01/12/2015

Réfugiés palestiniens : rétablir la paix, refuser l’illogisme futile de la violence


Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, est intervenu lors de la 70e session de l’Assemblée générale, le 10 novembre 2015, sur le thème « L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient ». Le Vatican prône l’aide humanitaire plutôt que l’afflux des armes : « Une aide humanitaire accessible en faveur des réfugiés et des déplacés internes doit remplacer le déluge actuel d’armes qui affluent dans la région de partout dans le monde. »



Déclaration de Mgr Auza

 

 

« Le rétablissement de la paix doit remplacer l’illogisme futile et contre-productif de la violence et de la guerre », déclare le Saint-Siège à l’ONU à propos d’un débat sur les réfugiés de Palestine.

 

Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies, est en effet intervenu lors de la 70e session de l’Assemblée générale, le 10 novembre 2015, sur le thème : « L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ».

 

Le Vatican prône l’aide humanitaire plutôt que l’afflux des armes : « Une aide humanitaire accessible en faveur des réfugiés et des déplacés internes doit remplacer le déluge actuel d’armes qui affluent dans la région de partout dans le monde. »

 

Il exhorte à l’espérance: « N’abandonnons jamais l’espoir que la quête insatiable de la paix, tant désirée et si nécessaire, se lèvera sur cette terre si significative pour tous et si sacrée pour un grand nombre. »

 

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Intervention de Mgr Auza

 

Monsieur le Président,

 

Ma délégation a examiné avec beaucoup de soin le rapport annuel 2014 de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Ce rapport ainsi que d’autres sur les questions financières et diverses auxquelles est confronté l’UNRWA révèlent une image très troublante.

 

Avant d’aborder les questions, ma délégation tient à exprimer ses condoléances aux familles des travailleurs de l’UNRWA qui ont été tués tandis qu’ils fournissaient une aide humanitaire aux victimes de conflits et de troubles politiques. Nous offrons également nos prières sincères pour les travailleurs de l’UNRWA qui ont été blessés dans l’exercice de leurs fonctions.

 

Le Saint-Siège souligne que les zones où l’UNRWA a des responsabilités incluent les territoires de l’ancien foyer chrétien où, depuis deux millénaires, les chrétiens font partie intégrante de la culture et de l’histoire de la région. Considérablement réduits en nombre, ils sont aujourd’hui parmi les réfugiés soutenus par l’UNRWA. Forcés par une persécution violente et par les dures réalités géopolitiques de la région, ils ont quitté leurs maisons et sont devenus des déplacés internes et des réfugiés.

 

Comme l’UNRWA et d’autres organisations, diverses entités et organisations de l’Église catholique offrent une éducation, des soins de santé et des services sociaux aux personnes déplacées et aux réfugiés, qui comprennent des programmes éducatifs pour les enfants et des efforts de réhabilitation pour ceux qui sont physiquement et mentalement traumatisés par le conflit incessant. Ces services sont fournis sur la base des besoins et non de la croyance, et sont soutenus par de généreux donateurs associés à l’Église catholique dans le monde entier.

 

Monsieur le Président,

 

Comme ma délégation l’a noté plus haut, les rapports sur l’UNRWA nous donnent une image des plus inquiétantes. Les ressources ne correspondent pas aux nombreux besoins. Le processus de paix entre Israël et la Palestine est au point mort. Les tensions croissantes et la violence en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est sont une grande préoccupation pour le Saint-Siège. La ville sainte de Jérusalem est le patrimoine spirituel des trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam. Dans ce contexte, le Saint-Siège renouvelle son soutien à une solution globale, juste et durable de la question de la ville de Jérusalem, qui devrait, entre autres, assurer la liberté de religion et de conscience de ses habitants, ainsi qu’un accès libre et sans entrave aux lieux saints par les fidèles de toutes les religions et nationalités. 

 

Monsieur le Président,

 

Ma délégation note que, dans le rapport de l’UNRWA 2014, plus d’un demi-million de réfugiés palestiniens enregistrés en Syrie trouvent que leurs établissements d’enseignement et de soins de santé sont la cible des parties belligérantes. Certains enfants ne sont pas en mesure de fréquenter l’école depuis deux ou trois ans en raison de l’utilisation abusive des écoles par toutes les parties au conflit. Alors que le nombre des victimes blessées de ces batailles augmente, celui des installations destinées à prendre soin d’eux diminue. Certains camps de réfugiés palestiniens, comme Yarmouk, sont littéralement en état de siège avec un accès limité aux fournitures de base. Beaucoup de réfugiés palestiniens doivent fuir à nouveau puisque leurs camps deviennent des cibles d’actions militaires. Les rapports ne nous donnent pas beaucoup d’espoir que tous ces actes barbares contre les réfugiés palestiniens se terminent bientôt.

 

Ma délégation tient une fois de plus à exprimer sa profonde gratitude et sa reconnaissance au peuple du Liban et de la Jordanie pour leur collaboration de longue date avec l’UNRWA, en particulier dans la prise en charge des réfugiés palestiniens, et pour leur soutien héroïque, avec la Turquie et certains pays européens, face à l’afflux de réfugiés en provenance d’Irak et de Syrie.

 

Le Liban, malheureusement sans président depuis mai 2014, a besoin du soutien de la communauté internationale pour stabiliser ses institutions, protéger ses quelque quatre millions de citoyens et presque 1,5 million de réfugiés en provenance de Syrie.

 

La Jordanie, depuis longtemps un phare dans l’acceptation des réfugiés à l’intérieur de ses frontières, nécessite une assistance internationale pour prendre soin de tant de réfugiés, pour garantir sécurité et cohésion sociale à son propre peuple et pour repousser les tentatives de terroristes et de groupes extrémistes qui veulent l’entraîner dans la spirale de la violence dans la région.

 

Le rétablissement de la paix doit remplacer l’illogisme futile et contre-productif de la violence et de la guerre. Une aide humanitaire accessible en faveur des réfugiés et des déplacés internes doit remplacer le déluge actuel d’armes qui affluent dans la région de partout dans le monde.

 

N’abandonnons jamais l’espoir que la quête insatiable de la paix, tant désirée et si nécessaire, se lèvera sur cette terre si significative pour tous et si sacrée pour un grand nombre.

 

Je vous remercie, Monsieur le Président.

 

 

 

© Traduction de Zenit, Constance Roques

© Source : Zenit. 1er décembre 2015