25/9/2014

Le cardinal Parolin plaide l’intégration pour combattre le terrorisme


Présent à New-York, le cardinal secrétaire d’Etat du Vatican Mgr Pietro Parolin s’est exprimé le 24 septembre 2014 devant le Conseil de Sécurité de l’ONU, lors d’un débat ouvert sur les menaces à la paix internationale et la sécurité que représentent les actes terroristes. Parce que la coopération internationale doit aussi s’attaquer aux causes profondes qui nourrissent le terrorisme international, le cardinal exhorte à la compréhension interculturelle et à la justice sociale, indispensables pour contenir le terrorisme



Présent à New-York, le cardinal secrétaire d’Etat du Vatican Mgr Pietro Parolin s’est exprimé devant le Conseil de Sécurité de l’ONU mercredi, lors d’un débat ouvert sur les menaces à la paix internationale et la sécurité que représentent les actes terroristes.

 

Rappelant que les défis posés par l’extrémisme religieux font appel à un « engagement partagé de toutes les nations et gens de bonne volonté », le cardinal Parolin a déclaré que la coopération internationale doit aussi s’attaquer aux « causes profondes qui nourrissent le terrorisme international » : « les jeunes qui voyagent pour rejoindre les organisations terroristes viennent souvent de familles d’immigrés pauvres, a-t-il souligné, désenchantés par ce qu’ils vivent comme une situation d’exclusion et par un manque d’intégration et de valeurs dans certaines sociétés ». Le cardinal appelle les gouvernements à collaborer avec la société civile pour répondre aux problèmes des communautés les plus exposées à la radicalisation, et parvenir à une intégration sociale satisfaisante.

 

« Le Saint-Siège, qui est un Etat souverain mais aussi le représentant d’une communauté mondiale de foi, affirme que les gens de foi ont une grande responsabilité, celle de condamner ceux qui cherchent à séparer la foi de la raison et à instrumentaliser la foi comme justification à la violence » a lancé Mgr Parolin.

 

Le secrétaire d’état du Saint-Siège a repris les propos du Pape François lors de son voyage en Albanie dimanche dernier : « Ne laissez personne penser qu’il est protégé par “l’armure” de Dieu quand il prépare et exécute des actes de violence et d’oppression ! Que personne n’utilise la religion comme un prétexte pour des actions contre la dignité humaine et contre les droits fondamentaux de chaque homme et femme, surtout le droit à la vie et à la liberté religieuse ! ». 

 

La compréhension comme clé pour désamorcer les risques

 

Parallèlement, Mgr Parolin exhorte à la compréhension interculturelle et à la justice sociale, « indispensables » pour contenir le terrorisme, car « quand l’adhésion à une tradition religieuse spécifique débouche sur un service de générosité, avec conviction, et qui concerne le bien de la société toute entière sans faire de distinction, alors là aussi, il existe vraiment une liberté religieuse authentique et mûre ».

 

Le secrétaire d’Etat du Vatican a également évoqué les déclarations d’un autre Pape, Saint Jean-Paul II, lors des attentats du 11 septembre 2001. Le Pape polonais mettait alors en garde contre le risque d’utiliser la violence contre la violence au moment de se défendre contre la menace terroriste. Selon lui, la réponse au terrorisme doit respecter « les limites morales et légales dans le choix de la fin et des moyens. Le coupable doit être identifié correctement, dès lors que la responsabilité criminelle est toujours personnelle et ne peut pas être étendue à une nation, un groupe ethnique ou religieux auquel les terroristes peuvent appartenir ».

 

 

© Source : Radio Vatican. 25 septembre 2014

 

 

 

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ONU : s’attaquer aux causes profondes du terrorisme

 

Intervention du cardinal Parolin

 

 

Pour le Saint-Siège, « la communauté internationale doit s’attaquer aux causes profondes qui nourrissent le terrorisme international », en travaillant à « l’intégration sociale des communautés à risque de radicalisation ».

 

Le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin est intervenu devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 24 septembre 2014 à New-York, dans le cadre du débat « Menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par des actes terroristes ».

 

Déplorant une « escalade de la terreur » à cause du « terrorisme alimenté par un extrémisme violent dans certaines régions du monde », il a souligné que ce défi exigeait « l’engagement de toutes les nations et de tous les hommes de bonne volonté ».

 

Il est de la responsabilité de la communauté internationale de « protéger les personnes menacées par la violence et les agressions directes contre leur dignité humaine » car le terrorisme « représente une menace pour l’humanité », a-t-il ajouté.

 

Citant le pape saint Jean-Paul II, le cardinal a cependant rappelé que « le droit de défendre les pays et les peuples ne fournit pas de licence pour répondre à la violence par la violence » : il doit être exercé « dans le respect des limites morales et légales » et en choisissant les moyens adaptés.

 

En outre, « le coupable doit être correctement identifié, car la responsabilité pénale est toujours personnelle et ne peut être étendue à la nation, à un groupe ethnique ou à la religion à qui appartiennent les terroristes ».

 

Pour le Saint-Siège, « la coopération internationale doit également s’attaquer aux causes profondes qui nourrissent le terrorisme international ». Il diagnostique notamment « une forte composante socio-culturelle » : « les jeunes de l’étranger qui rejoignent les rangs des organisations terroristes sont souvent issus de familles d’immigrants pauvres, déçus par ce qu’ils ressentent comme une situation d’exclusion et par un manque d’intégration des valeurs de certaines sociétés ».

 

Il s’agit donc de « collaborer avec la société civile pour résoudre les problèmes des communautés les plus à risque de radicalisation et de parvenir à leur intégration sociale satisfaisante ».

 

Les croyants « ont la grave responsabilité de condamner ceux qui cherchent à instrumentaliser la foi pour justifier la violence », a ajouté le cardinal Parolin en citant le pape  : « Que personne ne pense pouvoir se faire de Dieu un bouclier lorsqu’il projette et accomplit des actes de violence et de mépris ! Que personne ne prenne prétexte de la religion pour accomplir ses propres actions contraires à la dignité de l’homme et à ses droits fondamentaux, en premier lieu celui à la vie et à la liberté religieuse de tous ! » (Voyage apostolique en Albanie, 21 septembre 2014).

 

 

 

© Source : Zenit. 25 septembre 2014