11/4/2016

Le Pape François encourage les acteurs de la non-violence


Le Pape François a envoyé un message aux participants d’une réunion qui se tient à Rome du 11 au 13 avril 2016, co-organisée par le mouvement Pax Christi, et par le Conseil pontifical Justice et Paix, sur le thème de la non-violence. Le Pape écrit qu’il est nécessaire d’œuvrer « pour une vraie paix à travers la rencontre entre des personnes concrètes et la réconciliation entre les peuples et groupes qui s’affrontent dans des positions idéologiques opposées. »



Le Pape François a envoyé un message aux participants d’une réunion co-organisée par le mouvement Pax Christi, et par le Conseil pontifical Justice et Paix, sur le thème de la non-violence. Cette conférence se tient à Rome du 11 au 13 avril 2016.

 

Dans un message au cardinal Turkson, faisant une nouvelle fois allusion à cette « singulière et terrible guerre mondiale par morceaux » que vit le monde actuellement, le Pape écrit qu’il est nécessaire d’œuvrer « pour une vraie paix à travers la rencontre entre des personnes concrètes et la réconciliation entre les peuples et groupes qui s’affrontent dans des positions idéologiques opposées ».

 

Citant Paul VI, le Pape évoque « le patient effort de cette supérieure fantaisie créative, que nous appelons diplomatie », tout en rappelant qu’il est « nécessaire de renouveler tous les instruments plus adaptés à concrétiser l’aspiration à la justice et à la paix des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Ainsi, la réflexion pour relancer le parcours de la non-violence (…) constitue une contribution positive et nécessaire» .

 

Le Pape rappelle que la guerre fut l’unique notion condamnée par le Concile Vatican II, et dénonce une nouvelle fois la réalité de plus en plus massive des murs, des murs symboliques d’indifférence qui provoquent des divisions dans les sociétés, mais aussi des murs matériels, concrets, qui défigurent l’environnement avec des conséquences souvent néfastes en termes de sécurité et de paix sociale.  

 

François lance un nouvel appel à ce que la miséricorde l’emporte sur l’indifférence, rappelant que la miséricorde trouve son expression politique dans la solidarité, qui « constitue l’attitude morale et sociale qui répond le mieux à la prise de conscience des plaies de notre temps et de l’interdépendance entre la vie des individus et celle des communautés familiales, locales ou globales ». La tâche est immense donc, « dans notre monde complexe et violent», pour tous ceux qui «œuvrent pour la paix en vivant l’expérience de la non-violence ».

 

En conclusion de son message, le Pape renouvelle ses appels envoyés aux responsables des  États en cette Année jubilaire : l’un pour l’abolition de la peine de mort, l’autre pour l’annulation de la dette (ou sa gestion soutenable) des pays les plus pauvres.

 

 

© Source : Radio Vatican. 11 avril 2016

Crédit photo : Des manifestants brésiliens accueillant le Pape lors de sa visite au Brésil, en juillet 2013. – AFP

 

 

 

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Pax Christi et Justice et Paix :

trois objectifs du pape François

 

« Pas de violence et une paix juste »

 

 

L’abolition de la peine de mort, l’amnistie de prisonniers et l’allègement de la dette sont trois objectifs indiqués par le pape François.

 

Pour résoudre la « terrible guerre mondiale par morceaux » que vit l’humanité, il y a trois chemins à prendre : rencontrer et faire rencontrer les personnes, réconcilier les peuples entre eux, et favoriser la justice, rappelle le pape François.

 

Le pape François indique ne effet ces trois objectifs dans un message aux participants du congrès de Pax Christi international, organisé à Rome en collaboration avec le Conseil pontifical Justice et paix, sur le thème : « Pas de violence et une paix juste : favoriser la compréhension catholique et l’engagement à la non-violence », rapporte Radio Vatican.

 

En cette année jubilaire, le pape invite les participants à soutenir deux appels: l’abolition de la peine de mort, là où celle-ci est encore en vigueur, et la possibilité d’une amnistie pour les prisonniers, et l’élimination ou la gestion durable de la dette internationale pour les Etats plus pauvres.

 

Pour le pape François, dans un monde « complexe et violent », « la mission des artisans de paix, qui vivent l’expérience de la non-violence, est immense » : obtenir le « désarmement intégral », « combattre la peur », poursuivre un « dialogue ouvert et sincère », en cherchant « le bien commun ».

 

C’est, reconnaît le pape, «un travail ardu », qui suppose « prendre les devants, donner et recevoir », mais aussi un dialogue qui « part des différences de chacun en cherchant le bien commun » et, quand un accord est trouvé, tout faire pour « le faire tenir ».

 

Le pape encourage les participants à « poursuivre leurs efforts » et à utiliser tous les « moyens positifs » dont ils disposent », pour tenter de répondre aux aspirations de justice et de paix des hommes d’aujourd’hui ».

 

Le « sage effort » de la diplomatie doit être soutenu, estime-t-il, « par tous les moyens ».

 

Ceux qui fondèrent Pax Christi et le conseil pontifical Justice et Paix s’engagèrent à aider les personnes à se rencontrer, les peuples de différentes idéologies à se réconcilier, à lutter pour la justice politique sociale et économique. Et ces voies sont aujourd’hui celles qui doivent aider à résoudre la guerre mondiale « par morceaux » que vit l’humanité, souligne le pape.

 

Il réaffirme deux concepts importants: « l’abolition de la guerre est l’objectif ultime, le plus digne de la personne et de la communauté humaine » ; « nier ou dissimuler les conflits » est inutile, il faut au contraire « les accepter pour ne pas se laisser prendre au piège et perdre la vision générale » des faits. C’est la seule voie possible pour trouver des solutions.

 

Mais, en tant que chrétiens, poursuit le pape, c’est en considérant « nos semblables comme des frères », et seulement comme ça, que nous saurons surmonter les guerres et toute conflictualité.

 

Il invite à surmonter ce « mur d’indifférence » qui nuit à l’homme mais aussi à « l’environnement naturel, avec des conséquences néfastes », souligne le pape. Et il insiste : les efforts déployés pour mettre un terme à cette « triste réalité », n’auront de succès que si on « imite le Père », en nous montrant « capables de faire preuve de miséricorde », laquelle miséricorde, en politique, s’appelle « solidarité ».

 

 

 

© Source : Zenit. 12 avril 2016