28/8/2018

Regard vers l’avenir, vers quel monde allons-nous ? avec quelle Europe, avec quelle Eglise ?


Retour sur le colloque du 8 août 2018 en l’Eglise St Laurent à Cambo les Bains



 

 

 

 

Le colloque organisé le 8 août dernier autour de la personne et en présence du Cardinal Roger Echegaray, en l’église Saint Laurent de Cambo les bains, fut des plus appréciés du public venu nombreux.

 

Quatre interventions d’experts, celle de Michel Camdessus, Directeur Honoraire du FMI, ami personnel du Cardinal, de Jean Baptiste de Foucaud ancien Commissaire au Plan, acteur engagé dans la vie associative aujourd’hui, celle encore de Mgr Gérard Defois, qui succéda jadis au père Etchegaray à la Conférence des Evêques de France, et celle encore d’Alain Lamassoure ancien Ministre aux Affaires européennes, Député européen de Paris aujourd’hui ,reçurent la reconnaissance des auditeurs particulièrement comblés des échanges au cours des interventions.

 

 

Dans deux autres textes publiés en Baskulture cette année nous fîmes une recension du Livre de Michel Camdessus – Vers 2050, construire l’avenir-  qui fut la trame suivie de l’auteur dans son intervention de mercredi passé.

 

* Impliquons-nous, autre titre d’un livre publié par Jean Baptiste de Foucaud dans le même journal numérique, inspira les propos du conférencier et son engagement aujourd’hui autour du Pacte Civique, ou la citoyenneté active pour une vie sociale aux tenants civiques et civils du service du bien commun pour assurer l’avenir de la société actuelle.

 

* Mgr Gérard Defois proposa un texte inédit composé pour le jour, introduit par ces propos : “Contribution de l’Eglise Européenne à l’intelligence de l’Europe.” L’auteur rappelle son origine catholique et son souci de lui adresser ce message.

 

“Les changements ne seront concevables que s’ils s’accompagnent d’un profond changement de nos cultures, porté par un grand élan spirituel . Quelle pourrait être alors la contribution des sagesses et des religions du monde ? Que devons nous attendre des catholiques dans cet immense travail dont ils ne sauraient se dérober ?”

 

Le paysage mondial des religions est rapporté par le conférencier.

 

A l’horizon de trente ans, tous les chrétiens réunis dans le monde représenteront 31,4 % de la population, les musulmans 29,7 %. La baisse des chrétiens en Europe y sera sensible, la présence des chrétiens connaîtra dès lors des variations en chiffres et par les transformations qu’imposeront ces nouveaux vecteurs aux Eglises.

 

Mgr Defois cite en introduction deux papes, deux discours référencés de l’Eglise. Jean Paul II en octobre 1982 sur l’Eglise et l’Europe, rapportant la place des valeurs évangéliques qui sont devenues non seulement l’âme de la civilisation européenne mais aussi le patrimoine de l’humanité. “Les crises de l’européen sont les crises du chrétien. Les crises de la culture européenne sont les crises de la culture européenne”.

Lors de la remise du Prix Charlemagne au pape François en mai 2016 , “redécouvrir l’âme européenne née de la rencontre de civilisations et de peuples” sera le défi du futur du continent…

 

 “Le visage de l’europe ne se distingue pas par l’opposition aux autres, mais par le fait de porter imprimés les traits de diverses cultures et la beauté de vaincre les fermetures entre elles”.. dira Mgr Gérard Defois. 

 

Le cours de la conférence qui suivit reprenait ce sens du propos liminaire en pensant l’europe comme une Communauté de ressources et non un Capital de racines chrétiennes historiquement datées.

 

Le christianisme prend place dans la société s’il donne sens à l’aujourd’hui de ceux qui le partagent.

Il faut repenser l’europe comme un événement du XXIème siècle, un avènement d’avenir.

 

L’europe d’aujourd’hui manque de symboles et de rêves, enlisée dans des querelles d’interêts nationaux, ou dans des concurrences de partis exacerbés à qui il manque de la hauteur de vue…

 

Dans le prolongement de l’exposé l’auteur développe l’argumentaire, penser l’europe comme une itinérance et non une application de thèses essentialistes, autour des valeurs et des hiérarchies qui les commandent.

 

“Il faut réviser et revisiter nos habituelles pratiques pour adopter une civilisation plurielle où l’apport des autres fait éclore en nous d’autres formes d’expressions et de compréhensions.”

 

Vouloir penser l’europe est adhérer à une confluence de spiritualités historiques comme le firent d’aucuns avant nous, de Saint Benoît à Charles de Foucaud, de Cyrille et Méthode à ignace de loyola, de Saint Bernard à Mère Teresa,

 

Les défis prochains, le dialogue avec l’islam, les réflexes rigoristes des laicistes, l’influence philosophico politique des pensées asiatiques  furent évoqués comme le travail du Cardinal Tauran dans son dialogue inter religieux mondial d’aujourd’hui.

 

Mgr Defois s’en inspira pour son compte au sujet de l’avenir de l’europe pour nous.

 

* La quête de sens dans ses défis partagés en Europe conforta l’idée de “vouloir penser l’europe comme un espace de religions appelées à exprimer le salut de l’homme dans son histoire.”

 

Une initiative innovante partagée en octobre 1986 autour du pape Jean Paul II et du Cardinal Roger Etchegaray.

 

Selon une question grégaire et bien souvent entendue, en quoi le fait de croire au ciel donne-t-il des idées et des images à ceux qui travaillent sur la terre chaque jour ?

 

* Le développement suivant interpela la place de l’europe comme un espace de protestation prophétique sur l’actualité internationale.

Les questions de défense donnant au conférencier matière à évoquer le sujet dans son urgente actualité.

 

* La conclusion et le dernier rappel de la fonction de l’europe eut trait à la formation des jeunes et au transfert des compétences scientifiques entre toutes les générations d’européens au sein de l’Union.

 

Un enjeu majeur retenu par Gérard Defois, reprenait des propos tenus par Michel Camdessus dans son livre pré-cité.

 

Le tableau invoqué de la sorte par Mgr Defois conviait à “revisiter l’Europe, non comme un mémorial passé, au risque célébré de façon passéiste mais un véritable défi futur, auquel les politiques, les religions, les cercles philosophiques,les acteurs économiques et associatifs, les universités doivent participer ensemble désormais.”

 

Il en irait de fixer de telles ambitions pour refonder la vieille europe un tantinet enkylosée dans ses années, mais pressée par le reste du monde à redevenir une âme commune partagée par ses communautés humaines qui ne cessent de la renouveler sur ses terres et dans sa propre histoire !

 

* Alain Lamassoure salua la qualité remarquable des conférences.

Pour son cas développa une lecture objective de l’état de l’Union qualifiée de Communauté Européenne, dans ses forces et ses faiblesses.

Ses rendez vous manqués comme celui des migrants laissés à l’initiative de chaque pays, sans une vision commune et future de leur accueil sur la terre de l’europe, le sens des valeurs chrétiennes qui habitent les 80 % des textes décisionnels votés par le Parlement, mais aussi le constat avéré que l’Europe doit se ressaisir à nouveau pour appréhender son histoire, l’enseigner et la connaître entre tous les pays, faire rêver et donner une âme à l’europe, un idéal et une force partagée qui subissent un déficit reconnaissable aujourd’hui…

 

(Prologue du livre – Vers 2050 )

“L’espace mondial est politiquement vide ou presque. Là est la difficulté : comment faire habiter cet espace-là, de plus en plus le nôtre, par le politique ?

Il y a un bien commun universel, qu’il s’agit désormais de définir et de servir …

Question immense, mais question majeure. N’y pas répondre c’est le malheur du monde” Michel Albert.

 

 

Fx Esponde

Pax Christi Bayonne