28/4/2017

Présidentielle Mgr Stenger prend position contre le parti de la peur et de l’exclusion


Alors que la Conférence des évêques de France reste prudente dans ses réactions au premier tour de l’élection présidentielle, des évêques ont invité à titre individuel, mercredi 26 avril, à s’opposer au parti du « rejet ».



Alors que la Conférence des évêques de France reste prudente dans ses réactions au premier tour de l’élection présidentielle, des évêques ont invité à titre individuel, mercredi 26 avril, à s’opposer au parti du « rejet ».

Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes en novembre 2016.

 

Dimanche 23 avril au soir, peu après les résultats donnant Marine Le Pen et Emmanuel Macron qualifiés pour le deuxième tour, les évêques de France avaient publié un communiqué rappelant leurs principaux points d’attention pour « aider au discernement » et invitant à ne pas céder au « fatalisme ».

 

Trois jours plus tard, l’évêque de Troyes, Mgr Marc Stenger, a pris une position plus claire. Sur son compte Twitter, celui qui est aussi président de Pax Christi France a ainsi écrit : « Le 7 mai, quel bulletin de vote ? – Pas celui de la peur, de la haine, du rejet, du mensonge, de l’exclusion, du repli : c’est l’opposé de l’Évangile ».

 

De son côté, Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, s’est également exprimé sur les réseaux sociaux, en décrivant le populisme comme le processus consistant à « simplifier la réalité afin qu’elle corresponde aux solutions que l’on apporte ».

 

Sans toutefois nommer le Front national, ils sont allés plus loin que la Conférence des évêques de France (CEF), dont certains questionnent la réserve. Des précautions d’autant moins comprises qu’en 2002, bon nombre d’évêques avaient invité les électeurs à « discerner les valeurs fondatrices de la démocratie »et mis en garde contre les thèses soutenues par Jean-Marie Le Pen.

 

Dans leur texte publié dimanche, les évêques insistaient toutefois sur « une société plus fraternelle », les migrants ou l’Europe – insistance défavorable à Marine Le Pen. Mais ils lançaient aussi un appel à soutenir « la famille » en « respectant les liens de filiation », un des points manquant au programme d’Emmanuel Macron, favorable à une ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

 

 

Plusieurs réactions religieuses

 

Depuis l’annonce des résultats, les réactions religieuses se sont succédé. Le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a ainsi invité à une forte mobilisation en faveur du candidat d’En Marche ! « Il faut appeler tous ceux qui croient et qui espèrent en la France à voter pour Emmanuel Macron, parce que c’est lui qui porte, maintenant, cette espérance de fraternité », a-t-il ainsi affirmé.

 

La Grande mosquée de Paris a exhorté les musulmans à faire de même. De son côté, la Fédération protestante de France a publié un communiqué reconnaissant « l’insatisfaction » et le « réel questionnement quant au choix citoyen » suscités par les résultats du premier tour. Mais les protestants redisent toutefois combien ses engagements pourront être entravés en cas de victoire du Front national et les « dangers » que représente l’abstention.

 

Marie Malzac, La croix 26 avril 2017