22/6/2012

Pax Christi International présent à la conférence Rio+20


Pax Christi International est présent à Rio pour s’allier aux voies de la société civile internationale qui exigent des actions concrètes et une volonté politique des pays membres des Nations Unies, afin que les consensus atteints répondent aux besoins de millions de personnes vivant dans la pauvreté. Cela, dans la perspective d’une Responsabilité Commune mais Différenciée et non pas au service d’intérêts du modèle excluant et prédateur qui relie l’ “économie verte” à une logique de marché, et privilégie un cadre global pour les prises de décisions sur un développement durable et inclusif.

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Cette semaine s’est ouverte officiellement la Conférence des Nations Unies sur le développement durable appelée « Le futur que nous voulons », aussi connue comme Rio +20.

 

Pax Christi International est présent à Rio pour s’allier aux voies de la société civile internationale qui exigent des actions concrètes et une volonté politique des pays membres des Nations Unies, afin que les consensus atteints répondent aux besoins de millions de personnes vivant dans la pauvreté. Cela, dans la perspective d’une Responsabilité Commune mais Différenciée (du sigle anglais CRBD) et non pas au service d’intérêts du modèle excluant et prédateur qui relie l’ « économie verte » à une logique de marché, et privilégie un cadre global pour les prises de décisions sur un développement durable et inclusif.

 

Nous saluons l’initiative de mettre en place les Objectifs du Développement Durable, mais ceux-ci doivent être connectés à l’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il faut établir des accords formels obligatoires sur la façon de mesurer le développement durable, ainsi qu’un agenda concret pour les pays membres, qui permette de construire un plan d’action réalisable et qui écoute la parole des populations des pays en développement qui subissent quotidiennement l’impact du modèle actuel aux niveaux économique, social, culturel et bien sûr environnemental.

 

Les peuples du monde attendent de cette Conférence que soient adoptées des mesures qui ratifient avec des faits concrets les Principes de Rio établis il y a 20 ans et ratifiés à Johannesburg il y a 10 ans, et que l’Agenda 21 de mise en oeuvre de ces principes devienne une réalité. Ils attendent aussi que le transfert de ressources et de technologies des pays développés aux pays en développement soit effectif et respecte les droits des populations à une consultation préalable et à leur développement dans la dignité. Il est temps que ceux qui prennent les décisions qui affectent l’humanité aient conscience que l’être humain est étroitement interdépendant de la Création et que par conséquent, ce que fait l’homme a un impact sur la terre. Il ne serait pas éthique que continuent la prolifération des armes de destruction massive, l’émission d’agents toxiques et l’élimination de forêts et d’êtres vivants, sans que soient mises en place des actions clés pour éviter l’augmentation du déséquilibre du système terrestre et les effets croissants du réchauffement climatique. Les pays développés doivent appuyer les pays en développement pour affronter les fragilités environnementales, économiques et sociales du monde actuel.

 

Voilà un enjeu qui doit concerner tant ceux qui détiennent le pouvoir que toute l’humanité, dans une perspective bio centrique basée sur le principe de Bien Commun et du « bien vivre ensemble». Cela implique que nous prenions en compte la responsabilité partagée : la planète ne peut plus être un bien commun au service de la seule logique de marché. Il existe une vision solidaire et humaniste, comme celle de nos peuples ancestraux, qui promeut la gestion durable de la terre, du sol, de l’eau, de la biodiversité, tout en protégeant notre terre mère.

 

Le Sommet des Peuples de Rio + 20 doit garantir le droit au territoire et à la libre détermination des peuples originaires. Il doit garantir l’exercice des droits d’accès à l’eau, au crédit, à l’agriculture, à la technologie, à l’éducation et à la recherche, au travail, à la participation dans la prise de décisions sur les enjeux environnementaux et urbains.

 

Pax Christi International continue de réclamer une justice environnementale effective qui fait appel à l’éthique de la Vie avant la logique de marché.

 

 

 

Rio de Janeiro, 22 juin 2012

© Pax Christi International 2012

 

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