24/8/2012

La violence contre les religions porte à la désagrégation sociale


L’apport révolutionnaire du christianisme dans la démocratie est la fraternité, estime Mgr Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, qui est intervenu au cours d’une rencontre sur le thème ‘Exigence de justice à la racine de la démocratie’, le 23 août 2012, lors d’un rassemblement organisé par le mouvement Communion et Libération. Le christianisme peut donner un apport original pour la reconstruction des sociétés démocratiques : il s’agit de la fraternité, communion de l’un avec l’autre dans l’unique corps du Christ.



Intervention de Mgr Tomasi à la rencontre de Rimini

 

 

La violence contre les religions porte à la désagrégation sociale, souligne Mgr Tomasi, le 23 août 2012.

 

Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies à Genève, est intervenu sur le thème « la soif croissante de justice et de démocratie des peuples », dans le cadre de la rencontre internationale organisée par le mouvement Communion et Libération à Rimini (Italie), du 19 au 24 août 2012.

 

L’archevêque est revenu sur son intervention, au micro de Radio Vatican en italien, dénonçant « une augmentation de l’intolérance religieuse » dans le monde.

 

D’après le travail d’enquêtes sociologiques, déclare l’archevêque, « c’est une évidence désormais prouvée que les chrétiens sont le groupe religieux le plus persécuté dans le monde d’aujourd’hui, c’est-à-dire le groupe le plus limité dans ses droits ».

 

« Parfois c’est l’Etat qui limite la liberté des croyants, parfois c’est la société qui persécute les communautés chrétiennes ou d’une autre minorité religieuse », explique-t-il.

 

Il s’agit d’un phénomène très répandu, souligne-t-il, avec des situations « extrêmes », comme au Nigeria ou au Kenya où explosent des bombes dans les lieux de culte, ou encore comme en Irak et en Syrie, où les communautés chrétiennes sont forcées à l’exil à cause de la violence.

 

Même si quelquefois des raisons politiques sont données à ces persécutions, « la véritable raison est la diversité de foi », affirme Mgr Tomasi. Or, « ces violentes perpétrés contre des communautés religieuses portent à la désagrégation sociale ».

 

Dans la culture occidentale, poursuit-il, les croyants sont attaqués par une stratégie différente, dans laquelle on présente la religion comme « obstacle à la liberté individuelle ».

 

Cependant, ces mêmes Etats ou groupes sociaux, en voulant « éliminer tout rôle public de la religion », « violent les droits des croyants », fait observer l’archevêque. Dans les faits, ce n’est donc pas « le groupe religieux qui empêche la réalisation du droit de chacun », mais c’est « la position publique qui limite le droit de ceux qui ont une foi religieuse ».

 

C’est une « stratégie plutôt subtile mais très efficace », commente Mgr Tomasi, « car à terme elle empêche les valeurs chrétiennes d’être prises en compte dans les décisions publiques ».

 

 

© Source : Zenit. 24 août 2012

 

 

 

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L’apport « révolutionnaire » du christianisme dans la démocratie

 

Intervention de Mgr Tomasi à Rimini

 

 

L’apport « révolutionnaire » du christianisme dans la démocratie est la « fraternité », estime Mgr Tomasi.

 

Mgr Silvano Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours d’une rencontre sur le thème « Exigence de justice à la racine de la démocratie », le 23 août 2012, dans le cadre du rassemblement de Rimini (Italie) organisé par le mouvement Communion et Libération.

 

Pour Mgr Tomasi, « le christianisme peut donner un apport original pour la reconstruction des sociétés démocratiques : il s’agit de la fraternité, mot cité 19 fois dans les écrits du Nouveau testament, avec le terme grec koinonia, communion de l’un avec l’autre dans l’unique corps du Christ ».

 

Même si la « compréhension religieuse du terme » n’est pas accessible à tous, son message est « pratique », affirme l’archevêque : en effet, « la communion implique la participation profonde, le partage, l’ensemble des éléments qui créent un lien avec le prochain à travers des expériences et des objectifs communs en vue d’atteindre un bien plus grand ».

 

La fraternité n’est pas seulement « à but économique et matériel », précise-t-il, elle peut même être « révolutionnaire dans son originalité », dans le sens où « elle donne de façon effective une valeur réelle à chaque personne, indépendamment de son état ».

 

« Si cette fraternité ne se réalise pas, la gestion de la mondialisation en cours devient ambiguë, problématique, injuste », déplore Mgr Tomasi : avec la fraternité au contraire, « l’avenir commun des hommes, au lieu d’être hypothéqué dans un relativisme de convenance, peut devenir une expérience de succès ».

 

Ce succès advient dans la mesure où « les ambiguïtés de la liberté et de l’égalité sont éliminées » et où « l’authentique aspiration vers l’infini, qui est le signe le plus précieux de l’humanité, continue à stimuler vers une participation vivante de tous dans la communauté locale, nationale et mondiale », souligne l’archevêque.

 

« Ainsi, conclut-il, les exigences de justice pour la vraie démocratie se réalisent et ouvrent un horizon plus large que celui de la justice, un horizon qui est l’amour ».

 

 

 

Antonio Gaspari

Traduction d’Anne Kurian

© Source : Zenit. 27 août 2012