29/10/2014

ONU : le Saint-Siège dénonce l’esclavage moderne et prône la culture


Mgr Bernardito Auza, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à New York, est intervenu devant la deuxième commission de la 69e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, sur le thème de la globalisation et de l’interdépendance, le 27 octobre 2014. Pour le Saint-Siège, le défi central du développement post-2015 est d’assurer que la mondialisation bénéficie à tout le monde. En effet, si la mondialisation peut apporter d’immenses avantages, elle peut aussi creuser les inégalités, la marginalisation, l’exploitation et l’injustice.



Mgr Bernardito Auza, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies (ONU), s’est exprimé lundi lors de la 69ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, consacrée à la mondialisation et l’interdépendance.

 

Comme l’a exprimé le Secrétaire général dans de récents rapports, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a lui aussi affirmé que le principal défi dans le programme de développement après 2015 est de s’assurer que les avantages de la mondialisation bénéficieront à tout le monde. Et qu’il sera nécessaire de gérer les différents risques et défis interdépendants qui sont liés à la mondialisation.

 

Les valeurs de la culture

 

« Quand la mondialisation rapproche les gens et qu’ils deviennent des partenaires, elle crée des résultats mutuellement bénéfiques. A l’inverse, la mondialisation engendre aussi de plus grandes inégalités et de la marginalisation, l’exploitation et l’injustice », a précisé Mgr Auza.

 

Face à ce contexte et à ces défis, Mgr Bernardito Auza a abordé deux questions, à savoir le rôle de la culture et le phénomène de la migration. L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a notamment évoqué les bienfaits du tourisme culturel, qui au-delà de ce qu’il apporte au niveau économique, « élargit nos horizons, et approfondit nos connaissances sur les peuples et les lieux. Il favorise la compréhension mutuelle entre les nations, il favorise une plus grande inclusion sociale et l’enracinement. Il encourage la préservation du patrimoine culturel, la tradition, la créativité et l’innovation ». Compte tenu de tous ces avantages et des valeurs de la culture, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a déclaré qu’il ne faut pas la réduire à la logique de l’échange marchand.

 

Esclavage moderne 

 

Mgr Auza a ensuite abordé la question de la migration, « l’un des plus grands défis de la mondialisation ». Il a affirmé que seule une coopération systématique et active entre les États et les organisations internationales peut être capable de réguler et de gérer efficacement les mouvements migratoires. « Le Saint-Siège estime qu’elle touche tout le monde, pas seulement à cause de l’ampleur du phénomène, mais aussi à cause des problèmes sociaux, économiques, politiques, culturelles et religieux qu’elle soulève », a indiqué Mgr Bernardito Auza.

 

L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, a insisté sur le fait que le Saint-Siège est notamment préoccupé par la traite des êtres humains et les formes contemporaines d’esclavage engendrées par la migration. « Selon les statistiques, jusqu’à 27 millions de personnes vivent dans des conditions d’esclavage à travers le monde. On estime que deux millions de femmes sont victimes de trafic sexuel chaque année, et beaucoup, y compris des enfants, sont victimes de trafic d’organes. Et il y a ceux, beaucoup plus nombreux, qui travaillent dans des ateliers clandestins pendant de longues heures, très mal payés, sans protection sociale et juridique ». Mgr Auza a précisé que ces formes modernes d’esclavage sont à l’opposé d’une mondialisation tirée par la culture de la rencontre et des valeurs de solidarité et de justice. « Le Pape François affirme que ces formes d’esclavage moderne sont un crime contre l’humanité et une plaie ouverte sur le corps de notre société contemporaine ».

 

L’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a appelé à toujours voir le visage humain de la migration, à voir le migrant comme un autre être humain, doté de la même dignité et des mêmes droits que nous. Et de préciser que par ailleurs la solidarité avec les migrants ne suffit pas, si elle n’est pas accompagnée des efforts pour apporter la paix dans les régions ravagées par les conflits et un ordre économique mondial plus équitable. Et de conclure, « si la mondialisation a rétréci le monde en un village, nous pouvons aussi bien devenir de bons voisins ». 

 

 

 

© Source : Vatican news. 29 octobre 2014