17/3/2017

Le Conseil Œcuménique des Eglises sérieusement préoccupé par les interdictions de voyages posées par Israël.


Le Conseil Œcuménique des Eglises (COE) a exprimé aujourd’hui sa vive préoccupation vis-à-vis d’une nouvelle loi présentée Lundi devant la Knesset qui interdit d’accorder des visas d’entrée aux étrangers qui appellent au boycott économique, culturel ou académique soit d’Israël, soit des colonies israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés.



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9 Mars 2017.

 

 

Le Conseil Œcuménique des Eglises (COE) a exprimé aujourd’hui sa vive préoccupation vis-à-vis d’une nouvelle loi présentée Lundi devant la Knesset qui interdit d’accorder des visas d’entrée aux étrangers qui appellent au boycott économique, culturel ou académique soit d’Israël, soit des colonies israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés. La « loi d’entrée en Israël (refus de visa aux non-résidents qui appellent publiquement à un boycott d’Israël » ne fait apparemment pas de distinction entre boycotter Israël même et boycotter les produits des colonies, qui sont largement considérées comme illégales selon le droit international.

 

« Si ce qu’on sait de son contenu et de ses intentions est exact, cette loi est terriblement rétrograde » a indiqué le Secrétaire Général du COE, le Rev Dr Olav Fykse Tveit. « Ce serait une violation claire de la liberté d’expression, ce qui serait d’une importance capitale pour ceux qui veulent visiter Israël, pour ceux qui doivent vivre sous l’occupation, et pour ceux qui veulent se rendre dans les Territoires Palestiniens. C’est aussi une violation importante de la liberté religieuse. C’est précisément à cause de nos principes et enseignements chrétiens que nous, membres du Conseil Œcuménique des Eglises, considérons l’achat et la consommation de biens produits dans les colonies israéliennes des Territoires Occupés, immoraux, et c’est pour la même raison que beaucoup d’Eglises et de chrétiens dans le monde ont choisi de se défaire de leurs avoirs dans des sociétés qui tirent profit de cette occupation illégale ». Tveit a fait remarquer que, si elle était appliquée dans ses termes actuellement connus, « cette nouvelle législation aurait pour effet d’interdire l’accès d’Israël aux représentants de beaucoup d’Eglises dans le monde, pour accompagner leurs Eglises chrétiennes sœurs dans la région, et pour visiter les lieux saints pour les chrétiens. Ceci impacte potentiellement la liberté religieuse de nombreux chrétiens dans le monde, et nuit aux Chrétiens de Palestine et d’Israël. Cela pourrait vouloir dire que je ne peux plus, comme Secrétaire Général du COE, rendre visite à nos Eglises membres en Israël et Palestine, ni non plus visiter les lieux saints ». Le COE – dont les 348 Eglises membres représentent plus de 560 millions de Chrétiens au total – a encouragé ses Eglises membres à réfléchir dans leur propre contexte à des moyens non-violents pour s’opposer à l’occupation et pour œuvrer à une paix juste en Israël et Palestine selon leurs propres principes moraux et leur doctrine. Le COE  a une politique propre et de longue date invitant ses Eglises membres à boycotter les produits des colonies israéliennes et à reconsidérer leurs investissements selon la même perspective, et beaucoup d’entre elles ont fait des déclarations et lancé des actions en ce sens.

 

« Le COE affirme et soutient le droit d’Israël à exister, rejette catégoriquement la violence comme moyen de résoudre le conflit, et a qualifié l’antisémitisme de péché devant Dieu » a précisé Tveit. « Mais nous considérons, en accord avec les Nations Unies et une large majorité de la communauté internationale, l’occupation depuis 50 ans des Territoires Palestiniens Occupés comme illégale. Et sur cette base, le COE a encouragé à boycotter les marchandises en provenance des colonies israéliennes des Territoires Occupés, à retirer leurs investissements des sociétés qui tirent bénéfice de l’occupation, à investir dans les sociétés palestiniennes qui peuvent stimuler l’économie locale, mais pas à un boycotte général ou à des sanctions contre Israël ». « Le COE souhaite des mesures de justice et de dignité identiques pour tous les peuples, et une paix juste et identique pour les Israéliens et pour les Palestiniens » a poursuivi Tveit, « mais cette législation représente une forme d’isolationnisme qui ne peut pas contribuer aux intérêts d’Israël au sein de la communauté internationale, et encore moins à ceux des peuples de la région. C’est un changement crucial dans la manière dont Israël se situe face au reste du monde. J’espère et je prie pour que cela ne s’avère pas être la politique et la pratique véritable du Gouvernements ».

 

Eglises membres du Programme d’accompagnement œcuménique en Israël et Palestine.