12/12/2014

La dissuasion nucléaire est indigne de l’avenir de l’humanité


Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, a pris la parole lors de la Conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, organisée les 8 et 9 décembre 2014, à Vienne, en Autriche. Une éthique fondée sur la menace de la destruction mutuelle n’est pas digne des générations futures, affirme le Saint-Siège en plaidant pour un monde sans armes nucléaires. Les armes nucléaires sont un problème mondial qui affecte tous les États, les générations futures et l’ensemble de la planète…



Intervention de Monseigneur Tomasi

 

 

« Une éthique fondée sur la menace de la destruction mutuelle n’est pas digne des générations futures », affirme le Saint-Siège en plaidant pour « un monde sans armes nucléaires ».

 

Mgr Silvano M. Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, a pris la parole lors de la Conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, organisée les 8 et 9 décembre 2014, à Vienne, en Autriche.

 

Pour le Saint-Siège, « les armes nucléaires sont un problème mondial » qui affecte « tous les États, les générations futures et l’ensemble de la planète ».

 

« Le statu quo n’est pas viable » car « une éthique fondée sur la menace de la destruction mutuelle n’est pas digne des générations futures », affirme Mgr Tomasi : le seul projet digne de l’avenir de l’humanité est « une éthique enracinée dans la solidarité et la coexistence pacifique ».

 

L’archevêque exprime son inquiétude pour le contexte international actuel : « le monde est confronté à d’énormes défis (problèmes environnementaux, flux migratoires, conflits militaires, pauvreté extrême, crises économiques, etc) ». « Seule la coopération et la solidarité entre les nations sont capables de les affronter », estime-t-il.

 

Il souligne les conséquences éthiques et humanitaires « catastrophiques » de l’utilisation des armes nucléaires. Plutôt qu’un monde « où les armes nucléaires sont accessibles à tous », l’archevêque préfère « imaginer un monde où personne ne les a ». Il souligne que c’est « la forte quête d’un grand nombre de populations du monde ».

 

Il souligne le paradoxe de l’investissement « dans des systèmes d’armes coûteux, en particulier dans les armes nucléaires » où « des milliards sont gaspillés chaque année pour développer et maintenir des stocks qui sont censés ne jamais être utilisés ».

 

Invoquer la sécurité nationale est également paradoxal, ajoute Mgr Tomasi : « Tous les États ont le droit à la sécurité nationale. Pourquoi la sécurité de certains n’est-elle possible qu’avec un type d’arme particulier alors que d’autres États doivent veiller à leur sécurité sans ces armes ? ».

 

En outre, « réduire la sécurité des États à sa dimension militaire est artificielle et simpliste : le développement socio-économique, la participation politique, le respect des droits humains fondamentaux, la primauté du droit, la coopération et la solidarité au niveau régional et international… sont indispensables à la sécurité nationale des États ».

 

L’archevêque ne cache pas son pessimisme devant les mesures actuelles « insuffisantes, et limitées dans l’espace et le temps » : « Les institutions qui sont censées trouver des solutions sont dans l’impasse ».

 

Mais le Saint-Siège note « une prise de conscience renouvelée ». Il salue notamment « l’initiative humanitaire » de la Conférence qui est « un nouvel espoir en vue d’un monde sans armes nucléaires ».

 

Même si cet objectif n’est « pas facile à réaliser », il est atteignable avec la conjugaison de « toutes les énergies et les engagements », y compris « les églises, les communautés religieuses, la société civile, les institutions universitaires », conclut-il.

 

 

 

© Source : Zenit. 12 décembre 2014