26/10/2020

Hommage à Samuel Paty


Il va nous manquer : Samuel va cruellement manquer à sa famille ; cet enseignant bon et dévoué va manquer à ses élèves ; il va manquer à notre pays. Il va nous manquer à nous, militants chrétiens pour la paix.

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Il va nous manquer : Samuel va cruellement manquer à sa famille ; cet enseignant bon et dévoué va manquer à ses élèves ; il va manquer à notre pays. Il va nous manquer à nous, militants chrétiens pour la paix. Car il n’y a pas de paix, nous le savons, sans le respect des droits fondamentaux de chacun. L’éducation des jeunes à ce respect des droits humains (pas seulement les leurs, mais d’abord ceux des autres), est un chemin nécessaire pour fonder la paix dans la société : la paix comme façon de vivre ensemble en acceptant nos différences.

Nous serons donc de ceux pour lesquels cette mort tragique, inadmissible, sera une nouvelle incitation à renouveler notre engagement pour la paix. Beaucoup de témoignages le manifestent déjà : ce drame sera une semence qui va faire se lever de nouveaux artisans de paix. C’est une constante dans notre humanité : face à l’horreur, notre conscience s’éveille, proteste, et nous pousse à nous dresser pour combattre l’injustice et l’inhumanité – témoignant par là de cette fraternité qui nous habite, qui nous dépasse. « Quelque chose » – pour nous chrétiens « Quelqu’un » – est présent au cœur de notre humanité, qui nous appelle à cette protestation, à cet engagement.

Un certain nombre de voix s’élèvent pour réclamer, face au fanatisme, des mesures plus radicales. Oui, il faut agir pour empêcher que de tels actes se reproduisent. Oui, il faut lutter contre toutes les formes de fanatisme, y compris religieuses. Il y a urgence. Mais quels sont les moyens à prendre ? « Si la haine répond à la haine, comment la haine finira-t-elle ? », demandait Gandhi. Et François d’Assise, lui, nous dit : « Là où il y a la haine, que je mette l’amour ». Ces jours-ci même, des responsables de toutes les religions se rassemblaient à Rome pour prier, ensemble, pour la paix, et pour exprimer leur fraternité. Que nous soyons croyants ou non, nous savons d’expérience que, face à la différence comme à la violence, réprimer, aussi nécessaire que ce puisse être un moment, ne suffira jamais. Il faut bien plus chercher à reconstruire la relation blessée.

C’est alors la rencontre concrète, la parole partagée, l’écoute mutuelle, la prise en compte de nos différences, l’accueil qui seuls, seront capables de nous faire surmonter nos différences. Des différences qui rendent aujourd’hui ardu le chemin de la paix, de la fraternité. Cette fraternité, inscrite au fronton de nos mairies, est à mettre en œuvre, à la fois institutionnellement et par chacun de nous. Elle nous invite d’abord à reconnaître et à honorer notre dignité à tous et à chacun, qui que nous soyons, pour que la liberté de chacun devienne le moyen de la paix entre tous

Pax Christi France

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