28/1/2016

En Terre Sainte et en Syrie, la paix a besoin du soutien de la communauté internationale


Le Saint-Siège appelle la communauté internationale à apporter un soutien fort aux négociations directes en vue de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU à New York, est intervenu le 26 janvier 2016, lors du débat ouvert au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il rappelle également la position du Saint-Siège sur le conflit en Syrie, réitérant son appel de stopper l’afflux d’armes dans la région et d’intensifier l’action humanitaire.



Le Saint-Siège appelle la communauté internationale à apporter « un soutien fort » aux négociations « directes » en vue de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Il rappelle la position du Saint-Siège sur le conflit en Syrie.

 

Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU à New York, est en effet intervenu, mardi 26 janvier, lors du débat ouvert au Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Mgr Auza a affirmé que « le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens pouvait avancer seulement s’il était directement négocié entre les parties, avec un fort soutien de la communauté internationale ». « Seules des négociations prolongées, menées avec bonne foi, permettront de résoudre leurs différences et d’apporter la paix aux peuples d’Israël et de la Palestine », a-t-il ajouté.

 

Selon l’observateur du Saint-Siège, l’accord global signé entre le Vatican et la Palestine le 26 juin 2015 « peut servir d’exemple de dialogue et de coopération », surtout « dans la réalité complexe du Moyen-Orient, où, dans certains pays, les chrétiens ont souffert de la persécution ».

 

Il a souligné que « certains éléments » entre Israël et la Palestine avaient depuis « trop longtemps souffert de la vision erronée que la force pourrait résoudre leurs différences ».

 

Mgr Auza a cité les paroles du pape devant le Corps diplomatique, le 11 janvier dernier, quand il avait exprimé l’espoir que l’année 2016 permettrait « la coexistence pacifique de deux peuples qui (…) dans la profondeur de leurs cœurs ne demandent que la paix ».

 

Le conflit syrien

 

Mgr Auza a également exprimé la position du Saint-Siège par rapport à la situation en Syrie où « le conflit » « fait rage » depuis cinq ans. En vue des négociations sur la paix en Syrie qui débutent le 29 janvier à Genève, il a réitéré son « appel, à tous ceux qui sont concernés, de stopper l’afflux d’armes dans la région et d’intensifier l’action humanitaire » afin de « donner aux réfugiés désespérés et aux personnes déplacées les moyens de rester dans leur pays » en ayant « la nourriture, les fournitures médicales, l’eau, l’électricité, l’accès à l’éducation pour les jeunes et les éléments nécessaires pour une vie stable et sûre dans leur propre patrie ».

 

La délégation du Saint-Siège a soutenu la résolution 2254 du Conseil de sécurité qui appelait à « la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne et à un règlement politique du conflit en Syrie ».

 

En concluant, Mgr Auza a dit que le Vatican se réjouit également de la Quatrième Conférence humanitaire prévue pour le 4 février « en espérant qu’elle va soulager la souffrance des peuples dans la région et contribuer au règlement global du conflit ».

 

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Discours de Mgr Auza

 

Monsieur le Président,

 

Le Saint-Siège félicite le président de l’Uruguay d’avoir porté le sujet du Moyen-Orient à l’attention de la communauté internationale à travers le débat ouvert de ce Conseil de sécurité.

 

Ma délégation souhaite aborder d’abord la question du processus de paix qui est au point mort entre les Israéliens et les Palestiniens. Étant donné le manque de négociations de fond et la multiplication des actes de violence, beaucoup commencent à douter sérieusement de la validité des accords d’Oslo aujourd’hui.

 

Le Saint-Siège estime que le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens ne pourra avancer que s’il est directement négocié entre les parties, avec le ferme soutien de la communauté internationale. Cela nécessite certainement des décisions courageuses des deux parties et exige des concessions mutuelles équitables. Mais il n’y a pas d’alternative si Israël et la Palestine doivent jouir de la sécurité, de la prospérité et d’une coexistence pacifique, côte à côte, avec des frontières internationalement reconnues. Certains éléments parmi les deux peuples ont trop longtemps souffert de la vision erronée selon laquelle la force résoudra leurs différends. Seules des négociations prolongées, conclues de bonne foi, permettront de résoudre ces différends et d’apporter la paix aux peuples d’Israël et de la Palestine.

 

Le pape François, dans son discours du 11 janvier 2016 au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, a parlé de cet échec à faire avancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Il a exprimé l’espoir que la nouvelle année qui vient de commencer « puisse guérir les blessures profondes qui séparent Israéliens et Palestiniens et permettre la cohabitation pacifique de deux peuples qui – j’en suis sûr – du fond du cœur, ne demandent rien d’autre que la paix ! ». Les actes de violence et la rhétorique incendiaire doivent être mis de côté, en faveur des voix de dialogue afin de donner aux deux peuples cette paix à laquelle leur cœur aspire.

 

Monsieur le Président,

 

L’accord global, signé ici entre le Saint-Siège et l’État de Palestine le 26 juin 2015, est entré en vigueur le 2 janvier 2016. Il concerne essentiellement la vie et l’activité de l’Église en Palestine. Dans la réalité complexe du Moyen-Orient où, dans certains pays, les chrétiens ont souffert de la persécution, le Saint-Siège espère que cet accord pourra servir d’exemple de dialogue et de coopération, en particulier pour d’autres pays à majorité arabe et musulmane.

 

Monsieur le Président,

 

En Syrie, le conflit fait rage depuis presque cinq ans. Ce n’est pas seulement un conflit entre les Syriens : des combattants étrangers venus de partout dans le monde continuent de commettre des horreurs innommables contre la population civile en Syrie et dans certaines parties de l’Irak. L’influence de ces éléments étrangers a conduit à une violence sectaire et à des persécutions des minorités religieuses et ethniques.

 

Le pape François, faisant appel à la Communauté internationale dans son discours du 11 janvier 2016, a exprimé la conviction que seule une action politique commune et convenue peut endiguer la propagation de l’extrémisme et du fondamentalisme, qui sont la source d’actes terroristes faisant d’innombrables victimes, non seulement en Syrie et en Libye, mais dans d’autres pays de la région et en Afrique du Nord.

 

Ma délégation ne redira pas la litanie des actes horribles de violence contre le peuple syrien, déjà mentionnés par diverses délégations, mais tient à réitérer son appel à tous ceux qui sont concernés pour stopper le flux d’armes dans la région et intensifier l’action humanitaire, afin de donner aux réfugiés désespérés et à toutes les personnes déplacées, les moyens de rester dans leur pays, ou aussi près que possible de leur patrie, avec une nourriture adéquate, des fournitures médicales, l’eau, l’électricité, l’accès à l’éducation pour les jeunes, et tous les éléments nécessaires à une vie stable et en sécurité dans leur patrie.

 

Monsieur le Président,

 

Ma délégation exprime son soutien à la résolution 2254 de ce Conseil, qui appelle à la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne et à un règlement politique du conflit en Syrie. Le Saint-Siège attend avec intérêt les discussions qui doivent débuter à Genève plus tard dans la semaine. En dépit des nombreux et forts différends qui existent encore entre les parties en pourparlers, le Saint-Siège estime que ces négociations sont la meilleure chance pour la communauté internationale d’apporter une paix stable et durable à la Syrie et à la région. Le Saint-Siège se réjouit également de la Quatrième Conférence humanitaire prévue pour le 4 février 2016 et organisée par le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Koweït, la Norvège et l’Organisation des nations unies, espérant que cela soulagera la souffrance des peuples dans la région et contribuera au règlement global du conflit.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président.

 

 

 

© Traduction de Zenit, Constance Roques

© Source : Zenit. 28 janvier 2016