03/4/2017

SURPRENANTE ET TONIQUE SOCIETE CIVILE


Pendant que les candidats à la Présidence peaufinent leurs programmes et gèrent des (més)alliances, des citoyennes et des citoyens se retroussent depuis des années les manches pour donner des réponses concrètes aux grandes questions qui agitent nos sociétés. Inventifs et entrepreneurs, ils tournent le dos aux tergiversations politiques et aux lourdeurs administratives, résistent aux tentations consuméristes raccourcissent des circuits commerciaux, gèrent des déchets en visant un recyclage à 100/100, travaillent pour un accès de tous à une nourriture saine



Pendant que les candidats à la Présidence peaufinent leurs programmes et gèrent des (més)alliances, des citoyennes et des citoyens se retroussent depuis des années les manches pour donner des réponses concrètes aux grandes questions qui agitent nos sociétés. Inventifs et entrepreneurs, ils tournent le dos aux tergiversations politiques et aux lourdeurs administratives, résistent aux tentations consuméristes  raccourcissent des circuits commerciaux, gèrent des déchets en visant un recyclage à 100/100, travaillent pour un accès de tous à une nourriture saine …

 

 

Des reportages appréciés présentent leurs entreprises pétries d’imagination et de réalisme avec des résultats surprenants et encourageants. Mais il est aujourd’hui un domaine sur lequel la société civile porte attention avec une acuité stimulée par le contexte politique du moment, celui de la « solidarité ».  Questionnement inattendu de la part d’une société civile habituée à des chantiers le plus souvent  dédiés à la qualité de la vie. Mais adresse directe aux responsables politiques à cause de l’urgence du problème.

 

 

Ainsi, un « Appel des solidarités » vient-il d’être lancé à l’initiative de la Fondation Nicolas-Hulot et de quatre-vingts associations. Un ensemble ouvert, sans organisation commune mais dont les différents éléments mis bout à bout, comptent quand même 10 à 12 millions de personnes. Soit, dans les  faits, l’équivalent d’un premier parti en France ! Les signataires de l’Appel sont convaincus que la solidarité n’est pas une option marginale mais une condition de la paix sociale et de la paix tout court. Or à leur avis les discours officiels sur le sujet, trop souvent incantatoires, endorment dans les draps de l’indifférence et du repli sur soi plus qu’ils n’incitent à l’accueil et au partage. Pour être précis, 500 points d’application concrets, sont proposés par ces lanceurs d’alerte. Ils demandent aux candidats de choisir parmi ces suggestions, en insufflant dans leurs programmes un supplément d’âme, pour placer au centre de leurs priorités la lutte contre les inégalités. Les promoteurs de l’Appel envisagent par ailleurs de se réunir une fois l’an, avec un double objectif : tenir à jour l’état des lieux des inégalités dans notre pays et évaluer les résultats des politiques publiques décidées pour les combattre

 

 

L’opération se dresse donc à contre courant d’atermoiements des pouvoirs publics devant des maux qui gangrènent la société, se déchargeant sur des « humanitaire » du devoir de s’en occuper. Ces artisans de la solidarité fondent leur engagement sur des observations disparates mais convergentes au sujet du vivre ensemble fraternel censé qualifier notre République. En voici un échantillon : dans notre pays 21 milliardaires possèdent autant que les 40 % les plus pauvres, chacun de nous ingère près de 128 résidus chimiques en moyenne par jour, 3% des députés sont à l’origine employés ou ouvriers. Et en élargissant le regard au-delà de l’Hexagone  « Dans notre monde connecté, on ajoute de l’exclusion à l’exclusion et on produit de l’humiliation, qui explique les formes d’intégrisme et d’exaspération qui se développent. On ne peut plus s’accommoder, par exemple, que des centaines de milliers d’enfants meurent de maladies que l’on sait guérir, simplement parce qu’ils ne sont pas nés au bon endroit. Cette situation ne peut perdurer puisque nous avons ouvert en grand le livre du monde ».

 

 

L’initiative de Nicolas Hulot et de ceux qui le rejoignent prend au sérieux un humanisme gravé dans le marbre de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Droits à compléter aussitôt par des Devoirs corrélatifs, sous peine de cautionner de dangereux égoïsmes, individuels ou communautaires. Ainsi le devoir de solidarité, première expression de la valeur de Fraternité. Il demande aujourd’hui plus que jamais  à être respecté, par chacun et par tous, d’urgence !

 

 

Un geste symbolique est proposé à ceux qui décident de donner leur accord à « l’Appel des solidarités » : celui de lever l’index pour déclarer Je suis présent. Proclamation à faire suivre aussitôt d’un je me lance comme artisan de solidarité et par là de paix.

 

 

 

Père Michel Dagras