17/2/2015

L’Homme, capable « du bien comme de la destruction »


Le 17 février 2015, le pape François, s’arrêtant sur la première lecture du jour qui raconte le déluge universel, observe que l’Homme est même capable de détruire la fraternité, de faire naître guerres et divisions. Il condamne donc fermement les « entrepreneurs de morts » qui vendent des armes aux pays en conflit pour que la guerre puisse continuer. Pour cela, « sont nécessaires une médiation continue, la prière, la confrontation entre nous, pour ne pas tomber dans la méchanceté qui détruit. »



« Tous sommes capables de faire le bien, mais aussi de détruire ce que Dieu a créé ». Ce sont les parole du Pape lors de la messe matinale mardi dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe, au Vatican. François, s’arrêtant sur la première lecture du jour qui raconte le déluge universel, observe que l’Homme est même capable de détruire la fraternité, de faire naître guerres et divisions. Il condamne donc fermement les « entrepreneurs de morts » qui vendent des armes aux pays en conflit pour que la guerre puisse continuer.

 

« L’Homme semble être plus puissant que Dieu, regrette le Souverain Pontife, et capable de détruire les bonnes choses qu’Il a faites ». Et de se référer alors aux « nombreux exemples dans les premiers chapitres de la Bible, de Sodome et Gomorrhe à la Tour de Babel, dans lesquels l’Homme démontre toute sa méchanceté ».

 

Un point de vue certes négatif, mais « réaliste », répond François, causé par les jalousies, les envies, beaucoup de cupidité, la volonté d’avoir plus de pouvoir. « Mais que se passe-t-il dans le cœur de l’Homme ? », questionne le Pape, et répond : « notre cœur faible est blessé ». Et de condamner cette « envie d’autonomie : “je fais ce que je veux. Si je veux faire une guerre, je la fais” ».

 

De la guerre aux commérages

 

Les jalousies et les envies mènent aussi aux commérages, jusque dans les paroisses. Cela aussi « est de la méchanceté, cette capacité de détruire que nous avons tous », condamne le Saint-Père, qui se tourne alors vers l’Evangile d’aujourd’hui, lorsque Jésus réprimande les disciples qui se disputent car ils ont oublié de prendre le pain. Le Seigneur leur demande de faire « attention », de prendre « garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode ».

 

« Mais ils ne comprenaient, poursuit François, car leur cœur était endurcit par cette passion, par cette méchanceté de discuter entre eux et de chercher le coupable, celui qui avait oublié le pain ». Nous devons prendre « au sérieux » le message du Seigneur, explique le Pape, « ce n’est pas une chose étrangère, ce n’est pas le discours d’un Martien, l’Homme est capable de faire de bonnes choses », en citant l’exemple de mère Teresa, « une femme de notre temps ».

 

« Nous tous sommes capables de faire beaucoup de bien, mais aussi de détruire, conclut le Souverain Pontife. Dans la famille même, détruire les enfants, ne les laissant pas grandir avec liberté, ne les aidant pas à bien grandir ». Pour cela, « sont nécessaires une médiation continue, la prière, la confrontation entre nous, pour ne pas tomber dans la méchanceté qui détruit ».

 

 

© Source : Radio Vatican. 17 février 2015

© Crédit photo : Lors de la messe dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe, au Vatican, mardi matin 17 février 2015  – OSS_ROM

 

 

 

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Trafic d’armes : non aux « entrepreneurs de mort »

 

Homélie du matin, 17 février 2015

 

 

Le pape François s’élève une nouvelle fois contre « le trafic des armes » pratiqué par les « entrepreneurs de mort », lors de la messe de ce mardi 17 février 2015, à la Maison Sainte Marthe.

 

Il a commenté le récit du déluge dans la première lecture (Gn 6, 5-8 ; 7, 1-5.10), dressant un portrait de l’humanité sans concession : « l’homme est capable de détruire tout ce que Dieu a fait… Les hommes sont capables de détruire même la fraternité : Caïn et Abel, dans les premières pages de la Bible… C’est le début des guerres. Les jalousies, les envies, toute la cupidité du pouvoir… »

 

Aujourd’hui encore, ce constat est « réaliste » : « Prenez un journal, n’importe lequel – de gauche, du centre, de droite, n’importe lequel. Et vous verrez que plus de 90 pour cent des nouvelles sont des nouvelles de destruction. Plus de 90 pour cent… tous les jours. »

 

Le pape a vu la racine de « toutes les méchancetés » non pas « chez le voisin » mais dans « le cœur de l’homme », un « cœur faible et blessé », et dans sa « volonté d’autonomie » : « Je fais ce que je veux et si j’ai envie de cela, je le fais ! Et si je veux faire une guerre pour cela, je la fais ! »

 

Cela est illustré « dans les guerres » et dans « le trafic des armes » pratiqué par les « entrepreneurs de mort », a fait observer le pape en condamnant « les pays qui vendent les armes à celui-ci qui est en guerre avec celui-là et qui en vendent aussi à celui-là pour que la guerre puisse continuer ».

 

Le pape a mis aussi sur le même plan les médisances, « jalousies » et « envies », « dans la paroisse, dans les associations » : « C’est la méchanceté, c’est la capacité de détruire ».

 

Mais l’homme est aussi « capable de faire beaucoup de bien », comme Mère Teresa, « une femme de notre époque ». Les hommes « sont capables de faire beaucoup de bien, mais sont tous capables aussi de détruire, dans ce qu’il y a de plus grand et dans le plus petit, dans sa propre famille » : détruire ses enfants », en « ne les aidant pas à bien grandir ».

 

L’homme est appelé à choisir, même « dans les petites choses », entre « cette capacité de destruction » et « l’Esprit Saint qui sauve ». Pour choisir la bonne voie, le pape a préconisé « la méditation continue, la prière ».

 

Il a formulé un appel de Dieu à l’homme : « Souvenez-vous de moi qui ai versé mon sang pour vous ; souvenez-vous de moi qui vous ai sauvés, je vous ai tous sauvés ; souvenez-vous de moi qui ai la force de vous accompagner sur le chemin de la vie, non pas sur la voie de la méchanceté, mais sur la voie de la bonté, faire du bien aux autres ; non pas sur la voie de la destruction mais sur la voie de la construction : construire une famille, construire une ville, construire une culture, construire une patrie, toujours plus. »

 

Le pape a offert la messe pour les 21 Égyptiens coptes orthodoxes, assassinés par des djihadistes parce qu’ils étaient chrétiens.

 

 

 

Avec une traduction de Constance Roques

© Source : Zenit. 17 février 2015