19/10/2018

LES PRÊTRES, PARLONS-EN !


Face aux scandales qui ont éclaté dans l’Eglise, un peu partout dans le monde, le pape François a publié une lettre adressée à tous les fidèles pour les inviter à la vigilance. Des prêtres ont abusé de leur autorité morale pour contraindre des enfants, et des responsables, au mépris de toute considération pour les victimes, ont couvert ces actes pour étouffer le scandale et protéger l’institution. Le travail de vérité qui se fait jour est nécessaire et salutaire et le pape nous invite à en être acteurs !



Face aux scandales qui ont éclaté dans l’Eglise, un peu partout dans le monde, le pape François a publié une lettre adressée à tous les fidèles pour les inviter à la vigilance. Des prêtres ont abusé de leur autorité morale pour contraindre des enfants, et des responsables, au mépris de toute considération pour les victimes, ont couvert ces actes pour étouffer le scandale et protéger l’institution.

 

Le travail de vérité qui se fait jour est nécessaire et salutaire et le pape nous invite à en être acteurs !

 

Mais la faute de quelques-uns, qui sont et restent quelques-uns, rejaillit sur toute l’Eglise. Dans une famille lorsqu’un de ses membres commet une faute lourde, la honte tombe sur toute la famille. C’est ce que beaucoup d’entre nous vivent aujourd’hui dans les communautés chrétiennes.

 

C’est sans doute là que le message du pape François doit aussi nous interpeller. Ce message invite chacun de nous à être le « gardien de son frère ». Donc à être aussi « le gardien » de tous les prêtres, sur qui, face à l’opinion de « l’homme de la rue », pèse le soupçon. Et tous en souffrent !

 

Petite fille, ado, jeune-femme, mère, scoute, responsable auprès des jeunes en aumônerie, engagée dans l’Eglise, j’ai croisé tant et tant de prêtres ! Tant d’hommes généreux, accueillants qui ont donné leur vie pour être disciples de Jésus-Christ et l’ont donné sans compter. Ils ont toujours été des témoins fidèles de l’Evangile sans jamais « blesser un de ces petits »(Mt 18,5). Très récemment, un de ces prêtres, déjà âgé, en traversant un parc pose un regard de grand- père attendri sur des petits qui jouent, et presque gêné , se sent obligé de préciser: « Mais je ne suis pas pédophile …». Pour un autre, ce sera le malaise d’être accueilli dans une famille amie avec des enfants et pour beaucoup, tant et tant de propos malveillants entendus et de soupçons ressentis…

 

Seule la vérité nous rendra libre et sauvera la Paix.

 

La vérité qui nous fera toujours dénoncer le mal et la souffrance. Celle qui nous fera protéger les enfants des prédateurs mais aussi celle qui nous fera offrir à nos prêtres de pouvoir contempler un regard sans soupçon et nous permettra de leur dire notre confiance. Celle qui nous fera protéger toute innocence ; l’innocence des enfants mais aussi celle de ceux qui n’ont jamais commis le mal. La vérité qui nous donnera la liberté d’être témoins au risque d’être incompris. La paix est à ce prix.

 

 

Catherine Billet

Déléguée Générale

Pax Christi France