07/12/2017

La France doit ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires


    Le 10 décembre, le prix Nobel de la Paix 2017 sera remis au mouvement ICAN(Campagne internationale contre les armes nucléaires). Il récompense le travail mené par la société civile auprès des États qui a permis la signature à l’ONU, le 7 juillet dernier, d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) par 122 pays.   Le TIAN […]



 

 

Le 10 décembre, le prix Nobel de la Paix 2017 sera remis au mouvement ICAN(Campagne internationale contre les armes nucléaires). Il récompense le travail mené par la société civile auprès des États qui a permis la signature à l’ONU, le 7 juillet dernier, d’un Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) par 122 pays.

 

Le TIAN ouvre le chemin vers l’abolition mondiale de ces armes de destruction massive. Leur utilisation qui tendrait « indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation » (Gaudium et Spes, 80-4). Pourtant aucun des neuf États dotés de l’arme nucléaire (USA, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) ne semble, à ce jour, prêt à ratifier ce traité.

 

Les 10 et 11 novembre dernier, les participants, dont plusieurs Prix Nobel de la Paix, réunis au Vatican pour un congrès sur le désarmement nucléaire, se sont appuyés sur les paroles du pape François pour rejeter l’argument de la dissuasion : « La détention des armes nucléaires répond à une logique de peur et engendre une sensation trompeuse de sécurité”… Si l’on considère le risque d’une détonation accidentelle de telles armes due à n’importe quel type d’erreur, il faut condamner la menace de leur usage, ainsi que leur possession, parce que leur existence est inséparable d’une logique de peur qui ne concerne pas seulement les parties en conflit, mais tout le genre humain. »

 

La dissuasion nucléaire n’apporte aucune réponse aux menaces les plus graves qui pèsent aujourd’hui et demain sur la sécurité de nos concitoyens : le terrorisme, le changement climatique et l’accroissement des inégalités, tant au niveau mondial qu’au niveau national. De plus, comme le souligne aussi le pape, « les coûts de modernisation et de développement des armes nucléaires représentent un poste de dépenses considérables sur les nations » (4 milliards par an pour notre budget national qui pourrait être porté à 6 milliards d’ici à 2020). Il laisse “au second plan les priorités réelles de l’humanité souffrante : la lutte contre la pauvreté, la promotion de la paix, la réalisation de projets éducatifs, écologiques et sanitaires et le développement des droits humains ».

 

Avec humilité et détermination, nous appelons la France à ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires et ainsi à renoncer à posséder de telles armes. Une telle décision constituerait un geste fort capable d’entraîner d’autres Etats sur la voie du désarmement nucléaire mondial, nécessaire pour l’avenir de la planète Terre !

 

Nous invitons aussi nos concitoyens à engager le dialogue en vue d’un monde sans arme nucléaire, à appuyer cet appel auprès des autorités, à rejoindre ou soutenir les différents mouvements rassemblés au sein de ICAN France, aujourd’hui honoré et reconnu par l’attribution du prix Nobel de la Paix.

 

 

 

ACE, ACMSS, CERAS, CMR, Communauté Mission de France, Cités du Secours catholique, Confrontations, Chrétiens dans l’enseignement public, Fondacio, JEC, JOC, MRJC, Pax Christi, Voir ensemble.

 

©Arnaud Favart, pour la Communauté Mission de France, la croix, 7 décembre 2017