieux de culte. Elu de la province de Sumatra-Ouest, il n’hésite pas à parler clairement en faveur des droits des minorités religieuses de son pays, quelles soient chrétienne, hindoue ou ahmadi. Il a dénoncé la propension de la majorité musulmane à se ranger prudemment derrière les groupes les plus extrémistes.



Le Parlement demande au gouvernement

« d’assurer la protection des minorités religieuses »

 

 

Le 22 décembre dernier, le président de la deuxième chambre du Parlement indonésien a appelé le gouvernement à assurer la protection des minorités religieuses, mais aussi à garantir leurs droits à pratiquer leur foi et à bâtir des lieux de culte.

 

Homme d’affaires prospère, Irman Gusman préside le Conseil des représentants régionaux (Dewan Perwakilan Daerah, DPD), la deuxième chambre du Parlement indonésien. Elu de la province de Sumatra-Ouest, il est l’un des rares hommes politiques occupant de hautes fonctions à ne pas hésiter à parler clairement en faveur des droits des minorités religieuses, quelles soient chrétienne, hindoue ou ahmadi.

 

Selon lui, les récentes affaires qui ont défrayé la chronique sont autant de « coups portés à l’image de l’Indonésie en tant que pays multiculturel » (1). Irman Gusman a notamment fustigé l’intransigeance avec laquelle le maire de Bogor refuse la réouverture du temple Taman Yasmin, appartenant à la GKI, fédération d’Eglises protestantes indonésiennes. Il a aussi dénoncé les toutes récentes attaques qui ont visé des lieux de culte catholiques dans la province de Java-Centre (à Temanggung et au centre de pèlerinage marial de Surakarta).

 

« Les forces de police devraient prendre des mesures fermes contre les personnes ou les groupes qui attaquent des églises, des mosquées ou des temples, et les déférer devant la justice. Faute de quoi, c’est le gouvernement qui perd toute légitimité, et l’Etat indonésien qui se trouve en situation de faute », a déclaré le responsable politique.

 

Irman Gusman a également dénoncé la propension de la majorité musulmane à se ranger prudemment derrière les groupes les plus extrémistes, notamment lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux ahmadis (2). « La manière dont les musulmans indonésiens ont maltraité les ahmadis est contraire aux enseignements de l’islam. Si une secte se place en situation d’hérésie et est considérée comme déviante par rapport l’orthodoxie, il ne revient pas à chaque musulman de se faire juge et nul n’a à les attaquer », a-t-il encore affirmé.

 

C’est au pouvoir exécutif d’ordonner à la police d’agir contre ceux qui s’en prennent avec violence à d’autres personnes en raison de leurs convictions religieuses. Irman Gusman a appelé le ministère des Affaires religieuses à assumer véritablement ses responsabilités. « S’il en est incapable, alors le gouvernement doit le dissoudre », a-t-il conclu.

 

Par ailleurs, le 27 décembre à Djakarta, le président de la République d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, s’est adressé, comme le veut la coutume, aux chrétiens réunis pour une cérémonie d’après-Noël. Devant quelque 3 000 personnes, le président s’est félicité que, cette année, les fêtes de Noël se soient déroulées dans le calme, sans être marquées par aucun incident notable.

 

Il a remercié les Eglises chrétiennes, lesquelles réunissent un peu plus de 10 % des Indonésiens, pour le message de paix qu’elles transmettaient et mettaient en œuvre dans l’archipel. « Il m’a été rapporté que les messages de Noël dans les églises encourageaient les chrétiens à se garder de toute haine ou égoïsme  , a souligné le président, ajoutant que « catholiques, protestants, musulmans, hindous, bouddhistes ou confucéens, tous étaient appelés à assumer leurs devoirs et leurs responsabilités au service de [leur] nation bien-aimée ». Le président n’a fait aucune allusion aux difficultés que les chrétiens rencontrent de manière récurrente dans leurs demandes d’érection ou d’extension de leurs lieux de culte.

 

 

 

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Notes

 

(1) Voir dépêche EDA du 13 septembre 2011  et du 26 septembre 2011 

(2) Voir dépêche EDA du 29 juillet 2011

 

 

 

© Source : EDA Asie – 28 décembre 2011