24/5/2018

Lettre du Pape sur les finances et l’économie mondiale


          Document du pape François   Par le texte intitulé Questions Economiques et Financières, produit par le Préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral le Pape François valide les réflexions de ce dicastère romain. Un document pour discerner le système économique et financier actuel suivant des valeurs éthiques. […]



 
 
 
 
 
Document du pape François
 
Par le texte intitulé Questions Economiques et Financières, produit par le Préfet du Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral le Pape François valide les réflexions de ce dicastère romain.
Un document pour discerner le système économique et financier actuel suivant des valeurs éthiques.
 
 
En introduction, dit le texte :
“De nos jours le fondement éthique est réclamé de toutes parts, en particulier par ceux qui travaillent dans le système économique et financier.
Une alliance entre savoir technique et sagesse humaine est requis sous peine de voir tout agir humain se pervertir”.
Certains principes éthiques évidents libèrent chaque sphère de l’action humaine du désordre moral qui l’afflige bien souvent.
Aucun espace dans lequel l’homme agit, ne peut prétendre légitimement prétendre être étranger ou être imperméable à une éthique fondée sur la liberté, la vérité, la justice et la solidarité. Cela s’applique aux lois de la politique et de l’économie en dialogue, se mettant résolument au service de la vie spécialement de la vie humaine.
 
La liberté humaine développe les dons mis par Dieu au service de tous dans toute création, comme une promesse de fécondité.
Dieu ne rachète pas seulement l’individu mais aussi les relations sociales fondées dans la vérité et l’amour.
Le bien-être mondial s’est indubitablement accru au cours de la seconde moitié du XX ème siècle, mais les inégalités se sont amplifiées au sein de différents Pays comme entre les Nations.
 
Une nouvelle régulation de l’activité financière doit éliminer les aspects prédateurs et spéculatifs en servant avant tout l’économie réelle.
En excluant le service du bien commun, la perspective de créer et de partager les richesses, les inégalités entre les nations se sont creusées… aujourd’hui.
Le véritable bien-être humain doit favoriser la reprise de ce qui est authentiquement humain, en élargissant l’esprit et le cœur sur les exigences de la vérité, sans quoi tout système social, politique et économique est destiné à la longue à l’échec ou à l’implosion.
L’argent doit servir l’homme et non le gouverner.
 
De nouvelles formes de l’économie doivent entre partagées dans le respect du bien commun, de la dignité humaine et l’application de l’Enseignement Social de l’Eglise…
 
Le monde de la finance est devenu cet espace à revisiter de la sorte, pour contrer les abus et les injustices actuelles capables de créer des crises systémiques de portée mondiale.
 
 
 
Réflexions élémentaires de base.
 
Une juste éthique s’impose dans le respect de la dignité humaine orientée vers le bien commun. Ceci vaut pour toutes les activités humaines y compris les marchés et les produits financiers.
Jusqu’aux marchés fondés sur des systèmes anonymes, ces règles guidées par des technologies sophistiquées, sont basées sur des relations qui ne pourraient être instaurées sans la participation de la liberté des individus.
L’activité humaine a besoin de “l’éthique amie de la personne”, et non d’une éthique quelconque.
L’essoufflement d’une vision individualiste de l’homme pris comme un simple consommateur, a fait perdre à l’homme sa qualité.
Rechercher pour lui un bien-être entier et non le sujet de consommation, a pu déshumaniser tous les échanges de biens, en les réduisant à de simples échanges de choses.
 
La promotion intégrale de la personne humaine, la destination universelle des biens et des personnes en faveur des plus pauvres, sont les principes de base d’un monde à construire toujours plus juste et plus solidaire.
 
Le quantitatif, le profit ne peuvent se faire contre la qualité de vie qu’il produit et de l’extension sociale du bien-être, qu’il diffuse.
Le développement de tout homme et de tout l’ homme sont les bases nécessaires d’une évolution durable qui va au delà du court terme.
Le PIB d’un pays ne suffit pas. La sécurité, la santé la croissance du capital humain, la qualité de la vie sociale et du travail, sont des critères irrécusables de ce bien-être.
 
Dans un cercle vertueux le profit et la solidarité, de la part de l’homme libre, libèrent des potentialités positives des marchés.
La gratuité en outre permet de découvrir la réalisation du vrai et du juste comme des biens en soi devenant ainsi la norme de ce qui peut être calculé.
Une alliance renouvelée entre les agents économiques et politiques est de plus en plus urgente.
Le puissant moteur de l’économie que sont les marchés n’est pas par lui même capable de se réguler.
L’industrie financière actuelle en raison de son omniprésence est devenue un lieu où les égoïsmes et les abus  ont une puissance de nuisance pour la communauté sans égal.
 
L‘immoralité quand elle devient l’objet d’abus et d’escroqueries, est une violation de la rectitude relationnelle, et représente une atteinte grave au plan éthique.
La financiarisation de l’économie accentue une richesse virtuelle concentrée sur les transactions spéculatives et circulant à haute fréquence puis les sous – traitant aux circuits vertueux de l’économie réelle.
Déjà pressenti il y a un siècle, le revenu issu du capital porte atteinte maintenant au revenu issu du travail, le reléguant aux marges du système économique existant.
 
Ce Document de Réflexions se soucie de la santé réelle de toute économie pour l’homme et mentionne ces institutions récentes telles les coopératives de crédit, le microcrédit, le crédit public au service des familles, des collectivités locales et le crédit d’aide aux pays en cours de développement, qui se développent désormais.
Un développement réflexif suit la pensée papale à propos des spéculations économiques et financières, risquant de supplanter aujourd’hui toutes autres finalités majeures que sous tend toute liberté humaine.
 
Pouvant infléchir l’immense patrimoine des valeurs qui fondent la société civile, de solidarité, de partage et de justice, et faisant du leadership, de la concurrence et du revenu pécuniaire, le noeud exclusif de l’activité de l’homme dans le champ de son labeur.
Un sauvetage de l’humain s’impose à nouveau pour donner à l’homme sa vraie place et sa mission par son travail juste au bénéfice de tous les hommes.
 
 
 
Moraliser l’économie.
 
Réguler la liberté et protéger ceux qui travaillent par la gestion des circuits financiers, du crédit et de l’épargne, sans sacrifier l’argent de l’économie à l’investissement financier exclusif, est un volet suivant de la réflexion papale.
Chaque entreprise est un véritable corps social où se gère la conduite de l’économie responsable.
En chaque entreprise doit germer une culture entrepreneuriale et financière  qui tienne compte de tous les facteurs qui constituent le bien commun.
Les bulles financières sans connexion directe avec la valeur travail produite en entreprise, ont été d’importants facteurs de crise financière auxquels le Texte du Pape fait référence.
 
Les capitaux offshore ont un impact aujourd’hui sur le commerce mondial et le contournement fiscal de ces mastodontes économiques pénalisent les économies réelles dans le monde.
 
Un impôt minimum ajoute le document, suffirait à résoudre la faim dans le monde.
Il faut vouloir désormais s’orienter vers une éthique économique respectueuse de tout homme et de tous les hommes. De nombreuses associations provenant de la société civile représentent une réserve de conscience et de responsabilité sociale…
 
Aujourd’hui il nous faut être des sentinelles d’une vie saine et des acteurs d’un nouvel engagement social , par un engagement en faveur de principes fermes de solidarité et de subsidiarité. Pour être à terme des humains à la hauteur de notre mission universelle…
 
 
 
©Fx Esponde,Pax christi Bayonne