24/8/2015

L’Église se mobilise contre la violence endémique au Brésil


La violence urbaine est monnaie courante au Brésil, surtout dans les métropoles… Les assassinats sont la principale cause de décès chez les moins de 25 ans. Religieux, directeurs d’écoles, magistrats, services sociaux et dirigeants locaux s’efforcent depuis des années de lutter contre l’insécurité et la banalisation de cette violence endémique. Des prélats étrangers ont été invités à se rendre à Rio de Janeiro dans le cadre d’une série de rencontres et de conférences sur le défi de la paix dans les grandes villes.



La violence urbaine est monnaie courante au Brésil, surtout dans les métropoles : Sao Paulo, Rio, Porto Alegre, Curitiba, Belo Horizonte… Les assassinats sont la principale cause de décès chez les moins de 25 ans. Des prélats étrangers ont été invités à se rendre à Rio de Janeiro dans le cadre d’une série de rencontres et de conférences sur le défi de la paix dans les grandes villes. L’archevêque de Barcelone est déjà sur place. Il sera suivi la semaine prochaine du cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix.

 

Dans les favelas délabrées et surpeuplées de Rio de Janeiro, les gangs de la drogue sont les principaux employeurs de la jeunesse qui traine dans la rue. Les pères sont absents, les mères travaillent de longues heures comme domestiques, et les institutions chargées de l’ordre, décomposées et corrompues, n’ont plus la confiance des citoyens.

 

Dénoncée comme l’une des plus violentes au monde, la police brésilienne et ses exactions font partie de la face sombre d’un pays qui rêve pourtant d’être reconnu pour sa puissance industrielle, sa forêt amazonienne, son carnaval ou les Jeux Olympiques de 2016 organisés à Rio de Janeiro. Religieux, directeurs d’écoles, magistrats, services sociaux et dirigeants locaux s’efforcent depuis des années de lutter contre l’insécurité et la banalisation de cette violence endémique : crimes de sang, conduite à risque, délinquance et criminalité. Les inégalités sociales flagrantes en sont l’une des causes principales, ainsi que les écarts économiques entre régions.

 

Par ailleurs, après des années de vigoureux développement économique et social, le Brésil traverse une passe délicate marquée par une croissance en berne et une poussée de l’inflation notamment sur le prix des denrées alimentaires. Dans les quartiers les plus pauvres de Rio de Janeiro, des prêtres, des religieux et des laïcs sont engagés dans l’action sociale.

 

Parmi les participants à ces rencontres sur la paix figure le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens. En effet la dimension œcuménique n’est pas négligeable : au Brésil, la proportion de catholiques a chuté de dix points en dix ans. En parallèle, le nombre d’évangéliques s’est envolé. Parmi les 27 États du Brésil, celui de Rio bat tous les records. Moins de 46% de la population s’y déclare désormais catholique.

 

 

 

© Source : Radio Vatican. 24 août 2015

Crédit photo : Un enfant, aux larmes symboliques de peinture rouge, lors d’une manifestation contre la violence, à Rio le 22 août 2015 – AP