24/2/2015

Les cadres catholiques du Niger appellent à l’union dans la diversité


La petite communauté catholique du Niger avait été la cible de violences inouïes le 17 janvier 2015. Dans le sillage des attaques terroristes perpétrées en France, des extrémistes musulmans s’en étaient pris aux chrétiens, surtout à Zinder et à Niamey, s’acharnant sur des familles et des structures d’église. Passé le moment de l’interrogation et de l’incompréhension sur une violence que rien n’annonçait, les citoyens, chrétiens comme musulmans, lancent des initiatives variées pour la réconciliation.



Thème : Le GRAC au service de la paix et de la réconciliation au Niger

 

 

Pour notre magazine sur la Justice et la Paix d’aujourd’hui, nous partons au Niger.

 

Comme on sait, la petite communauté catholique de ce pays d’Afrique avait été la cible de violences inouïes le 17 janvier. Dans le sillage des attaques terroristes perpétrées à Paris, en France, contre les locaux et les journalistes du journal satirique Charlie Hebdo, des extrémistes musulmans s’en étaient pris sur les chrétiens, surtout à Zinder et à Niamey, s’acharnant sur des familles et des structures d’église. Il y avait eu des morts.

 

Aujourd’hui, surtout à la faveur des attaques terroristes que mènent le mouvement islamiste nigérian de Boko Haram, la Nation nigérienne s’est réveillée. Passé le moment de l’interrogation et de l’incompréhension sur une violence que rien n’annonçait, les citoyens, chrétiens comme musulmans, lancent des initiatives variées pour la réconciliation.

 

Ainsi, il y a une semaine, une marche historique s’est déroulée sur toute l’étendue du territoire Niger. Une marée humaine a marché en soutien aux Forces de Défense et de Sécurité du pays. A travers cette marche républicaine, la population a aussi tenu à apporter son soutien aux populations de la région de Diffa touchées par la crise sécuritaire suite aux récentes attaques de Boko Haram à Bosso et à Diffa.

 

Comme un seul homme, le Niger a exprimé sa compassion aux familles endeuillées par les attaques de Boko Haram dans la région de Diffa et affirmer son refus du terrorisme.

 

Pour sa part, le Groupe de Réflexion et d’Actions des Cadres Chrétiens Catholiques du Niger, GRAC a rendu public, toujours mardi de la semaine dernière,  un message dans lequel, il analyse la situation sociopolitique actuelle au Niger. Il appelle tous les Nigériens à tout mettre en œuvre pour la sauvegarde de la nation, dans ses diversités fondamentales reconnues.  

 

« Ce qui rassemble nos diverses sensibilités culturelles, politiques et religieuses est plus fort que ce qui nous divise : Cette force, c’est l’amour vrai de la patrie. Nous croyons au Niger et nous croyons aux Nigériens ! Nous sommes riches de nos différences, et nous sommes extrêmement fiers de nos racines ».

 

Le Groupe de Réflexion et d’Actions des Cadres Chrétiens Catholiques du Niger (GRAC Niger) s’était d’abord réuni pour un analyse de la situation. C’est à l’issue de cette réunion qu’au nom du groupe Mme Anne-Marie Douramane Tahirou a lu la déclaration du GRAC. Le groupe note, je cite, que « ‘les déclarations virulentes deviennent de plus en plus fréquentes et directes, et les débats sur les médias de plus en plus agressifs. Tout cela crée un climat qui fait peser de sérieuses menaces sur la paix et sur la cohésion sociale».

 

Si la politique est bien la “gestion de la cité” pour la recherche du bien commun, c’est-à-dire l’amélioration des conditions de vie de tous, alors, elle concerne tous les Nigériens qui veulent servir leur pays avec courage, droiture et abnégation, note encore le GRAC.

 

« Si nous voulons protéger nos enfants et préparer réellement leur avenir, nous nous devons de leur transmettre des valeurs telles que l’amour de Dieu, le respect et l’amour du prochain, l’amour de la patrie, l’amour du travail, la tolérance, etc. La Nation, que nous voulons construire tous ensemble, se fonde sur cette volonté exprimée par le Peuple Souverain du Niger, de consolider perpétuellement le désir de vivre ensemble dans la cohésion des communautés en présence. La Nation se construit chaque jour, dans ce désir tenace enfoui dans le cœur de tous les Nigériens, de bâtir ensemble une destinée commune. Il relève des pouvoirs publics de promouvoir et de défendre cette volonté contre les velléités ou tentatives de division de toutes sortes, qu’elles proviennent de l’intérieur ou de l’extérieur », affirme encore le GRAC dans sa déclaration.

 

Forts de nos diversités, ajoute le groupe, « Nous voulons seulement que ce coin de terre africaine, que nous avons en partage, garde toujours sa paix et la maîtrise de son destin. Nous avons l’intime conviction que si la bonté divine l’a octroyé à nos ancêtres, ces derniers nous l’ont légué pour que nous le cultivions et le gérions en consolidant perpétuellement ce désir de vivre ensemble qu’ils nous ont transmis ».

 

Le GRAC Niger en appelle à tous les acteurs de la scène nationale pour l’apaisement du climat politique, au retour à la sérénité et à la pondération dans les propos. « ‘Nous devons évoluer et nous unir pour relever les défis du développement, seul combat qui pourrait aujourd’hui intéresser les Nigériens et les Nigériennes. Nous réclamons donc de tous les animateurs de l’action politique, du gouvernement, des partis de l’opposition, des syndicats et de la société civile, de consentir les sacrifices nécessaires pour préserver la paix et la cohésion sociale » dit le GRAC.

 

La solidarité qu’implique obligatoirement l’idée de Nation et de République, indique encore le CRAC, oblige cette association à être aux côtés des groupes faibles, des pauvres, des chômeurs, des sans-voix, de ceux qui ont soif de justice, de ceux qui ont faim, de ceux qui réclament des soins, des sans-abris, et des exclus du système scolaire. « C’est pour eux, et pour tout citoyen nigérien, que le GRAC réclame le droit de vivre dans une société de justice et de paix, dans laquelle pourraient être promues les valeurs de fraternité et d’égalité », conclu la déclaration du Groupe de Réflexion et d’Actions des Cadres Chrétiens Catholiques du Niger.

 

 

 

© Source : Radio Vatican. 24 février 2015

Crédit photo : REUTERS