30/12/2014

L’Eglise de Suisse appelle à un monde fraternel sans esclavage


Les évêques suisses lancent un appel à combattre l’esclavage moderne pour un monde fraternel sans esclavage ni exploitation, en écho au Message du pape François pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2015. Mgr Markus Büchel, président de la Conférence épiscopale, signe en effet un appel aux décideurs politiques suisses pour qu’ils veillent sur les traités internationaux conclus par le pays : “Votre mandat politique vous confère une lourde responsabilité pour l’avenir de notre pays et de notre société…”



Appel des évêques de Suisse aux décideurs politiques

 

 

Les évêques suisses lancent un appel à combattre l’esclavage moderne « pour un monde fraternel sans esclavage ni exploitation », en écho au Message du pape François pour la Journée mondiale de la paix (1er janvier 2015).

 

Mgr Markus Büchel, président de la Conférence épiscopale, signe en effet un appel aux décideurs politiques suisses pour qu’ils veillent sur les traités internationaux conclus par le pays, « pour un monde fraternel sans esclavage ni exploitation » : « soignez les accords internationaux que notre pays a signés et qui sont de première importance pour la Suisse tout comme pour nos partenaires ».

 

Le pape exhorte dans son message à combattre toute forme d’esclavage moderne « qui sévit toujours aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde et que des millions de personnes subissent quotidiennement », souligne l’évêque.

 

Sur ce modèle, Mgr Büchel interpelle les responsables : « Votre mandat politique vous confère une lourde responsabilité pour l’avenir de notre pays et de notre société. Cette responsabilité requiert de votre part un fort investissement en temps et en personne », insiste-t-il.

 

Evoquant les victimes de « conditions de travail inhumaines, les migrantes et les migrants qui doivent vivre sans perspectives, les femmes et les enfants qui sont contraints à la prostitution, les personnes dont les organes sont vendus comme de simples marchandises et les hommes jeunes enrôlés de force par des armées régulières », Mgr Büchel rappelle « que le destin de ces frères et sœurs asservis nous concerne aussi ». 

 

 

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Appel aux décideurs politiques également en Suisse

 

 

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,

 

Votre mandat politique vous confère une lourde responsabilité pour l’avenir de notre pays et de notre société. Cette responsabilité requiert de votre part un fort investissement en temps et en personne. Aussi, je tiens à vous remercier très sincèrement, en ce début de la nouvelle année, de votre travail difficile mais précieux.

 

J’attire, par la même occasion, votre attention sur le message du pape François à l’occasion du 1er janvier, journée mondiale de la paix. Le pape François nous appelle tous  à combattre toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme afin que nous soyons « non plus esclaves mais frères et sœurs ».

 

Cet appel est lancé sur fond de formes multiples d’esclavage moderne qui sévissent toujours aujourd’hui dans de nombreuses régions de notre monde et que des millions de personnes subissent quotidiennement. Le pape évoque notamment les travailleuses et travailleurs qui sont exploités dans des conditions de travail inhumaines, les migrantes et les migrants qui doivent vivre sans perspectives, les femmes et les enfants qui sont contraints à la prostitution, les personnes dont les organes sont  vendus comme de simples marchandises et les hommes jeunes enrôlés de force par des armées régulières ou des groupes terroristes qui sont forcés de tuer dans les nombreux conflits armés.

 

Il souligne que le destin de ces frères et sœurs asservis nous concerne aussi, que nous devons tous assumer nos responsabilités en faveur de systèmes économiques et commerciaux justes, que ce soit en tant que consommateurs, entrepreneurs ou politiciens. Le pape François relève, dans ce contexte, les législations nationales sur les migrations, sur le travail, sur l’adoption, sur la délocalisation des entreprises et sur la lutte contre la corruption mais également l’importance primordiale des organisations intergouvernementales et internationales qui rendent possible la collaboration à différents niveaux.

 

Compte tenu des débats politiques actuels dans notre pays et en ma qualité de président de la Conférence des évêques suisses, j’aimerais, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, vous recommander tout spécialement ceci : soignez les accords internationaux que notre pays a signés et qui sont de première importance pour la Suisse tout comme pour nos partenaires. Je vous rappelle aussi les paroles sans équivoque du pape François lors de sa récente visite des institutions européennes à Strasbourg.

 

Je termine cette lettre à votre intention avec mes vœux les meilleurs pour une année 2015 de paix, de joie et de réussites. Que Dieu soit avec nous et nous fortifie dans notre engagement pour un monde fraternel sans esclavage ni exploitation.

 

 

Mgr Markus Büchel
Président de la Conférence des évêques suisses

 

 

 

© Source : Zenit. 30 décembre 2014 – Conférence des Evêques Suisses. 26 décembre 2014