06/10/2017

ICAN prix Nobel de la Paix 2017


ICAN Prix Nobel de la paix 2017. Pax Christi Partenaire de ICAN



 

 

 

 

L’ICAN est le lauréat 2017 du prix Nobel de la Paix. L’ICAN, c’est la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires. Un collectif d’organisations non gouvernementales qui mène un combat acharné pour l’interdiction et l’élimination de ces armes qui sont plus que jamais au coeur des tensions internationales, en Iran ou en Corée du Nord.

 

ICAN signifie « International campaign to abolish nuclear Weapons ». Cette campagne pour l’abolition des armes nucléaires a été lancée en 2007. Elle est menée par 424 organisations non-gouvernementales, dont 56 en France, dans 95 pays.

 

Son objectif, affiché sur son site Internet, est de sensibiliser les citoyens et de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils entament « des négociations sur un traité d’interdiction des armes nucléaires ». Ce combat a permis à l’ICAN de remporter une importante victoire en juillet à l’ONU, lorsqu’une cinquantaine de pays ont lancé la signature de ce traité bannissant l’arme atomique.

 

 

 

Boycott des neuf puissances nucléaires

Mais sa portée reste toutefois symbolique en raison du boycott du texte par les neuf puissances nucléaires (Etats-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord), qui possèdent au total environ 15 000 armes nucléaires.

 

En outre, la portée du traité est pour l’instant limitée car il n’entrera en vigueur qu’une fois qu’il aura été ratifié par 50 pays. Pour Beatrice Fihn, qui dirige l’ICAN, ce « point de départ » est toutefois un « véritable succès historique »

 

« Plus nous parvenons à rallier les pays (…) et plus les opinions publiques vont changer et penser que c’est inacceptable » et « plus ce sera dur pour les Etats disposant de l’arme nucléaire de le justifier », estime-t-elle. « Nous n’en avons pas encore fini. Le travail ne sera pas terminé tant qu’il y aura des armes nucléaires ».

 

 

« Mener le monde à sa fin » 

Ce vendredi matin, la directrice de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN) a déclaré que l’attribution du prix Nobel de la paix était « un grand honneur » et a lancé un appel aux nations pour qu’elles interdisent « maintenant » l’arme atomique.

 

« C’est un moment de grande tension dans le monde, alors que les déclarations enflammées pourraient tous nous conduire très facilement, inexorablement, vers une horreur sans nom. Le spectre d’un conflit nucléaire plane à nouveau largement. S’il y avait un moment pour que les nations déclarent leur opposition sans équivoque aux armes nucléaires, ce moment serait maintenant », a déclaré Beatrice Fihn, dans un communiqué.

 

Beatrice Fihn, directrice de l'ICAN.
Beatrice Fihn, directrice de l’ICAN. | AFP

 

 

Constituée officiellement en 2007 à Vienne, en marge d’une conférence internationale du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’ICAN a su rallier à sa cause les activistes du monde entier, mais aussi des célébrités.

 

 

Le Dalaï lama, Ban Ki-moon, Yoko Ono…

L’archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix Desmond Tutu, le musicien de jazz Herbie Hancock ou encore le Dalaï lama font partie de ceux qui soutiennent l’organisation, dont le siège se situe dans les bâtiments du Conseil oecuménique des Eglises à Genève, près de l’ONU. Parmi ses soutiens, l’ICAN revendique aussi celui d’Hans Blix, ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de Ban Ki-moon ou encore de Yoko Ono.

 

Alors qu’il y a dix ans le mouvement des anti-nucléaires était encore assez fragmenté, l’ICAN est parvenue à faire travailler ensemble ces différents activistes avec un objectif commun: interdire et éliminer les armes nucléaires, comme ont déjà été interdites par exemple les armes biologiques ou les mines anti-personnel.

 

 

L'ICAN a su rallier à sa cause les activistes du monde entier.

 

 

©ouest france 6 octobre 2017

 

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 L’arme nucléaire ne suscite plus aujourd’hui le même effroi. La crainte d’un « holocauste », présente dans un grand nombre de pays durant la guerre froide, s’éloigne. Pourtant, les risques liés à l’existence de vastes stocks d’armes nucléaires ne diminuent pas. Malgré leur suréquipement, les Etats-Unis et la Russie semblent plus préoccupés d’empêcher d’autres pays d’acquérir l’arme que de progresser vers de nouvelles réductions. Certains détenteurs de l’arme nucléaire (Pakistan, Chine, Israël, Inde) en font la garantie de leur sécurité voire poursuivent une course aux armements dangereuse. Enfin des pays non-possesseurs veulent au moins parvenir au « seuil » du nucléaire militaire (Iran), ou parviennent même à se doter de l’arme à un stade embryonnaire (Corée du Nord). Face à cette prolifération, n’y a-t-il d’autre réponse que le recours à la force ? Comment concilier l’affirmation faisant du nucléaire la garantie ultime de la sécurité pour quelques-uns et l’interdiction faite à tous les autres de se doter de l’arme ? Est-il réaliste de vouloir construire un ordre international fondé sur la coopération des Etats en s’accommodant de l’anarchie nucléaire ? D’ailleurs, si en France la dissuasion nucléaire semble généralement acceptée, sa fonction de sécurisation convainc beaucoup moins les opinions occidentales. Soucieux de répondre aux questions éthiques que les Eglises et de nombreuses organisations de la société civile soulèvent à propos de la dissuasion nucléaire, les auteurs de l’ouvrage proposent de ne plus penser celle-ci seulement dans le cadre d’une stratégie de défense nationale mais de l’intégrer dans une stratégie de désarmement qui pourrait notamment être portée par la France et ses partenaires européens et devenir un objectif de l’Union européenne. Car l’option du désarmement est crédible, puisqu’elle a déjà permis des succès importants comme les accords bilatéraux américano-russes ou multilatéraux comme les zones dénucléarisées, ou encore le moratoire appliqué sur les essais. Un engagement de politique étrangère des Etats membres dans une stratégie de désarmement négocié donnerait en outre à l’Union européenne un objectif partagé par la majorité des populations et renouvellerait ainsi des postures manifestement figées.