10/7/2015

La liberté d’expression, garantie de la liberté religieuse


Le 3 juillet 2015 à Vienne en Autriche, Mgr Janusz Urbańczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), est intervenu lors de la IIe session de la réunion consacrée à la liberté de religion ou de croyance. Il souligne que le rôle des États est de créer le climat approprié pour le dialogue interreligieux, mais pas de conditionner le contenu, le calendrier ou le cadre du dialogue.



Pour le Saint-Siège, « la liberté d’expression est intimement associée à la garantie de la liberté religieuse » : « Il n’y a aucune raison de se sentir offensé par l’expression des profondes convictions religieuses des autres. Porter atteinte à la liberté d’expression impose un remède pire que la maladie. »

 

Mgr Janusz Urbańczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), est intervenu lors de la IIe session de la réunion consacrée à la liberté de religion ou de croyance, qui s’est tenue à Vienne le 3 juillet 2015.

 

La réunion avait pour objectif « d’encourager le respect mutuel et la compréhension » et la IIe session était intitulée « Créer les conditions d’un dialogue interreligieux significatif et soutenu afin d’assurer la stabilité et la sécurité dans la région de l’OSCE ».

 

L’État ne peut fixer le contenu du dialogue interreligieux

 

Le Saint-Siège a mis en garde contre les approches contre-productives des États qui entendent promouvoir la liberté de religion en « conditionnant ce droit », en « imposant au dialogue de se dérouler uniquement selon les valeurs auxquelles les autorités de l’État elles-mêmes donnent la priorité ».

 

Mgr Urbańczyk a constaté que « dans la pratique, le dialogue interreligieux se montre plus fructueux si l’initiative émane des communautés religieuses elles-mêmes plutôt que des acteurs de l’État ».

 

« Il n’est pas de la compétence immédiate de l’OSCE et des États participants d’entrer dans le contenu du dialogue interreligieux qui est, à proprement parler, une question réservée aux religions », a-t-il insisté.

 

Le rôle des États, en revanche, est de « créer le climat approprié pour que le dialogue interreligieux puisse avoir lieu », sans pour autant « conditionner le contenu, le calendrier ou le cadre du dialogue lui-même », ni « empiéter sur le fonctionnement interne des organes religieux autonomes concernés ».

 

La liberté d’expression garantit la liberté religieuse

 

« La liberté d’expression est intimement associée à la garantie de la liberté religieuse », a également souligné le représentant du Saint-Siège, plaidant pour « un dialogue ouvert et fructueux dans une atmosphère de respect et de compréhension mutuels ».

 

Les points de vue différents « ne devraient jamais être une occasion d’étouffer la liberté d’expression », a-t-il ajouté : « Dans l’interaction entre la liberté religieuse et la liberté d’expression, il vaut la peine de mentionner qu’il n’y a aucune raison de se sentir offensé par l’expression des profondes convictions religieuses des autres. Porter atteinte à la liberté d’expression impose un remède pire que la maladie, si la perception de l’intolérance d’un groupe provoque l’intolérance de la majorité. »

 

Le dialogue interreligieux doit se dérouler « selon les préceptes de la raison », sans refuser « la critique légitime », a poursuivi Mgr Urbańczyk. « Cependant, lorsque les dirigeants [religieux] sont calomniés ou font l’objet d’une enquête simplement pour avoir exprimé leurs convictions, en parfait accord avec les croyances établies de leur confession, cela donne l’impression que tous les croyants sont officiellement soupçonnés, compromettant ainsi sérieusement les conditions préalables essentielles au dialogue. »

 

Il a recommandé enfin de « sensibiliser l’opinion à la contribution constructive des religions dans les secteurs éducatifs, culturels, sociaux et caritatifs » : « Une telle approche favorisera aussi un dialogue accru avec les vastes communautés d’immigrants dans la zone de l’OSCE », a-t-il estimé.

 

 

 

Avec une traduction de Constance Roques

© Source : Zenit. 10 juillet 2015