24/7/2017

« FESTIVAL DE CANNES » … ÉLECTRONIQUES


L’Association des Cannes Blanches Électroniques (ACBE) du Grand Sud a tenu sa réunion annuelle vendredi dernier. Nous avons déjà eu l’occasion courant 2016 de présenter cet organisme et ses activités. Elles sont suffisamment remarquables pour que les évoquer de nouveau n’ait pas l’air d’une redite.



L’Association des Cannes Blanches Électroniques (ACBE) du Grand Sud a tenu sa réunion annuelle vendredi dernier[1]. Nous avons déjà eu l’occasion courant 2016 de présenter cet organisme et ses activités. Elles sont suffisamment remarquables pour que les évoquer de nouveau n’ait pas l’air d’une redite.

 

Des cannes blanches, nous en rencontrons régulièrement. Tenues à bout de bras par des déficients visuels elles balaient le ras du sol pour détecter marches, poteaux, murs, passants, voitures … Se déplacer sans elles compliquerait les trajets et les rendrait même dangereux. Qui n’a observé avec quelque émotion le prudent savoir-faire, la fine perception des difficultés de ces tâtons permanents … au point de se sentir maladroits si un coup de main s’avérait nécessaire pour aider ces personnes à part entière, à considérer et à respecter comme telles.

 

Le progrès avance dans tous les domaines ! Celui des cannes blanches bénéficie lui aussi des nouveautés de la high-tech. Des boîtiers électroniques, Tom Pouce de la troisième génération et Minitact abritent des détecteurs à infrarouges, associés à un faisceau laser. Fixés sur les cannes blanches ils signalent, par des vibrations spécifiques, la présence d’obstacles à l’horizontale et en hauteur jusqu’à six et quinze mètres de distance. Ils permettent ainsi d’apprécier l’espace en trois dimensions. On imagine sans peine les gains en aisance et en sécurité offerts par ces matériels et l’intérêt qu’ils offrent de pouvoir anticiper les difficultés au-delà du seul contact direct et ponctuel sur le premier obstacle rencontré. Arnaud, bénéficiaire de cette technique témoigne : Depuis que j’utilise la canne blanche électronique, je sors enfin dans la rue sans appréhension de percuter une voiture en stationnement ou un autre objet encombrant les trottoirs (poubelles, scooters…). J’ai acquis une meilleure fluidité et autonomie dans mes déplacements.

 

Mais ces appareils et l’apprentissage qu’ils nécessitent ont un coût. L’ACBE les prend totalement en charge. Un des buts des réunions annuelles de l’association est de distribuer des cannes électroniques à des bénéficiaires qu’on voudrait toujours plus nombreux..

 

La rencontre ne se limitait pas à la joie de la réussite technique des appareils et à leurs avantages immédiats. L’offre d’une meilleure qualité de vie appelle aussi un art de vivre où le soutien mutuel et l’amitié tiennent une place majeure.

 

Des témoignages l’ont manifesté, dans des interventions où le propos tout simple ignorait le style  académique, où l’humour mettait des rires dans l’assemblée et soutenait l’ambiance de fête, où s’exprimait la gratitude et pour les générosités qui permettaient l’acquisition et le don de ces fameuses cannes[2], et pour les dévouements et les compétences des formateurs. Tous furent largement applaudis.

 

Cerise sur le gâteau, la présence dans l’amphi d’une trentaine de jeunes venus d’autant de pays différents ! Ils exprimèrent leur joie d’avoir pu découvrir les projets et les actions de l’ACBE. Leurs   prises de parole furent spontanées, en bon français coloré par l’accent des pays d’origine. Ils déclaraient vouloir porter chez eux un écho de ce qu’ils avaient vu et vécu ici. Impression que la francophonie ne se limitait pas au développement de notre langue à l’étranger mais intégrait en l’occurrence le rayonnement d’un service pour la  qualité de vie des personnes handicapées. L’hymne européen chanté par ces jeunes venus d’Europe, d’Asie et des Amériques souleva quelque émotion.

 

Jésus, reprenant les Prophètes, stigmatisait ceux qui ont des yeux et ne voient pas[3]. Il visait des  cécités morales et spirituelles. Des cécités qui empêchent de voir au-delà des apparences, des fragilités et des blessures, des frères et des sœurs en humanité. De quelles cannes blanches avons-nous alors besoin pour prévenir et surmonter les obstacles du repli sur soi et de l’indifférence et pour ouvrir aux yeux du cœur des chemins d’accueil et de dialogues avec les autres différents de soi. Merci aux  membres de l’ACBE de contribuer à nous offrir aussi ces autres cannes blanches.

 

 

Pere Michel Dagras

 

[1]     A l’auditorium de l’Espace des diversités et de la laïcité

[2]     En particulier le Lions Club

[3]     Matthieu 13,13