01/10/2015

Saint Wilfrid d’York




12 octobre

Saint Wilfrid d’York

(634 – 709)

 

 

“Je vous exhorte à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée,

en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité,

vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix.” (Ep 4, 1-3)

 

 

Wilfrid York

 

 

Archevêque d’York 

 

Depuis les invasions anglo-saxonnes, l’Eglise était divisée comme le pays. D’un côté les Bretons ou celtes de vieille chrétienté qui refusaient l’envahisseur romain. De l’autre les Angles et les Saxons. L’Eglise celte refusait l’archevêque anglais de Cantorbery et vivait pratiquement autonome. L’Eglise anglo-saxonne fondée par saint Augustin, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que ces chrétientés fusionnèrent au VIIème siècle et que l’unité religieuse fut rétablie dans le pays.

 

Un fait extraordinaire signale la naissance de saint Wilfrid en 634 en Angleterre ; la maison de ses parents semble enveloppée dans un incendie ; les voisins, effrayés, accourent pour éteindre le feu, mais ils s’aperçoivent avec admiration que le feu s’élance vers le ciel sans rien consumer. C’est ainsi que brûlera le flambeau du zèle de Wilfrid dans la sainte Église de Dieu.

 

Tout jeune encore, il résolut de se donner au Seigneur. Moine de Lindisfarn, le jeune garçon poursuivit ses études à Cantorbery. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Là, il se familiarisa avec la pratique de la liturgie et, en rentrant en Angleterre, il se fit l’apôtre de la liturgie romaine. Wilfrid fut un des premiers Anglo-Saxons qui eurent le bonheur de faire le voyage de Rome, alors si long et si pénible. Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d’imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple.

 

A Rome, son premier soin est de visiter les tombeaux vénérés et de prier, dans les sanctuaires les plus sacrés, pour la conversion entière de sa patrie. Après un séjour de quelques années dans les Gaules, Wilfrid rentre enfin dans sa patrie, où son dévouement aux usages de Rome lui attire des ennemis et des admirateurs. Il n’a que trente ans, quand le pieux roi Alfred lui fait accepter l’évêché d’York.

 

Sous sa houlette, l’Évangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux : les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales s’élèvent sur le sol anglo-saxon ; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d’admiration des populations à demi barbares, chez lesquelles l’on ne connaissait encore que les édifices de bois.

 

L’évêque civilisateur ne se bornait pas à l’organisation matérielle : il réformait les mœurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité. Un jour qu’il donnait la confirmation, une pauvre femme le supplia de ressusciter son enfant mort ; Wilfrid, ému de ses larmes, bénit l’enfant et lui rendit la vie.

 

Il fonda le monastère de Ripon en Angleterre. Il fit entrer au couvent la femme du roi Egfrid qui ne le lui pardonna pas et l’empêcha de rester dans son diocèse. Saint Wilfrid connut ainsi l’emprisonnement puis, par deux fois, l’exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l’Austrasie où il faillit devenir évêque de d’Argentoratum (Strasbourg).

 

Il put enfin retourner dans son pays et y passer à peu près tranquillement les quatre dernières années de sa vie. Il mourut à Oundle en 709, monastère qu’il avait fondé.

 

Le grand mérite de saint Wilfrid fut d’être véritablement œcuménique. Il fut le fidèle artisan de l’unification de l’Église en Angleterre. Grâce à la réconciliation des deux évêques, ces Églises vont fusionner et resteront unies jusqu’au schisme du roi Henri VIII.

 
Le nom de Wilfrid, auquel se relie celui d’Alfred, signifie selon l’étymologie germanique “volonté” et “paix”.

 

 

 

© Source : Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950