22/5/2018

CROIRE AU PRINTEMPS


La météo des informations annonce des temps de grisaille et promet des ciels d’orage. Le Président des USA lance des coups de pied dans la fourmilière des mécontentements. Il refuse de s’engager sur les chemins des luttes contre le réchauffement climatique. Il dénonce le pacte conclu à plusieurs avec l’Iran. Il installe l’ambassade de son pays à Jérusalem. La colère des Palestiniens les pousse encore et encore à manifester. L’armée israélienne réplique. A balles réelles. Des dizaines de morts et de blessés …



La météo des informations annonce des temps de grisaille et promet des ciels d’orage. Le Président des USA lance des coups de pied dans la fourmilière des mécontentements. Il refuse de s’engager sur les chemins des luttes contre le réchauffement climatique. Il dénonce le pacte conclu à plusieurs avec l’Iran. Il installe l’ambassade de son pays à Jérusalem. La colère des Palestiniens les pousse encore et encore à manifester. L’armée israélienne réplique. A balles réelles. Des dizaines de morts et de blessés …

 

Protestations scandalisées de nombreux pays contre la brutalité de frappes disproportionnées et meurtrières sur fond de déni récurrent de décisions de l’ONU. La Paix souffre misère ! Là et ailleurs, car guerres, persécutions et graves pénuries jettent sur les routes et les mers des vagues de migrants. Sale temps pour eux et pour ceux chez qui ils débarquent ! Ils suscitent appréhensions, peurs, perplexités à la mesure des problèmes humains et sociaux qu’ils soulèvent. Problèmes auxquels s’ajoutent ces jours-ci, dans un climat bien français de grogne chronique, les grèves de cheminots et les blocages d’Universités. Tableau bien sombre encore noirci par de dramatiques affaires de pédophilie dont les criminels directs et indirects comptent des hommes d’Église. Impression affligeante et humiliante qu’on n’en finira jamais de se battre contre les perversités, les magouilles, les oppressions et de voir en permanence des pots de terre se briser contre des pots de fer. Le déversoir aux eaux troubles de ces mauvaises nouvelles n’est pas prêt de se tarir, comme si depuis la nuit des temps des gènes portaient homo sapiens à la prédation et à la violence. Au point que croire en l’Homme serait à remettre sérieusement en cause. Sauf si des clartés ne venaient soutenir l’espérance envers et contre toutes ces forces maléfiques. Car les faits imposent de reconnaître la présence de courants et de semailles qui même contestés et maltraités luttent contre les malheurs du temps avec le souci de les atteindre jusque dans leurs causes. Les informations à leur sujet n’encombrent certes pas la Une des journaux. Elles signalent pourtant même discrètement, l‘existence de prises de position et d’actions déterminées au service de la vérité, de la justice et de la paix, jusque sur les lieux opposés à leur croissance de bons grains au milieu de l’ivraie.

 

Deux exemples :

Le Pape demande pardon (c’est une première historique!) pour n’avoir pas réagi comme il se devait aux actes de pédophilie qui ternissent l’image du clergé, des évêques chiliens et à travers eux de l’Église. Sa réaction intervient sur deux plans. Celui d’une vérité à reconnaître, à contre courant des services (?) qui l’ont tue, biaisée, flouée au point d’enfumer François de leurs fake news1 Il lui reste à faire le ménage quoiqu’il en coûte chez les fautifs. L’autre plan est celui d’un témoignage de profonde compassion pour les victimes avec la ferme volonté de réparer les désastres commis dans les esprits et dans les cœurs, même si cette volonté se heurte à de l’irréparable.

 

Les souffrances et les ressentiments de la Nakba commémorée ces jours-ci à Gaza, et les brutalités d’Israël craignant pour sa sécurité, donnent à penser que les projets et les espoirs de paix se trouvent de plus dans l’impasse, étranglés par le garrot d’insupportables violences. Pourtant même contraints au profil bas, en Israël et en Palestine, des mouvements persistent à crier « Ça suffit ! ». Ils agissent, résolus, plus comme braises sous la cendre que grandes flammes dans la nuit, pour que cesse un cauchemar qui dure et se durcit depuis 70 ans. Ainsi, et entre autres, « La Paix maintenant » créé en 1978 par 300 officiers de réserve de Tsahal et « Les femmes pour la paix »3 qui regroupe plus de 7000 femmes, israéliennes et palestiniennes.

 

Ces actions nous sollicitent. Comment ? En consentant ici et maintenant, jusque dans les relations humaines les plus communes, à ouvrir et à prendre avec courage des chemins de discernements de la vérité et de promotion de la non violence

 

 

Père Michel Dagras