21/5/2015

La liberté religieuse, clé de voûte des démocraties


Le 18 mai 2015, Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, est intervenu au cours de la Conférence sur la prévention et la lutte contre l’intolérance et la discrimination des chrétiens, en particulier les crimes haineux, l’exclusion, la marginalisation et le déni des droits, à Vienne en Autriche. Pour le Saint-Siège, c’est de la négation de la liberté religieuse, de l’intolérance et de la discrimination que naît presque toujours la violence.



Conclusion du Saint-Siège à la Conférence de l’OSCE sur la prévention et la lutte contre l’intolérance et la discrimination des chrétiens en Europe.

 

« La liberté religieuse et la liberté d’expression sont deux des clés de voûte des démocraties modernes… les deux sont nécessaires », rappelle Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

 

Le diplomate est intervenu au cours de la Conférence de l’OSCE sur la prévention et la lutte contre l’intolérance et la discrimination des chrétiens, en se concentrant sur les crimes haineux, l’exclusion, la marginalisation et le déni des droits, à Vienne, le 18 mai 2015.

 

Au cours de la session conclusive, il a souhaité une « prise de conscience généralisée du problème » en Europe et dans le monde : si ces incidents commis contre les chrétiens en Europe « ne peuvent être comparés avec la persécution et le meurtre de chrétiens dans d’autres régions du monde », ils doivent cependant être éradiqués « afin d’éviter certains scénarios indésirables ».

 

Pour le Saint-Siège, c’est en effet « de la négation de la liberté religieuse, de l’intolérance et de la discrimination que naît presque toujours la violence ». Une liberté religieuse amoindrie « crée un climat où les tensions sont exacerbées et la violence augmente au lieu de diminuer ».

 

« Afin d’empêcher la violence, il est très important de promouvoir et de consolider la liberté religieuse, y compris la liberté de conscience » et que personne ne soit « obligé d’embrasser des idées ou des comportements contraires à ses convictions les plus intimes ».

 

Mais cette question « n’appartient pas exclusivement au christianisme… la liberté religieuse, d’une part, et la liberté d’opinion et d’expression, d’autre part, sont deux des clés de voûte des démocraties modernes » : « les deux sont nécessaires pour maintenir nos sociétés ».

 

C’est pourquoi, pour le Saint-Siège, il est « extrêmement préoccupant qu’aujourd’hui, en Europe et dans la région de l’OSCE, dans de nombreux endroits et à bien des égards, la liberté des chrétiens semble être objectivement en danger ».

 

« Agir et parler publiquement comme un chrétien n’a jamais été plus menacé », a déploré Mgr Urbanczyk : « les chrétiens devraient être autorisés à exprimer leur identité religieuse publiquement, sans aucune pression [leur demandant] de se cacher ou de se déguiser ».

 

« La discrimination contre les chrétiens, même là où ils sont une majorité, doit être affrontée comme une grave menace pour l’ensemble de la société et doit être combattue, comme cela a été fait, à juste titre, dans le cas de l’antisémitisme et de l’intolérance envers les musulmans », a-t-il conclu en appelant de ses vœux l’adoption d’« une Déclaration ministérielle sur les crimes haineux, l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens » en décembre prochain à Belgrade.  

 

 

© Source : Zenit. 21 mai 2015 – Crédit photo : Archives Reuters

 

 

 

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Pour une Journée internationale

contre la discrimination des chrétiens

 

 

Mgr Urbanczyk, représentant du Saint-Siège à l’OSCE, recommande « une sensibilisation de la société » à travers « du matériel éducatif sur la lutte contre ce phénomène négatif » et l’institution d’une Journée internationale de lutte contre la discrimination des chrétiens.

 

Le Saint-Siège appelle la communauté internationale « à lutter contre l’intolérance et la discrimination des chrétiens avec la même détermination que pour d’autres communautés religieuses ». Il demande l’institution d’une « Journée internationale de lutte contre la discrimination des chrétiens ».

 

Mgr Janusz Urbanczyk, représentant permanent du Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est intervenu au cours de la Conférence sur la prévention et la lutte contre l’intolérance et la discrimination des chrétiens, en particulier les crimes haineux, l’exclusion, la marginalisation et le déni des droits, à Vienne, le 18 mai 2015.

 

Au cours de la deuxième session, le diplomate a fait observer que « les tendances juridiques contemporaines en Europe révèlent une méfiance envers la religion, les institutions religieuses et leur rôle public ». En outre, « la religion est perçue comme un obstacle à la pleine réalisation de sociétés plus tolérantes ». « Ces actes d’intolérance, d’exclusion et de marginalisation sont préoccupants et exigent une réponse urgente. »

 

Il a dénoncé « les tendances sociales qui étiquettent faussement certains enseignements religieux de nature morale comme discriminatoires et, par conséquent, susceptibles d’être interdits par la loi » : « Une telle pratique constituerait une restriction injustifiée de la liberté d’opinion et d’expression » et serait finalement « une expression d’intolérance religieuse ».

 

« Les chrétiens sont particulièrement touchés par un tel traitement », a-t-il insisté : « il semble désormais légitime de lancer des insultes de toutes sortes contre le christianisme… les instituts religieux, comme les écoles ou les organismes de bienfaisance, sont signalés comme discriminateurs potentiels s’ils veulent préserver leur caractère religieux ».

 

Mgr Urbanczyk a exprimé sa préoccupation pour les « campagnes bien orchestrées contre les chrétiens et tous ceux qui expriment pacifiquement leurs opinions concernant la nature humaine, la famille naturelle traditionnelle, le mariage, l’homosexualité, la dignité de la personne humaine de sa conception jusqu’à sa mort naturelle… Il est aberrant de voir que la libre expression liée à ces questions, est limitée et menacée à tous les niveaux de la société ».

 

« L’intolérance au nom de la « tolérance » doit être nommée pour ce qu’elle est et condamnée publiquement », ajoute-t-il : « Refuser les arguments moraux religieux sur la place publique est intolérant, anti-démocratique et anti-religieux ». Pour le Saint-Siège, « aucun enseignement religieux, à l’exception de ceux qui enflamment directement la violence, ne doit être interdit par la loi, qu’ils soit ou non politiquement correct ».

 

Au cours de la session 3, Mgr Urbanczyk a évoqué les meilleures pratiques de la lutte contre la discrimination des chrétiens : alors que « les incidents visant les chrétiens sont souvent sous-estimés ou pas signalés du tout », « il est nécessaire que les gouvernements se concentrent davantage sur les moyens de promouvoir l’information spécialisée dans les crimes haineux contre les chrétiens ».

 

« Pour ce faire, a-t-il ajouté, il est important de prêter plus d’attention lorsque des crimes se produisent sur les biens religieux, comme des églises, ou contre des représentants religieux… Plus qu’un simple vandalisme, ce sont des messages clairs d’intolérance et de haine. »

 

Quels que soient les incidents – profanation des lieux de culte, actes de vandalisme contre des lieux saints, agressions verbales et physiques contre des chrétiens – de « nombreux cas ne sont jamais signalés » en raison de l’enseignement du christianisme « à souffrir en silence le mal inévitable et l’injustice », a-t-il précisé.

 

Il est du devoir « de tous les gouvernements d’agir clairement contre ces crimes haineux et de protéger les chrétiens » ou « toute personne, quelle que soit son origine ou ses croyances religieuses » : il s’agit de « signaler ces incidents et s’engager sérieusement en sorte que tous les citoyens, y compris les chrétiens, puissent vivre paisiblement, professer et pratiquer librement leur foi ».

 

Mgr Urbanczyk a appelé la communauté internationale « à lutter contre l’intolérance et la discrimination, les incidents motivés par la haine contre les chrétiens avec la même détermination que pour d’autres communautés religieuses ».

 

Il a recommandé « une sensibilisation de la société en général, et des représentants de la police et du gouvernement en particulier » : « L’OSCE et le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) pourraient jouer un rôle important dans cet effort » en fournissant « du matériel éducatif sur la lutte contre ce phénomène négatif », semblable au matériel existant pour sensibiliser sur l’antisémitisme et l’intolérance envers les musulmans.

 

Enfin, la délégation du Saint-Siège a réitéré son appel à instituer une Journée internationale de lutte contre la discrimination des chrétiens en collaboration avec l’OSCE.

 

 

 

© Source : Zenit. 21 mai 2015