13/9/2021

Notre planète sera-t-elle pour longtemps encore la maison de tous ?


Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) décrit l’état à venir de notre maison commune, la Terre. Sera-t-elle pour longtemps encore la maison de tous ? Au cours de l’été, le 7 août, est paru le premier rapport de la 6e mise à jour des travaux du GIEC. Ce premier rapport […]

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Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) décrit l’état à venir de notre maison commune, la Terre. Sera-t-elle pour longtemps encore la maison de tous ? Au cours de l’été, le 7 août, est paru le premier rapport de la 6e mise à jour des travaux du GIEC. Ce premier rapport pose les bases scientifiques et techniques du réchauffement climatique et sera suivi en 2022 par deux rapports sur les conséquences du réchauffement et sur les pistes d’action. Dès à présent on peut en tirer trois idées forces.

Le réchauffement entraîne une augmentation du niveau de la mer qui va s’accentuer au cours des siècles à venir, quoi que nous fassions, du fait de la quantité de chaleur emmagasinée par les océans. Nous avons donc un devoir de préparer la migration de centaines de millions de personnes (on estime que 600 millions de personnes vivent dans des zones à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer, zones menacées par cette montée des eaux). Pour le 21e siècle le niveau exact de montée des eaux est encore incertain, mais ce que l’on constate déjà c’est le recul du trait de côte, qui est au niveau mondial en moyenne de 50 cm par an pour les côtes sableuses.

La seconde idée est que nous pouvons en revanche limiter les effets à court terme (sécheresse en particulier sur tout le pourtour méditerranéen, pluies, orages, cyclones, inondations…) en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre dès maintenant. Dès maintenant car plus nous dépassons le niveau acceptable de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, plus il sera difficile de le réduire. Sans entrer dans les explications techniques, retenons que plus il y a de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, plus les océans et la terre deviennent non plus des espaces de stockage, mais des sources de carbone. Donc les techniques de retrait de carbone sont de moins en moins efficaces. Ceci renforce l’urgence de réduction de notre consommation utilisant les gaz à effet de serre (biens produits industriellement, transport, chauffage). La solution n’est pas technique comme certains voudraient le faire croire, elle est sociale. C’est tout l’intérêt d’un rapport scientifique de relativiser la place de la technique. Nous sommes tous appelés à changer notre mode de vie, à aller vers la sobriété.

La troisième idée est que les effets du réchauffement pourraient être accentués, aggravés, par des phénomènes encore incertains : fonte du permafrost (très probable au 21e siècle), disparition des forêts boréales, des forêts tropicales, arrêt du courant médio océanique lié au Gulf Stream…

Il est certain, selon les experts du GIEC que l’augmentation de la température par rapport à la période 1850-1900 dépassera les 1,5°C au cours de ce siècle, contrairement aux engagements pris en 2015 à Paris, quel que soit le scénario. Mais nous pouvons encore agir pour la diminuer ensuite, après ce dépassement. Si les gouvernements ne s’engagent pas suffisamment, à nous d’agir. Comme l’écrivait le pape François dans Laudato si, “il faut que la décision politique soit incitée par la pression de la population.” (LS 179).

Arnaud du Crest, Membre du groupe Paroles de Chrétiens sur l’Ecologie, Nantes

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