18/3/2016

Impliquer les femmes pour la construction de la paix


Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège à la 1092ème rencontre du Conseil permanent de l’OSCE, est intervenu le 10 mars 2016, à l’occasion de la Journée internationale de la femme. “Le Saint-Siège encourage les États participants à accorder davantage d’attention et à accueillir les femmes dans toutes sortes d’efforts préventifs de diplomatie et de médiations, ainsi que dans les situations d’après-conflit et dans la construction de la paix.”



Journée internationale de la femme

 

 

Le Saint-Siège invite les Etats à « accorder davantage d’attention et à accueillir les femmes » notamment pour la construction de la paix.

 

Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège à la 1092ème rencontre du Conseil permanent de l’OSCE, est en effet intervenu le 10 mars 2016, à l’occasion de la Journée internationale de la femme.

 

« Le Saint-Siège encourage les États participants à accorder davantage d’attention et à accueillir les femmes dans toutes sortes d’efforts préventifs de diplomatie et de médiations, ainsi que dans les situations d’après-conflit et dans la construction de la paix », a-t-il souligné.

 

« Le Saint-Siège est extrêmement préoccupé par les femmes qui sont victimes de discrimination ou qui sont sous-estimées uniquement sur la base de leur genre et il continuera à travailler avec d’autres parties prenantes à la promotion d’une culture qui reconnaisse la dignité équivalente qui appartient aux femmes et aux hommes, en droit et dans la réalité concrète », a également déclaré Mgr Urbanczyk.

 

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Déclaration du Saint-Siège

 

Monsieur le Président,

 

La délégation du Saint-Siège se joint aux précédents orateurs pour souhaiter la bienvenue, au Conseil permanent, au Dr Ralf Kleindiek, secrétaire d’État du ministère fédéral d’Allemagne pour les Affaires familiales, les Citoyens âgés, les Femmes et les Jeunes. Elle exprime sa gratitude pour cette présentation clairvoyante.

 

Ma délégation a écouté avec un vif intérêt les réflexions sur la situation actuelle des femmes dans les conflits armés et les abus continuels qu’elles subissent, victimes de l’inégalité, de la traite et de l’exploitation. Nous sommes reconnaissants pour cette occasion de réfléchir et d’être en mesure de prendre part activement, avec les autres États participants, à l’examen de ces questions importantes qui concernent les multiples formes de violation de la dignité des femmes ainsi que de la violation des droits humains à leur égard.

 

Pour sa part, le Saint-Siège a cherché à collaborer avec toutes les personnes de bonne volonté en donnant la priorité à des politiques sociales visant à éliminer les causes d’une telle violence. En particulier, le Saint-Siège est extrêmement préoccupé par les femmes qui sont victimes de discrimination ou qui sont sous-estimées uniquement sur la base de leur genre et il continuera à travailler avec d’autres parties prenantes à la promotion d’une culture qui reconnaisse la dignité équivalente qui appartient aux femmes et aux hommes, en droit et dans la réalité concrète.

 

Le Saint-Siège se félicite des progrès déjà faits en faveurs de la promotion des femmes, mais il regrette cependant qu’à une époque où la sensibilité aux problèmes des femmes se fait plus forte que jamais, le monde soit encore confronté à des formes nouvelles et anciennes de violence et d’esclavage à l’encontre des femmes. Celles-ci incluent l’usage du viol comme arme de guerre pendant les conflits ; la traite des filles (qui sont traitées comme de la marchandise) ; les abus à l’encontre des travailleurs domestiques (qui demeurent, parfois, impunis) ; l’enlèvement de jeunes femmes, les mariages forcés, les conversions forcées et les avortements forcés. Toutes ces formes de violence se produisent plus fréquemment là où la pauvreté et l’instabilité sociale dominent ou même là où certains systèmes juridiques et certaines traditions continuent de les cautionner ; elles sont la source de graves et durables effets physiques, psychologiques et sociaux à long terme.

 

Le Saint-Siège encourage les États participants à accorder davantage d’attention et à accueillir les femmes dans toutes sortes d’efforts préventifs de diplomatie et de médiations, ainsi que dans les situations d’après-conflit et dans la construction de la paix. En effet, le rôle des femmes dans la paix et la sécurité ne devrait pas être pensé après-coup ou simplement comme quelque chose de politiquement correct ; mais c’est une contribution essentielle à tous nos efforts pour épargner à notre monde de nouveaux fléaux de guerre et de violence.

 

Un progrès authentique des femmes englobe le respect de leur dignité inhérente, tout en reconnaissant les rôles critiques des femmes, non seulement dans la société, mais aussi dans la famille, en tant qu’épouses participant au mariage à part égale. Ma délégation est convaincue que la meilleure façon de promouvoir la fameuse « égalité des genres » – c’est-à-dire l’égalité entre les femmes et les hommes – et d’augmenter la participation des femmes, réside dans la lutte contre les préjugés et les stéréotypes à l’encontre des femmes, affirmant l’égalité ontologique en dignité et en droits, entre les hommes et les femmes dans tous les secteurs juridiques, culturels et sociaux.

 

En accord avec cela, le Saint-Siège souhaite voir les futurs documents officiels de l’OSCE orientés vers l’accomplissement d’une véritable et authentique égalité entre les femmes et les hommes, entérinée dans les engagements sur lesquels les États membres de l’OSCE se sont mis d’accord, tout en refusant tout autre objet qui pourrait distraire l’OSCE et ses États membres de l’accomplissement de cette égalité et contrecarrer des mesures efficaces et dans les temps destinées à honorer les engagements originels.

 

Enfin, nous tenons à souligner qu’il ne fait aucun doute que beaucoup reste encore à être fait pour répondre de manière satisfaisante aux immenses besoins, pour traiter la question de l’égalité des droits pour les femmes et pour les hommes et pour rendre effectivement les femmes capables de prendre une part active dans tous les secteurs de la société. Par conséquent, nous devons faire plus et agir plus rapidement, parce qu’il n’est désormais plus possible de refuser d’entendre et de voir, de négliger ou de considérer les crimes contre les femmes et les filles – nos mères, nos sœurs et nos filles – comme une conséquence inévitable de cette horrible réalité des conflits armés

 

Merci, Monsieur le Président.

 

 

 

© Traduction de Zenit, Constance Roques

© Source : Zenit. 18 mars 2016