20/3/2015

“On ne rend pas justice en donnant la mort à un être humain”


La peine de mort est une offense à l’inviolabilité de la vie et à la dignité de la personne humaine qui contredit le dessein de Dieu pour l’homme et la société, et sa justice miséricordieuse, écrit le pape François le vendredi 20 mars 2015 dans une lettre remise à une délégation de la Commission internationale contre la peine de mort, qu’il a reçue en audience privée au Vatican. “La vie humaine est sacrée de la conception jusqu’à la mort naturelle (…). Même celui qui tue ne perd pas sa dignité personnelle et Dieu lui-même s’en fait le garant.”



Une lettre du pape dénonce la peine capitale

 

 

La peine de mort « est une offense à l’inviolabilité de la vie et à la dignité de la personne humaine qui contredit le dessein de Dieu pour l’homme et la société, et sa justice miséricordieuse », écrit le pape François ce vendredi 20 mars dans une lettre remise à une délégation de la Commission internationale contre la peine de mort, qu’il a reçue en audience privée au Vatican.

 

« La vie humaine est sacrée, écrit le pape François en espagnol, de la conception jusqu’à la mort naturelle (…). La vie, en particulier la vie humaine, n’appartient qu’à Dieu. Même celui qui tue ne perd pas sa dignité personnelle et Dieu lui-même s’en fait le garant. »

 

Pour cette raison, la peine de mort est « inadmissible, quelle que soit la gravité du délit du condamné », affirme le pape argentin. Il rappelle que cette mesure est souvent utilisée par « les régimes totalitaires et les groupes fanatiques » et que « pour les États de droit, la peine de mort représente un échec, car elle les oblige à tuer au nom de la justice. On n’arrive jamais à rendre justice en donnant la mort à un être humain ».

 

Le pape cite les paroles du célèbre écrivain russe Fiodor Dostoïevski : « Tuer quelqu’un qui a tué est un châtiment incomparablement plus grand que le crime lui-même. L’assassinat dans le cadre d’une sentence est plus horrible que l’assassinat commis par un criminel. »

 

La peine de mort peut aussi être le résultat d’« une erreur judiciaire », fait observer le pape : « La justice humaine est imparfaite et ne pas le reconnaître peut la transformer en source d’injustices. Avec l’application de la peine capitale, on nie au condamné la possibilité de réparation ou de la correction du dommage causé ; la possibilité de la confession, par laquelle l’homme exprime sa conversion intérieure. »

 

Le pape François dénonce également  le « traitement cruel, inhumain et dégradant » du condamné avant l’exécution. Il évoque « l’angoisse » et « la terrible attente entre la lecture de la sentence et l’application de la peine » qui peut durer plusieurs années conduisant « à la folie ou la maladie » du condamné « dans les couloirs de la mort ». 

 

Le pape a déjà dénoncé aussi la condamnation à perpétuité, et il réaffirme ici que la peine de prison à perpétuité n’est qu’une « peine de mort déguisée », car elle tue toute espérance chez le prisonnier.

 

En concluant, le pape encourage les membres de la Commission internationale contre la peine de mort à continuer leur travail et il appelle tous les chrétiens à « lutter contre la peine de mort, sous toutes ses formes ».

 

 

 

© Source : Zenit. 20 mars 2015